08/03/2009

930ème Jour au Paradis...

Dimanche… 

ras_le_blog

Ras-le-blog de triturer mes neurones quasi quinquagénaires afin d’extraire de mon cerveau la substantifique mœlle qui nourrit mes réflexions.

Ras-le-blog de cette perpétuelle angoisse de l’écran blanc devant lequel je m’assieds désormais comme un condamné forcé de pondre un article de taille raisonnable et de contenu intéressant.

Ras-le-blog de voir un travail de longue haleine étouffé par le silence d’un lectorat avide de lire et de sourire dans son petit coin sans aucune réaction d’enthousiasme ou de reproche.

Ras-le-blog de voir la Blogosphère historique se déliter et de voir les enthousiasmes s’éroder.  Il n’y a rien de plus triste et de plus lugubre qu’une belle maison abandonnée par ses hôtes. 

Ras-le-blog de constater que se brise la chaîne d’amitié qui reliait les blogueurs actifs.  De maigres commentaires saupoudrés de visites sporadiques et le constat amer que la qualité n’est plus source d’originalité.

Ras-le-blog de mes déconvenues webistiques à répétition : après avoir goûté au charme de la création de sites Internet et une première déception cruelle, je m’étais tourné vers les Blogs, porteurs d’un nouvel espoir de changement des habitudes et de l’arrivée d’une nouvelle race d’internautes.  Mais rien ne semble vraiment changer, sur la Toile.  Une mode chasse l’autre.

Ras-le-blog de ces voyeurs passifs qui passent, regardent la vitrine et ne rentrent pas dans la boutique pour en découvrir les trésors, amoureusement réunis par le propriétaire.  Je me sens comme un sculpteur qui crée l’œuvre de sa vie et dont personne ne veut.

Pour ces raisons, et beaucoup d’autres, je vais faire une pause.  Dont la longueur dépendra d’un éventuel retour du feu sacré, de l’enthousiasme ou tout simplement de la volonté de poursuivre.  Je serai également attentif aux commentaires qui me seront envoyés et qui seront peut-être autant d’aiguillons pour me pousser à prolonger l’aventure.  Je sais par expérience qu’il n’en sera rien et qu’à part quelques fidèles (merci d’exister, Anne, Mimi, Nautilus, Miss Mip, Nanny et tant d’autres que j’oublie ici ; merci de m’avoir soutenu si longtemps, Loo (toi aussi tu t’éloignes de la pression des Blogs)), le vide de mes écrits sera moins difficile à vivre que le silence de vos réactions.

Je rejoins mon Paradis tranquille en espérant vous retrouver.  On passe sa vie à dire adieu à ceux qui partent, jusqu'au jour où l'on dit adieu à ceux qui restent.  Espérons que cela ne sera qu’un au revoir.

A bientôt, les Mortels !

12:14 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags : ras-le-blog, marre, assez, lassitude, damabiah, pensees |  Facebook |

07/03/2009

929ème jour au Paradis...

Samedi… 

poesie_alimentaire

Pour une société omnivore qui mange et qui démange,
J’offre ici ma modeste poésie alimentaire.
Cela n’aidera pas les ventres creux à se taire,
Mais ils auront quand même eu le soutien d’un Ange.

Gourmets gourmands, ascètes végétariens ou boulimiques faméliques
Vous êtes tous des pique-assiettes, pour manger ou même vomir.
Vous avez tous une assiette à porter et un estomac à remplir.
Vous devez bien alimenter la rumba des sucs gastriques.

Faut-il suivre la mode et ressembler à ces people squelettiques ?
Quand votre gourmandise prend le pas sur la raison,
Vous devez peser le pour et le contre, le radis ou le jambon.
Regardez donc ces malheureuses anorexiques, c’est pathétique

Pourquoi ce phénomène touche-t-il surtout les femmes ?
Quand vos yeux disent oui et que votre bouche dit non,
Vous devez bien penser que bien manger, c’est tellement bon.
Les hommes taillent la bavette et la dégustent, sans aucun état d’âme.

Les humains sont faits de chair et de sang, pas de peau flasque et d’os saillants ;
Une femme sans rondeurs, c’est comme un pantalon sans poche,
On ne sait pas où mettre les mains…et en plus, c’est vraiment moche.
Mesdames, ces messieurs aiment beaucoup vos galbes apparents.

Que vous vous contentiez d’une collation sommaire ou d’un repas de noce,
Que vous soyez ogre carnivore, fondu de végétaux ou adepte de la frugalité,
Ne laissez pas la mode dicter votre conduite alimentaire et vous priver de liberté.
On n’a que le bien que l’on se donne car l’appétit est souvent féroce.

Frères et sœurs carnivores, herbivores, frugivores ou omnivores,
Laissez vos papilles s’humecter et vos narines s’imprégner de délicieux fumets.
Solides ou liquides ; gras ou maigres ; lourds ou légers, les aliments sont invités.
Ne restez pas sourds à leurs appels, manger est la règle d’or.

Ce qui fait le plus saliver, le plus énerver et qui fait ses choux gras,
De tout ce que je connaisse de vraiment alimentaire,
Et qui grossit les uns pour rendre les autres très maigres
C’est bien la pension, délicieuse pâture favorite de tous les avocats.

A bientôt, les Mortels !

12:56 Écrit par Damabiah dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poesie, alimentaire, aliments, damabiah, humour |  Facebook |

01/03/2009

923ème jour au Paradis...

Dimanche…  

j_aime-le_dictionnaire

De temps en temps, il est de bon ton de briser la monotonie d’articles traitant de l’actualité mortelle morose par des exercices de style dont j’ai le secret.  Je plonge alors dans les recoins secrets des dictionnaires les plus volumineux et les plus savants pour en tirer des mots alambiqués, à l’origine douteuse, au sens abscons et, force est de le dire, totalement inutiles.  Donc absolument indispensables pour briller en société et laisser pantoise une assistance qui n’en attendait pas tant.  De plus, obliger mes lecteurs à une recherche plus approfondie est une saine et intellectuelle occupation qui les change d’une lecture rapide et parfois transversale de mes travaux.  Si je me casse la tête pour être plus philosophe et plus exigeant que les autres, pourquoi ne feriez-vous pas à votre tour un petit effort d’exploration lexicale ?

Comme le locuste qui fait son baluchon avant de dévaster des contrées entières, je pars à l’aventure des mots : je n’attends aucuns lods, aucun laurier apologétique.  Je déteste les vils caudataires obséquieux, thuriféraires qui marchandent leurs louanges contre quelque avantage quelconque.  Je ne travaille que pour l’amour des mots, Céladon transi par une langue exigeante.   Je suis philologue in partibus, lexicologue attentif, observateur horrifié du matricide prémédité que les jeunes d’aujourd’hui commettent envers leur langue si maternelle.   Ces vils utilisateurs de verritions abjectes sont autant de sicaires modernes, sans foi ni loi.  Pauvre langue française : tu es en train de mourir par la faute de la fatigue des nouvelles générations à se compliquer le phrasé.

Et pourtant, la musique des mots est faite d’harmonies et de contrepoints, d’appogiatures, de bécarres et de monodies.  Qu’il est doux de battre la mesure des phonèmes, de goûter la polyphonie des mots en ‘–isme’, tels les archaïsmes, les néologismes, les anglicismes ou encore les latinismes.  Qu’elle soit riche ou pauvre, la jolie langue française se corrompt, elle dégènére, quoique certains linguistes distingués parlent de ramification, de développement ou d’évolution.  A mes yeux, ce ne sont que bourdalou ou buen-retiro.  Et quand ma dacryoline se sera tarie, que me restera-t-il ?  Car j’aime la fureur poétique, les dithyrambes et les emphases ; je vénère les crases musclées, les élisions subtiles, les apocopes brutales.  Mais laissons là mon amour de la langue : je laisse aux jocrisses et aux cagnards le soin de l’enterrer.

Quand le sénevé me monte au nez, je le récupère pour une bonne rémoulade.  Rien ne doit se perdre.  Je ne vais tout de même pas me causer une épiplocèle alors que je suis déjà mort.  Ce serait un comble !  Je voudrai tant que mon préciput ne soit pas un prélegs et que tout le monde puisse bénéficier de mon expérience mortelle de l’usage des Belles-lettres.  Je voudrai que mes efforts pour conserver la pureté du beau langage étincellent comme un brassin de chrysolithes, de corindons, de marcassites et de sardoines ; je voudrai que mon travail soit considéré non comme un labeur inutile, comme un simple exercice de style ou comme une occupation gratuite et dénuée de fondement.  Cela m’éviterait cette contraction brûlante et parfois violente à l’épigastre, à chaque fois que j’observe vainement des commentaires qui ne viendront jamais.  

A bientôt, les Mortels !

28/02/2009

922ème jour au Paradis...

Samedi… 

raisons_de_la_colere

Qui n'a jamais vu rouge et piqué une grosse colère ? Pour des petites choses futiles ou de grandes causes ?  Dans leur infinie complexité, les hommes ont parfois besoin de s'énerver pour montrer leur mécontentement.  Ou pour s’imposer.  Vous comprendrez alors que le Paradis apparaisse comme des vacances éternelles aux yeux des Anges que nous sommes.  Petit tour d’horizon de ce sentiment qui sent bon la chaleur, sensation entre charbons ardents et volcans en éruption.

Si la colère nous rend aveugle et fou, car avec elle, la raison s’envole, à qui la faute ?  Certes, il y a parmi les humains des taureaux hargneux qui prennent facilement la mouche et qui s’emballent au quart de tour mais dans beaucoup de cas, la colère est le fruit d’une maladresse, d’une indélicatesse ou d’une bassesse de l’entourage du colérique.  Les philosophes ont souvent décrié ce sentiment, en le ravalant au rang de péché capital nuisible.  Pourtant, la colère, cela fait vivre.  Quand il n’y a plus de colère, il n’y a plus rien.  Même le plus paisible des hommes peut en être la victime, ne sont-ils pas mortels, après tout ?  Mais prenez garde à la colère d’un homme patient : elle atteindra des sommets insoupçonnés.

La colère est comme l'alcool : à petites doses et de temps en temps, cela peut rendre service et ce n’est pas trop nocif pour la santé.  Une bonne colère vaut mieux qu'une bonne douche. La douche fatigue, la colère apaise... Et ne vous faites pas d’illusions, Ephémères : tout homme lancera ou subira les foudres de l’emportement : il maquillera sa colère par milles artifices, tout simplement.  Car qu’est d’autre une Unité Carbone en colère qu’un homme qui n'a pas su dire non et éprouve, en plus, le remords de ne pas l'avoir fait ?  Aristote avait cent fois raison quand il affirmait que la colère est nécessaire ; on ne triomphe de rien sans elle, si elle ne remplit l'âme, si elle n'échauffe le coeur ; elle doit donc nous servir, non comme chef, mais comme soldat.

Si cela s’épuise vite, une colère de mère et que les larmes en diminuent l’intensité, les Mortels regardent avec reproche celui qui monte sur ses grands chevaux et qui laisse plutôt parler ses émotions extrêmes que ses paroles les plus raisonnables.  Bien que l’emportement contrôlé est souvent salutaire, agir dans la colère, c’est s’embarquer dans la tempête.  Tu auras toujours l’avantage sur la colère quand tu tairas.  Bouddha, ce vieux pote formulait cet état de fureur  en précisant que rester en colère, c'est comme saisir un charbon ardent avec l'intention de le jeter sur quelqu'un ; c'est vous qui vous brûlez.

Quand vous êtes en colère, comptez jusqu'à quatre. Quand vous êtes très en colère, jurez.  Pas trop fort, pour ne pas mettre en colère vos voisins !  La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance.  Un châtiment carrément divin qui s’abattrait sur cette bonne vieille Terre.  Déjà, de mon vivant, quand on me contrariait, on attirait mon attention et non ma colère.  Tout est question de dosage, de sagesse, de contrôle de soi car les effets de la colère sont toujours plus graves que les causes.  Carlo Goldoni disait joliment que quand une femme est en colère, quatre petits baisers suffisent pour la consoler.  Si cela pouvait être aussi simple !... 

A bientôt, les Mortels !

22/02/2009

916ème jour au Paradis...

Dimanche…  

nanotechnologie

A force d’envelopper du regard l’Univers tout entier, de sonder l’humanité mortelle à l’échelle céleste, bien à l’abri de mon nuage angélique, j’en viens parfois à oublier que ma vision n’est pas que macroscopique.  L’infiniment petit existe aussi et il mérite également toute mon attention.  Ce qui est petit est important, même s’il sait se faire discret ou invisible.  Mais dans cette époque de hautes technologies, les découvertes de l’infiniment petit me sidèrent, me passionnent et m’interpellent.

Ainsi en va-t-il des nanotechnologies, terme scientifique un rien barbare pour décrire des petites machines de la taille d’une cellule humaine, capables de pallier aux carences anatomiques mortelles.  Car fondamentalement, qu’est d’autre le corps humain qu’une machine ?  Certes, la plus perfectionnée mais aussi la plus fragile qui soit.  Et que fait-on quand une machine tombe en panne ou qu’une de ses pièces rouille, se brise ou devient obsolète ?  On la répare et on remplace les éléments déficients.  Et pour seconder les ateliers humains de réparation biologique (autrement dit, les hôpitaux), les scientifiques mortels ont créé la technologie des nanosondes, des nanotubes ou, dans le domaine industriel, des nanomatériaux.  La révolution des nanosciences est en marche et rien ne semble devoir la freiner.

Plongez au cœur du cerveau humain et imaginez de minuscules neurotransmetteurs mécaniques capables de remplacer des neurones affectés, défaillants ou détruits et dites adieu aux maladies d’Alzheimer ou de Parkinson.  Voyagez au sein du corps humain et songez à de nanoscopiques cellules usinées, programmées en redoutables tueuses de germes, de bacilles, de microbes ou de virus et dites adieu aux cancers, au Sida et à bien d’autres maladies infectieuses ou dégénératives.  Science-fiction ?  Pas du tout : la nanobiologie et la nanomédecine sont des réalités tangibles et d’une pratique quasi courante, tandis que l’électronique utilise intensivement les nanotechnologies pour créer des puces de plus en plus petites et pouvant contenir de plus en plus de quantité de stockage d’informations.

Les enjeux et les risques induits par l’incorporation de produits nanotechnologiques (en particulier avec les nanoparticules) nourrissent un vif débat.  Certes, les plus classiques et les plus timorés des Unités Carbones auront une réaction épidermique à l’idée de loger de minuscules machines dans leur corps mais si elles peuvent réparer les dégâts dus au temps qui passe, où est le mal ?   Nous n’en sommes pas encore à imaginer des nanosondes capables de se reproduire et de cannibaliser un corps où elles se seraient introduites par la force ou la ruse !  Mais soyons réalistes : c’est à ce même genre de résistance que furent confrontés en leur temps, entre autres, la Théorie de l’Evolution des Espèces de Darwin, l’héliocentrisme de Galilée ou le chocolat blanc de Nestlé.  Laissons du temps au temps et qu’est-ce qu’une nanoseconde, à l’échelle planétaire ? 

Les nanotechnologies, c’est la puissance de l’infiniment petit au service de l’infiniment grand.  C’est un espoir fou qu’il faut raisonnablement modérer, malgré le vaste champ d’applications qui s’ouvre à la Science.  Et comme toute invention nouvelle, il lui faut des garde-fous, une éthique et une législation adaptée.  Et ces petites machines pourront alors continuer à faire des miracles.

21/02/2009

915ème jour au Paradis...

Samedi… 

blog_a_part

La lassitude est une réalité, même au Paradis !  Dame !  Quand vous savez que vous allez vivre éternellement avec une paire d’ailes dans le dos et avec une auréole se gondolant au sommet de votre crâne, non seulement vous apprenez à relativiser le sens du ridicule mais vous êtes envahi également d’un abattement bien compréhensible.  Ma lassitude angélique, quoique très terre à terre, touche à mon loisir préféré, la mise à jour et la haute tenue de mon Blog Céleste.  Mais reprenons depuis le début.

Au commencement était le Blog, ancêtre des sites modernes de socialisation, un journal intime virtuel d’une population d’Internautes en quête de reconnaissance, un scrap-book informatique d’une génération d’adorateurs et d’adoratrices de la ‘tof’ toute puissante et du choc des images.  Le Blog s’était autoproclamé phénomène de société, le Blog s’était érigé en tant que revendication des Mortels à exister dans une autre dimension que celle de leur existence banale.  En quelques années, le Blog était devenu omnipotent et tout-puissant.  Cette suffisance devrait bien lui jouer des tours un jour ou l’autre et lui faire comprendre que l’on ne dure qu’un moment dans le cœur des Hommes.

Tout le monde voulait son Blog, tout le monde avait son Blog.  Du plus basique au plus sophistiqué, du plus creux au plus riche, le Blog revêtait mille et uns atours.  Photographique, littéraire, poétique, ludique, sentimental, politique ou polémique, son contenu changeait, au gré des gens et des tendances.  Avec une nouvelle syntaxe à la clé : on parlait désormais de Blogueurs dans la Blogosphère, avides de flux RSS.  Les commentaires, dans une langue parfois héritée du langage SMS remplaçait les antiques Livres d’Or.  Le Blog était dans l’actualité, le Blog faisait l’actualité.  Une consécration à laquelle il ne s’attendait pas.  

Les Blogueurs avaient l’enthousiasme des bâtisseurs de cathédrale, ils avaient cette foi qui déplace les montagnes, ils possédaient enfin une plate-forme qui leur permettait de sortir de l’anonymat.  Ils construisaient leur Blog avec ardeur et passion : les plus jeunes étalant leurs états d’âme et leur plus jolies photos ; les adultes exposant pêle-mêle leurs œuvres artistiques, leurs animaux de compagnie favoris, leurs voyages.  Immense marché où chacun pouvait trouver ce qui l’intéressait.  Mais le temps vient toujours à bout des engouements les plus profonds, des fougues les plus violentes.  Le soufflé ne serait-il pas retombé ?

Car la lassitude gagne souvent.  Tous ces moments de recherches fébriles pour insuffler vie à un Blog empiètent sur le temps consacré à la vie quotidienne.  La maladie, les aléas et les tracas ordinaires, la mort parfois, érodent et fatiguent.  Le Blog devient superfétatoire, le Blog devient boulet.  Tous les humains vont le diront : il y a une autre vie que celle des Blogs.  Elle capte toute l’attention, elle fédère toutes les énergies et elle représente l’existence-même des Vivants.  Des Blogs ralentissent leur parution, certains dépérissent, d’autres s’arrêtent puis disparaissent.  Quand la fatigue et la lassitude s’installent, le Blogueur moyen cesse le combat.  Le jeu en vaut-il la chandelle, quand vous écrivez sans aucun retour de l’impact de votre travail ?  Je me pose de plus en plus la question, ces temps-ci…

A bientôt, les Mortels !

13:08 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : blogosphere, bloggueurs, blogs, damabiah, pensees |  Facebook |

15/02/2009

909ème jour au Paradis...

Dimanche…

quartiers_de_grande_misere

Certains Anges, plus attentifs que d’autres, m’ont fait récemment remarquer que mes articles étaient souvent bien noirs et dépeignaient une réalité humaine bien sombre.  Je n’y puis rien : l’Humanité se présente ainsi à mes yeux de spectateur candide et impitoyable.  La Bonté, la Générosité et la Compréhension sont les filles naturelles de la Misère, de la Pauvreté et de l’Indifférence. 

Cruauté immonde : la pauvreté, on s'en remet. La misère, c'est cette chose atroce, qui coupe les jambes et la tête. La misère, elle, est tragique.  Dans les sociétés mortelles modernes, aucune ville, de moyenne ou de grande envergure, qui n’ait pas ses quartiers de grande misère, où la pauvreté le dispute au sordide.  A croire que les cités développent un circuit de misérabilisme et de paupérisme pour mieux démontrer leur importance stratégique.  Il faut avoir ses pauvres pour montrer sa richesse.  Et de grands coups de balai pour les chasser aux moments opportuns.  Et pourtant, ce sont des êtres humains comme les autres, à la différence près que la vie ne leur a pas fait de cadeaux.  Ou alors qu’elle leur a laissé l’emballage pour distribuer ailleurs le contenu.  Difficile, dans ses conditions, de supporter sa condition d’Etre Humain.  Voltaire avait coutume de dire qu’il ne dépend pas de nous de ne pas être pauvres, mais il dépend toujours de nous de faire respecter notre pauvreté.

Les vices sont cachés par la richesse et les qualités par la pauvreté.  La misère n’a pas de frontières, elle est internationale.  Sur la terre, l'immense majorité des hommes vit dans la misère physique ; le reste vit trop souvent dans la misère spirituelle.  Quel est donc le pire des cas de figure, dans ces conditions ?  Pauvre, on te méprise ; riche, on te méprise.  Mais le mépris du riche est jalousie, alors que le mépris du pauvre est gêne, honte et embarras.  La pauvreté paraît bizarre aux riches. Ils ont du mal à comprendre pourquoi ceux qui ont faim ne sonnent pas pour qu'on leur serve le déjeuner.   Et la richesse paraît bizarre aux pauvres.  Ils ont du mal à comprendre pourquoi ceux qui ont tout peuvent gaspiller autant et penser à remplir le ventre de leurs animaux de compagnie plutôt que celui de leurs propres congénères.

L’argent n’a pas d’odeur mais la pauvreté en a une : il y a une espèce de honte à être heureux face à certaines misères.  Mortels, vous voulez secourir les misérables alors que vous devriez supprimer la misère.  Un emplâtre sur une jambe de bois ne permettra jamais à un cul-de-jatte de guérir.  Les Unités Carbones sont pauvres de leurs miséreux et la situation économique qu’elles connaissent maintenant n’est pas faite pour arranger les choses.  Et les élans espacés de générosité prodigués par les nantis ont parfois un effet pervers : il y a fort à craindre que la charité est le moyen d'entretenir la pauvreté, de la fomenter, de la pérenniser.  Victor Hugo a dit un jour qu’on a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée et bien-pensante du peuple.

Si la misère a cela de bon qu’elle supprime la crainte des voleurs, il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie et les bons sentiments, il faut l’action.  Les hommes sont comme les lions, comme toutes les bêtes, comme tous les êtres vivants. La faim les rend féroces. Et qu'est-ce que la pauvreté, sinon une faim généralisée ?  C’est curieux comme l’argent aide à supporter la pauvreté !  Alors chassez la misère avant qu’elle ne chasse vos dernières illusions.

A bientôt, les Mortels !

10:05 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : misere, pauvres, damabiah, pauvrete, pensees |  Facebook |

14/02/2009

908ème jour au Paradis...

Samedi… 

cupide_cupidon

Cupidon a les boules.  A force de décocher des flèches d’amour dans tous les sens, il devait bien s’attendre un jour ou l’autre à en recevoir une dans le dos.  Et tout cela par la faute d’une concurrence déloyale venue des Mortels eux-mêmes !  Surfant sur la vague des célibattants, des divorcés et des séparés en tout genre, des sociétés plus ou moins escrocs dans l’âme, trustent un juteux marché, à coup de speed dating, de sites de rencontres, de clubs et autres petites annonces matrimoniales internationales.  Mais Cupidon serait-il tout-à-fait innocent, dans l’émergence de ce lucratif commerce ?

L'amour est clair comme le jour, l'amour est simple comme le bonjour, l'amour est nu comme la main.  Son ambassadeur est-il aussi net et aussi droit sous son auréole ?  Pourquoi décocher autant de flèches qui se perdent dans le néant, qui se trompent de cibles ou ne servent à rien ?  Cupidon devrait se poser des questions, être plus attentif et plus scrupuleux.  Trop aimer quelqu'un empêche d'aimer avec désintéressement. Aimer quelque chose empêche d'aimer toutes choses. Aimer rétrécit le coeur.  L’amour est une grande bataille ; alors, quand un petit bonhomme ailé veut donner un coup de pouce au Destin, le coup de foudre ainsi engendré peut consumer les êtres.  Et parfois les réduire en cendres.  Alors, Cupidon, laisse ton carquois à la maison et laisse faire la nature.

On ne peut pas dire pourquoi. La raison de l'amour, c'est l'amour. La raison de l'amour, c'est qu'on aime.  Dans la vie on n'a qu'un seul grand amour et tous ceux qui précèdent sont des amours de rodage et tous ceux qui suivent sont des amours de rattrapage.  Et ceux qui ont la malchance de rater l’Amour, ceux que Cupidon ignore de ses flèches, se voient offrir (ou plutôt acheter) la chance (mais en est-ce une ?) de connaître peut-être ce délicieux tourment universel.  L’amour tarifié n’est pas nécessairement le fait de professionnelles péripatéticiennes, solides arpenteuses de trottoir.  Des petits malins profitent de la détresse sentimentale de beaucoup de mortels pour s’en mettre plein les poches.  Ils vous proposent des épouses exotiques, des rencontres galantes, des soirées entre célibataires, à des prix exorbitants et où l’amour n’est pas nécessairement au rendez-vous. 

Ah, la Saint-Valentin !  Une histoire d’amour et de haine : demandez à certains ennemis d’Al Capone ce qu’ils en pensent, eux qui ont été envoyés ad patres ce jour-là ! Et depuis quelques temps, les gros sous viennent mettre leur grain de sel : le cœur a des raisons que la publicité et le marketing ignorent.  C’est à croire qu’une Fête des Amoureux réussie ne pourra pas l’être sans parfum, bijou, fleurs, restaurant, voyage ou autres preuves d’amour facturées au prix fort.  L'amour, c'est l'absolu, c'est l'infini ; la vie, c'est le relatif et le limité. De là tous les secrets et profonds déchirements de l'homme quand l'amour s'introduit dans la vie. Elle n'est pas assez grande pour le contenir.   Alors, le rabaisser à un autre événement commercial de plus dans l’année, c’est nier le sentiment, oblitérer sa valeur universelle.

Etre aimé, c'est se consumer dans la flamme. Aimer, c'est luire d'une lumière inépuisable. Etre aimé, c'est passer ; aimer c'est durer.  Si l’Homme est prêt à se brûler les ailes, au feu de l’Amour, pourquoi pas Cupidon ?  J’aime particulièrement cette citation qui affirme que quand je n'aime plus, j'ai autant envie de ne plus être aimé que j'en ai d'être aimé quand j'aime.

A bientôt, les Mortels !

09/02/2009

903ème jour au Paradis...

Lundi...

In memoriam...

tristesse

Il y a des jours où je n'aime pas être un Ange et vivre au Paradis car je suis condamné à y croiser un jour ou l'autre des amis.  Comme mon copain Gilbert, amoureux fou des canaris Norwich et leur drôle de coiffure à la 'Beatles'.  Il a quitté le mondes des Ephémères il y a quelques jours et ce blogueur-né laissera un grand vide. 

Toujours un commentaire gentil, toujours un vote désintéressé, toujours des propos pertinents.  Ami Gilbert, tu vas manquer aux tiens et à la communauté des Blogueurs mais je te promets de te préparer le nuage le plus douillet.  Avec quelques canaris en prime.

Amis Mortels, venez voir l'oeuvre d'une vie consacrée à ses amis ailés ici, chez Norwich. Désormais, Gilbert va voler parmi les Anges...Cela devait sûrement être un de ses rêves !

A bientôt, les Mortels !

 

08/02/2009

902ème jour au Paradis...

Dimanche… 

paradis_du_non_sens

Faut-il que la mort soit un long fleuve tranquille sur lequel la barque de l’Eternité glisse imperturbablement ?  L’Au-Delà de pourrait-il pas connaître des épisodes tumultueux, aventureux et imprévus pour pimenter la fadeur de savoir que demain sera pareil à aujourd’hui, qui ne diffère pas beaucoup d’hier ?  Les Anges doivent-ils toujours tenir un discours pondéré, académique, dépourvu d’originalité et d’idées farfelues ?  Nous sommes quelques-uns à vouloir ruer doucement dans les brancards, à vouloir secouer la monotonie paradisiaque et à vouloir jongler avec un phrasé classique.  Quand la langue s’entrechoque avec les idées, cela peut donner des résultats étonnants…et détonants.

Au royaume des sourds, les aveugles sont muets et c’est infernal de songer à un Paradis où les auréoles divines se croisent sans s’entrecroiser.  Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que de prendre son auréole pour un frisbee.  Loin de jouer les terroristes syntaxiques, les révolutionnaires lexicaux ou les Talibans grammaticaux, notre groupe recherche un sens au non-sens, une inutile utilité à s’amuser à triturer une langue qui ne vous a rien fait.  Imperturbables face aux garants d’un verbe conjugué et d’une structure impeccable du discours, j’oublie tout, donc je suis.

Les absents ont toujours tort de revenir.  Et comme le dit si bien Alphonse Allais, le chef de file de notre mouvement : ‘Le comble de l'économie, c’est de coucher sur la paille qu'on voit dans l'œil de son voisin et se chauffer avec la poutre qu'on a dans le sien’.  Nous gardons toujours un œil ouvert pour rester à l’écoute des perles qui se disent ou s’écrivent à gauche, à droite, devant ou derrière car nous sommes des gastronomes du bon mot : ventre affamé n’a point d’oreilles mais il a un sacré nez !  Désolés, mais nous ne pourrons jamais nous empêcher de nous amuser avec la langue : comme le dit le dicton populaire, chassez le naturiste, il revient au bungalow.

Si charité bien ordonnée commence par soi-même, continue avec soi-même et se termine avec soi-même, bien mal acquis profite bien à quelqu’un, non ?  Nous ne cherchons ni la reconnaissance, ni la polémique : pour vivre heureux, vivons couchés mais nous sommes les enfants de ce grand philosophe qui disait : ‘connais-toi toi-même mais pas trop’.  L’horreur est humaine, nous en sommes conscients ; le mensonge adoucit les mœurs, nous le tenons pour acquis mais si l'herbe est plus verte dans le jardin de ton voisin, laisse-le s'emmerder à la tondre. 

Au commencement était le Verbe : c’était déjà mal parti car la Bible ne fait pas le moine !  L’Homme descend du songe.  Enfin, plutôt du mensonge : on nous prend pour des pommes pour nous faire croire qu’une femme soit née de la côte d’un homme.  Quelle femme apprécierait sereinement de provenir d’une côte de porc ?  Mais les humains ont trouvé la parade à leurs malheurs : ils se font plaisir.  Ainsi, l’invention du bain qui prouve bien que tout corps plongé dans un liquide éprouve une grande satisfaction.  Soyez prudentes, Unités Carbones : ne faites pas à autrui ce que vous pouvez faire le jour-même.

Rien ne sert de mourir, il faut mourir à point.  Mais dans notre paradis, plus on est de fous, plus il y a de riz.

A bientôt, les Mortels !

13:32 Écrit par Damabiah dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jokes, sens, non-sens, humour, damabiah |  Facebook |

07/02/2009

901ème jour au Paradis...

Samedi…

balade_philosophique

Le Paradis s’intellectualise, le Paradis se cérébralise, le Paradis se mentalise.  Une Eternité, c’est long.  Surtout quand les journées ont toutes la même longueur, la même lumière et la même texture.  Alors, les assemblées se multiplient, les conférences se diversifient et les débats s’enrichissent.  Entre deux maîtres en Philosophie, le commun des Bienheureux échange sereinement points de vue, apories et antilogies.  Ici, la discussion n’est pas dans la rue mais dans les nuages.

Les uns déploreront le modernisme édénique, d’autres le salueront comme une avancée essentielle dans le devenir angélique.  Le fait est que ce qu'il y a de triste avec les moyens de communication de masse, c'est qu'ils ne nous laissent plus le temps de communiquer avec nous-mêmes.  En tant qu’Anges de bonne compagnie, nous essayons de faire fi de ces différences qui font la diversité du genre humain et je sais que mes droits s'arrêtent là où commencent ceux des autres mais est-ce ma faute si les droits des autres commencent si loin ?  Nous combattons toute forme d’ostracisme, qu’il soit physique ou intellectuel : le racisme est une chose que je ne peux pas comprendre ! Je trouve monstrueux de considérer qu'il y a des êtres qui sont inférieurs, simplement parce qu'ils ne sont pas comme nous. Ils ont déjà ce handicap !

Les Anges observent les Mortels se déchirer avec passion : la haine n’est pas un plat qui se mange froid, malheureusement et nous notons une disparité géographique criante entre les peuples : le corps aussi a sa géographie. S'il est certain que c'est le Nord qui commande, le Sud aussi existe ! S'il n'y avait pas ce que les filles ont au Sud du nombril, par où elle naîtrait, l'humanité ?  Les plus sages d’entre nous émettent l’opinion que si ceux qui ne possèdent rien avaient un peu du peu que beaucoup possèdent... Et si ceux qui sont beaucoup et qui possèdent peu avaient un peu du beaucoup que possèdent un petit nombre, il y aurait moins de difficultés.  C’est aussi cela, la Philosophie : compliquer les choses pour les rendre plus évidentes.

La vie est vécue de différentes façons, sur Terre : pourquoi faut-il que la vie tienne pour les uns dans une simple photo d'identité, et qu’elle soit pour les autres une superproduction en 70 mm, cinémascope et Dolby Digital ?  Et si nous parlions de la philosophie du travail ?  Travailler pour gagner sa vie, O.K. Mais pourquoi faut-il que cette vie qu'on gagne, il faille la gaspiller à travailler pour gagner sa vie ?  Autant de préoccupations qui nous occupent une fois décédés car nous n’avons pas le temps de nous pencher sur ces question, de notre vivant !  Dans la vie, tout est question de proportions. Si l'on était des fourmis, le caniveau nous semblerait l'embouchure de l'Amazone.

Les Unités Carbones devraient savoir quand le Gouvernement a plafonné les prix des denrées de première nécessité, il a mis le bon sens à combien ?  Cynisme et hypocrisie sont des philosophies primaires et destructrices mais combien il est difficile de faire subtilement de l’esprit.  L'esprit... à quel âge commence-t-il à avoir besoin de maquillage ?  Finalement, même mes faiblesses sont plus fortes que moi.  Mais j’ai pris de bonnes résolutions : j'ai décidé d'affronter la réalité, alors dès qu'elle se présente bien, prévenez-moi.

A bientôt, les Mortels !

01/02/2009

895ème jour au Paradis...

Dimanche…

chomage_flottant

Trouver un thème pour un article céleste est quelque fois chose aisée quand on se penche sur le sort des Mortels.  Perclus de vices et de tares, traînant derrière eux une existence de vicissitudes, ils ont tant à raconter !  Etranges créatures qui ont inventé le travail, la finance et la société de consommation pour mieux s’en exclure en imaginant le chômage.  Véritable mal du siècle, le chômage est de plus en plus présent dans leur quotidien. Les mois se suivent et le chômage augmente. Qu'en pensent les Anges ?

Autrefois, le chômage était appelé oisiveté, car le travail rémunéré n’avait pas force de loi.  Les Humains pouvaient vivre d’amour et d’eau fraiche sans être exclus pour autant de la société de leurs semblables.  Il en va tout autrement dans les sociétés modernes, dans ces villes de grandes solitudes et dans ces campagnes dépeuplées où il en va de l’oisiveté comme de la rouille : elle use tout autant que le travail. Et elle ne rapporte que des problèmes.  Le chômage est comme une marée noire qui recouvre les plages de sable blond que l’on foule avec délice.  Fléau indigne, fils naturel de la mécanisation et du lucre, il répand son lot de malheurs et de malheureux partout où il passe. 

Le travail, c’est la vie.  Sans lui, il n’y a que doutes, peur et insécurité.  Et pour chasser les problèmes, des bureaucrates ont pensé trouver une parade à la paupérisation des sans-emploi en inventant l’assurance-chômage, pour être sûr de ne pas retrouver de boulot !  Car, comme le faisait doctement remarquer Raymond Barre : ‘la meilleure façon de lutter contre le chômage, c’est de travailler’.  Véridique !  Et quand je pense qu’il y a des Unités Carbones pour demander la réduction du temps de travail alors que c’est déjà fait pour les chômeurs…Mais, a contrario, des chômeurs de longue durée, ceux qui portent allégrement dix, quinze voire vingt ans de chômage, rêvent de réclamer une retraite-chômage !  Où va le monde ?

Paradoxalement, la fermeture d’une entreprise ne fait pas que des malheureux.  Si être licencié et tomber dans le chômage, c'est un drame pour ceux à qui cela arrive et à leurs familles, c’est une opportunité pour certains patrons qui partent avec ce que l’on nomme pudiquement un ‘parachute doré’.  Et autre paradoxe des sociétés occidentales mortelles : on demande au travailleur d’être performant tout en le faisant vivre dans la crainte de perdre son emploi.  Comment, dans ces conditions, être capable d'assumer la responsabilité de sa tâche ? Les salariés sont les êtres les plus vulnérables du monde capitaliste : ce sont des chômeurs en puissance plutôt que des travailleurs en devenir.

Un philosophe perse affirmait que pour atteindre la sérénité il ne faut craindre ni le chômage, ni la pauvreté, ni la mort...Plus facile à dire qu’à faire, quand votre quotidien dépend de votre capacité à générer de l’argent frais.  Les 10% de riches Mortels de la planète Terre vivent sur le compte du labeur des 90% de travailleurs actifs !  Mais je dois reconnaître que plus que la faim, la soif, le chômage, la souffrance d'amour, le désespoir de la défaite, le pire de tout, c'est de sentir que personne, mais absolument personne en ce monde, ne s'intéresse à nous.

A bientôt, les Mortels !

13:07 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chomeur, travail, crise, damabiah, chomage, pensees |  Facebook |

31/01/2009

894ème jour au Paradis...

Samedi…

accident

La mort n'est plus comprise comme la conclusion logique de toute vie, mais comme un accident de parcours. Et comme pour tout accident, il vaut mieux cacher son existence aux survivants.  Mais la vie aussi est un accident.  Mortel.  Soigneusement dissimulé car quel être humain pourrait supporter sans broncher d’exister temporairement pour disparaître définitivement ?  Les accidents de la vie, matériels et immatériels, physiques et psychologiques, majeurs et bénins sont le piment de l’existence des Unités Carbones.  Existence bien terne et monotone sinon.

Quand les Mortels songent à la vie qu’ils mènent, au monde qui les entoure, à la fin qui les attend, ils n’y croient pas.  Nul doute : l'erreur est la règle : la vérité est l'accident de l'erreur.  Mais les Humains continuent à avancer, ils n’ont pas le choix : pour vivre, marche !  Et supporte les écueils qui se dresseront devant toi.  Il arrive quelquefois des accidents dans la vie d'où il faut être un peu fou pour s’en tirer sans dommages.  L’Homme doit difficilement admettre son état d’organisme périssable, quand il voit que les machines de la nature ont un nombre d'organes véritablement infini, et sont si bien munies et à l'épreuve de tous les accidents qu'il n'est pas possible de les détruire.

Le nom du plus grand des inventeurs : accident.  La plus belle des histoires d’amour : accident.  Le mâle dans l’espèce humaine : accident.  La femelle aurait suffi.  Le nombre de mésaventures qui jalonnent une vie normale est proportionnel à l’envie de vivre.  C’est une alchimie complexe, tordue et symptomatique où, pour prolonger l’une, il faut augmenter l’autre.  Que d’événements sont des vicissitudes obligatoires !  Ainsi, tous les mariages sont des accidents dangereux mais on en réchappe.  Certes, il peut y avoir des accidents dans le couple, mais ce n'est pas parce qu'on crève un jour qu'il faut jeter la voiture.  Dans une relation durable, c'est l'amour qui est essentiel, le sexe n'est qu'un accident.  Les accidents, essayer de les éviter... c'est impossible. Ce qui est accidentel révèle l'homme.

S'il y a tant d'accidents sur les routes, c'est parce que nous avons des voitures de demain, conduites par des hommes d'aujourd'hui sur des routes d'hier.  Non, les accidents de la route ne sont pas dus à l'alcool, ils sont dus à la voiture. La preuve : mettez un alcoolo dans un fauteuil roulant, il ne tuera personne.  La qualité de la conduite par des individus responsables n'est jamais un accident ; c'est toujours le résultat d'un effort intelligent.  Et comme un homme averti en vaut deux, en cas d'accident, n'avertissez personne car ça doublerait le nombre de victimes.

Les méchantes langues diront que de même que le chômage a un seul avantage : les accidents du travail y sont rares, penser est, pour un grand nombre de femmes, un accident heureux plutôt qu'un état permanent.  N’écoutez pas ces persifleurs car la personne humaine, si dépendante qu'elle soit des moindres accidents de la matière, existe de l'existence même de son âme, qui domine le temps et la mort. C'est l'esprit qui est la racine de la personnalité.

La vie, c'est comme le ski. Les accidents les plus graves ont souvent lieu à l'arrêt, quand l'attention se relâche.  Alors, amis mortels, restez attentifs : peut-être vivrez-vous plus vieux !

A bientôt, les Mortels !

25/01/2009

888ème jour au Paradis...

Dimanche…

mauvaise_foi

Le Paradis se veut le paradis de la vérité, de la sincérité et de l’objectivité.  Mais en observant mes congénères ailés et auréolés, je ne peux m’empêcher de penser que tous ces beaux et bons sentiments cachent en réalité une mauvaise foi générale car, de leur vivant, rares sont les Bienheureux à avoir adopté ce triptyque de merveilleuses qualités.  Le mortel courant oscille fréquemment entre inconscience, culot, tromperie éhontée et manipulation comportementale.

Les Français sont heureux : au fil du temps, leur mauvaise foi naturelle s’est transformée en un sentiment commun à tous, qu’ils ont élevé au rang de vertu gauloise : le chauvinisme.  Les Français vivent dans le plus beau pays du monde, ils aiment les plus belles femmes du monde, ils sont les meilleurs amants du monde (les Italiens ne faisant que de la figuration), ils ont la plus belle capitale du monde et ils n’ont pas de la nourriture mais de la gastronomie.  En toute mauvaise foi, héritée de leur ancêtre Clovis, ils brûlent ce qu’ils ont adoré et adorent ce qu’ils ont brûlé.  Demandez un peu à leurs sportifs nationaux ce qu’ils en pensent !  Et, suprême astuce, ils appellent "mauvaise foi" les convictions d'autrui qu'ils ne partagent pas.

Les Belges sont heureux : chez eux, la mauvaise foi n’existe pas.  Elle est noyée dans un flot de surréalisme et de compromis mais au fond, ils sont comme les Français…mais en mieux.  Les Belges sont prêts à partager la paternité du chocolat, des frites, des bières d’abbayes, des gaufres et de la Bande Dessinée avec d’autres nations, en parfait ex-æquo et harmonie mais rien ne pourra les dissuader d’estimer que ces produits ne sont pas des originaux s’ils sont fabriqués hors Belgique.  Leur mauvaise foi (il en reste des microparticules) n’est jamais parvenue à devenir chauvinisme parce que rares sont les occasions pour eux d’éprouver la fierté d’être Belges.  Et, victimes de l’ambition, de l’argent et de l’étroitesse des frontières, nombre de leurs citoyens les plus émérites, comme quantité de leurs trouvailles les plus remarquables ont émigré et émigrent encore vers des horizons à la mesure de leurs qualités. 

Les Américains sont heureux : ils savent que seuls ceux qui se démarquent de la foule sont dignes d’intérêt.  C’est pourquoi ils ont élu un Président Afro-Américain, qu’ils promènent en voiture blindée (l’’Obama-mobile’) et qu’ils critiquent déjà, quelques jours après son investiture.  Ils savent également que la mauvaise foi disparaît rapidement dès qu’on a l’avantage et qu’on prend le commandement.  Ils ont la meilleure armée, les meilleurs hamburgers, les plus grosses voitures, les meilleurs sportifs et la meilleure télévision du monde.  Voir un sergent US, avachi dans son fauteuil, dévorant son hamburger bien gras en regardant un match de football américain à la télé n’est pas à proprement parlé l’image que je me fais de l’Amérique triomphante !  Mais en toute bonne foi, ils vous diront que la mauvaise foi américaine n’est qu’une invention des journalistes pour jeter le discrédit sur une nation saine, propre, égalitaire et généreuse.

La mauvaise foi est l’âme de la discussion.  Chaque considérera que sa position est la seule valable et que les avis des autres sont nécessairement inacceptables.  Il faut dire que reconnaître ses torts, dévoiler ses faiblesses et faire son mea culpa n’ont jamais été des attitudes propres à l’espèce humaine.  En toute bonne foi…

A bientôt, les Mortels ! 

13:07 Écrit par Damabiah dans Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : damabiah, mauvaise foi, chauvinisme, humour |  Facebook |

24/01/2009

887ème jour au Paradis...

Samedi…

pensees_soucis

Le samedi, j’ai besoin de me lâcher un peu, d’oublier le Ciel et la Terre, de laisser tomber Anges et Démons, de ne pas regarder ostensiblement du côté des Mortels et de m’occuper de mon petit Moi égoïste.  Le samedi, j’ai envie de permettre à mon imagination littéraire de vagabonder en toute liberté et je souhaite inviter mon clavier à glisser sur l’aile de l’Improvisation.  J’ouvre alors mon carnet de notes où bafouillage, gribouillages et pattes de mouche se côtoient et mon Journal Personnel transforme aussitôt le grenier de mon cerveau et le débarras de mes pensées en un article cohérent qui exprime bien les réflexions d’un penseur solitaire.

Il y a des jours où nous aurions besoin quelqu’un nous remonte le moral avec ménagement  et c’est justement à ce moment précis qu’on nous remonte les bretelles sans ménagement.  Pourquoi tant de cruauté ?  Les gens passent la plus grande partie de leur temps à se demander pourquoi ils passent le reste de leur temps à s’engueuler ou à se faire engueuler.  Décidément, les Etres Humains sont des animaux bien compliqués : je suis abasourdi par le nombre de personnes qui veulent "connaître" l'univers alors qu'il est déjà suffisamment difficile de se repérer dans le quartier voisin de la ville où chacun habite.

La fuite des cerveaux est une triste réalité.  La preuve ?  Le mien se dégonfle régulièrement après cogitation intense quand il s’agit de trouver le sujet du jour à traiter.  Si l’oubli est la forme ultime d’intelligence, je comprends mieux pourquoi mon quotient intellectuel est si faible !  L'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible.  D’ailleurs, entre nous, mon cerveau est une bouilloire anatomique qui siffle dans les cas d’urgence.  C’est qu’il y a du monde là-dedans qui voudrait sortir mais quelque fois, il ressemble à une gare de banlieusards à l’heure de pointe.  La Nature, toujours taquine, a généreusement garni mon cerveau en dégarnissant mon crâne. Parce que question générosité, les dieux font des caprices : ils en font tout un fromage et ils nous servent leurs décisions sur un plateau. 

J’ai entendu dire que jamais je n’avais été aussi présent que depuis que je suis absent.  C’est tout de même bizarre, ce concert de louanges qui salue la mort d’un individu alors que les critiques pouvaient pleuvoir de son vivant.  Sans doute parce que les gens croient qu’il est encore présent quelque part, autour d’eux.  Les humains ne se connaissent pas.  Ils ne sont pas les seuls.  Les champignons ne connaissent de Paris que le nom, certains choux ont vaguement entendu parler de Bruxelles et ce n’est que dans leurs rêves baveux que beaucoup d’escargots évoquent nostalgiquement la Bourgogne.  Et la métempsychose, dans tout cela ?  Je connais des Anges qui rêveraient de se réincarner en éponge de bain.  Allez savoir pourquoi !

Un verset connu précise qu’heureux sont les faibles d’esprit, le Royaume des Cieux est à eux.  Dans ces conditions, avec la conjoncture mondiale actuelle et au vu des performances de certains d’entre eux, je crains fort un embouteillage d’hommes politiques aux Portes du Paradis !  Au fond, je n’ai pas changé : la plupart du temps, je ne rigole pas beaucoup. Et le reste du temps je ne rigole pas du tout.  Rien de grave, tant que je vous fais sourire…

A bientôt, les Mortels !

23/01/2009

886ème jour au Paradis...

Vendredi…

pluie_coule_de_source

La Nature a été une Mère bien capricieuse quand le moment fut venu de répartir les climats sur la planète Terre.  Conviées à se pencher sur le berceau des continents, les Fées Météorologiques n’ont pu le faire qu’en ordre dispersé et fort aléatoire.  La répartition  uniforme de leurs bienfaits sur la surface de la grosse boule bleue ne ferait donc pas la pluie et le beau temps.

Si la Fée Soleil arrosa fort généreusement l’Afrique, lui offrant déserts arides et savanes herbeuses, elle ne s’arrêta que quelques instants sur l’Europe, bousculée par la Fée Pluie, qui en perdit sa baguette, égarée dans le couffin européen.  On sait ce qu’il en advint et en advient toujours.  Elles se disputèrent âprement l’Asie, lui faisant don de la mousson, fruit de la colère du Soleil et de la Pluie.  La Fée Froid, profitant de ces querelles sororales, asséna quelques coups par ci par là, s’arrêtant sur le berceau arctique et faisant un coucou prolongé sur le moïse américain et russe.  La Fée Brouillard, arrivée en retard, put concéder quelques bans de brumes aux quatre coins du monde et s’appropria la Grande-Bretagne magnanimement partagée avec la Fée Pluie.  La Fée Soleil étant épuisée par sa tournée météo, elle ne leva que mollement la baguette pour offrir de chiches rayons à Albion.

Ainsi fut réparti le temps, à la va-vite et à la va-comme-je-te-pousse.  Nous sommes loin de l’harmonie universelle tant souhaitée par l’humanité.  A part l’existence de quelques microclimats, havres de paix climatique, îlots de calme barométrique.  Curieusement, je n’ai jamais entendu parler de microclimats maussades ou carrément détestables.  En ces temps de temps incertain, cela fait une macro différence !   Bref, des humains grelottent quand d’autres suffoquent, des Unités Carbones se plaignent des quantités d’eau qui leur tombent dessus alors que des mortels se désespèrent de voir tomber un jour la moindre goutte d’eau.  Les changements climatiques y sont pour beaucoup mais ils n’expliquent pas tout.

La pluie…source intarissable d’eau et de commentaires désabusés.  Somerset Maugham disait par exemple joliment que si les bars à Londres avaient des terrasses comme à Paris, on y boirait des verres de pluie. Les Occidentaux rêvent à de petites pluies courtes alors dans certaines contrées, ce n’est pas la pluie mais bien la sueur des travailleurs qui arrose la terre.  Il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps mais la pluie ne plombe pas que le ciel : les humeurs sont aussi grises que les nuages gorgés d’eau qui passent nonchalamment.  Nombre d’humains voudraient du soleil à forte dose et de la pluie à dose homéopathique et d’autres l’inverse.  Difficile de contenter tout le monde quand le señor Météo fait des siennes !

Durant l’absence de soleil, les rires se font rares et les soupirs essaient de chasser la pluie ; durant l'absence de pluie, ce sont les jeunes arbres qui jaunissent les premiers. Les vieux ont des cachettes souterraines qu'on appelle expérience.  Il faut se rendre à l’évidence : quand tombe la pluie dans une contrée aride, c’est jour de fête mais quand tombe la pluie dans une contrée abondamment arrosée, c’est jour de recueillement.  En province, la pluie devient une distraction, à défaut d’événements marquants.

Je terminerai en disant que la vie c'est comme une fleur, elle a besoin de soleil et de pluie pour s'épanouir.  A vous de choisir la quantité de l’un, la quantité de l’autre.

A bientôt, les Mortels !

13:39 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pluie, soleil, temps, meteo, damabiah, humour |  Facebook |

20/01/2009

883ème jour au Paradis...

Mardi…

reve_americain

C’est jour de liesse populaire, chez mes Frères Mortels nord-américains.  Ils fêtent l’investiture de leur premier président afro-américain.  Après l’esclavage, l’exil, les humiliations, le rejet et la négation de tout un peuple, simplement à cause de la couleur de sa peau, les voici au sommet de l’Etat.  Barack Obama représente le rêve américain, dans toute sa réussite.  Mais pour un Obama, combien de ses frères de couleur n’ont-ils pas connu le cauchemar américain ?

Le rêve américain d’une vie meilleure dans un pays libre et démocratique ?  ' Faut pas rêver !  S’installer aux USA et obtenir la Green Card, ce sésame indispensable pour songer un jour faire partie de la nation la plus puissante et la plus prétentieuse qui soit, était une loterie pas du tout égalitaire.  Mais depuis les attentats du 11 Septembre, devenir citoyen américain tient du miracle.  Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas.  La réalité ressemblerait plutôt à un lendemain de cuite : il n'y a pas d’espoir d’Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé.

Le rêve américain dans la société de consommation ?  Quand on voit les scandales bancaires d’Outre-Atlantique qui déteignent sur le pouvoir d’achat de l’Européen moyen, les Unités Carbones sont en droit de se demander si ce modèle économique est vraiment le bon.  Et les Américains, friands de grosses voitures, de gros cigares, de gros comptes en banque, de grosses maisons et de grosses poitrines devront faire ceinture et voir plus petit.  Difficile d’imaginer l’Oncle Sam dans une petite voiture économique, roulant ses cigarettes, comptant son maigre pécule dans son modeste appartement en pensant à bobonne, décharnée et d’une consomption inquiétante.  Le pays des grands espaces se contentera-t-il de parcours urbains en ‘tout-électrique’ ?  Pas sûr.

Le rêve américain de citoyens égaux ? Allons, allons, Ephémères : la Déclaration des Droits de l’Homme n’est, ici, qu’un bout de papier qui se laisse interpréter à la guise de ses exécutants.  Ne parlons pas de Guantanamo, verrue hideuse sur le visage lifté d’une Amérique lisse et sans reproches. N’évoquons pas la misère des natifs, tous ces Indiens qui, sous le couvert d’être asociaux et ‘sauvages’, sont exclus des postes de commande.  Bien entendu, l'Amérique avait été découverte avant Colomb, mais le secret avait été bien gardé.  Il a été sans doute admirable de découvrir l'Amérique, mais il l'eût été plus encore de passer à côté.  La main sur le cœur, les politiciens américains affirment que tout ce qui divise les hommes, tout ce qui les spécifie, les isole ou les parque, est un péché contre l'humanité.  La belle affaire.

Le rêve américain servi à toutes les sauces ?  Sauce aigre-douce, voire même amère et soupe à la grimace : leur industrie automobile prend l’eau, Hollywood se décentralise, leur dollar se dévalorise et leur (très récent) ancien président se ridiculise.  Comment rêver, dans ces conditions ?  Les Etats-Unis d'Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation.  Ils ont inventé un système dont ils ont égaré le mode d’emploi et qu’ils essaient de refiler à des nations, béates d’admiration pour un pays si jeune et devenu aussi puissant si rapidement.  Réveillez-vous donc, doux rêveurs !…

A bientôt, les Mortels !

18/01/2009

881ème jour au Paradis...

Dimanche…

prudence

La prudence s’impose quand il s’agit de parler de la prudence.  Est-elle une qualité ou un défaut ?  Est-elle preuve de sagesse ou de lâcheté ?  En fait, il y a autant de prudences qu’il y a de cas où le Mortel moyen doit réfléchir.  Quand donc le prudent devient-il pusillanime ?  Quand donc le fonceur devient-il inconscient ?

La prudence devient discernement quand elle touche à des domaines pointus et épineux comme la santé ou la diplomatie.  La santé est un bien trop précieux pour que les Unités Carbones spéculent à la légère.  Le SIDA n’a-t-il pas creusé son lit sur l’irresponsabilité et la méconnaissance de certains ?  Mal d’amour, mal du siècle : la prudence et l'amour ne sont pas faits l'un pour l'autre : à mesure que l'amour croît, la prudence diminue.  Et en diplomatie, la prudence est une assurance-vie sur un avenir à court terme.  En effet, un homme d'Etat de valeur devra avoir deux qualités essentielles : la prudence et l'imprudence, et en jouer avec talent.  Autrefois, il était tenu pour acquis que la prudence surpassait les autres vertus comme la vue surpasse les autres sens.  Est-ce toujours d’actualité ?  Oui, dans bon nombre de domaines.  Mais…

… De toutes les formes de prudence, la prudence en amour est peut-être celle qui est la plus fatale au vrai bonheur.  En ces temps difficiles, Les hommes divisent instinctivement les femmes en deux catégories : les femmes comme il faut et les femmes comme il en faut...  A la recherche du partenaire idéal, les humains des deux sexes se perdent dans une prudence extrême, fruit de l’observation des misères conjugales et des divorces à outrance.  Les divorcés deviennent célibataires ; les célibataires deviennent prudents.  Diviniser la femme ou l'abaisser, c'est toujours la tenir à distance.  Rêver à l’Homme Parfait ou vivre avec, c’est toujours finir dans la lassitude. 

Quand la prudence est partout, le courage n'est nulle part.  La prudence, c'est la peur marchant sur la pointe des pieds ; elle est sans doute une qualité mais n’en faisons pas une vertu, car avec de la prudence, on peut faire toute espèce d'imprudences et elle nous dominerait tout entiers.  Est-ce que l'espèce humaine aurait survécu si elle n'avait pas connu la peur ? Et donc la prudence ? Et donc la ruse ?  Finalement, beaucoup d’Ephémères pensent sincèrement que la vie est plus belle que la prudence.

Dans cette société multimédia à outrance qui vous caractérise, Mortels, la plus grande prudence est de mise devant le flot continu de données que vous recevez.  Il y a deux sortes de téléspectateurs, ceux qui avalent les nouvelles comme oies au gavage et ceux, attentifs, qui savent que sous l'avalanche ininterrompue d'informations insignifiantes, plus personne ne sait où puiser les informations intéressantes.  Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets.  Il y a également deux sortes de lecteurs : ceux qui traversent les livres avec prudence et ceux qui, tout aussi prudemment, laissent les livres les traverser.

La prudence est la mère de la porcelaine.  Qu’elle porte le nom de tact, pour désamorcer les crises, celui de mesure, quand il s’agit d’exprimer une émotion ou celui de vigilance, dans beaucoup de situations, elle doit être employée à bon escient.  Le prudent avisé reste celui qui manipule la prudence avec prudence.  Je finirai par une note d’humour : le comble de la prudence ?  Marcher sur les mains, de peur de recevoir une tuile sur la tête.

A bientôt, les Mortels !

17/01/2009

880ème jour au Paradis...

Samedi…

grossierete_des_insultes

L’événement a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans le ciel du Paradis : mon blog a essuyé pour la première fois des commentaires insultants et grossiers.  Loin de moi l’idée de condamner ces individus -le pardon est divin- mais je ne peux que m’interroger sur les motivations qui les ont poussés à salir ainsi un travail somme toute innocent, dépourvu de haine, de racisme ou de toute grosse polémique.  Plutôt que de soliloquer ou de m’énerver, je vais employer la meilleure thérapie qui soit pour exorciser la tristesse qui m’envahit devant cet acte imbécile et méchamment gratuit.  Je vais écrire.  Et prendre ces barbouilleurs d’insultes à témoin.    

Il est certain qu’il vaut mieux insulter les morts qu’insulter les vivants, vous ne risquez pas de ramasser une baffe.  Vous vous croyez cyniques, comiques ou polémiques, alors que vous n’êtes que de grossiers personnages dont la vision déformée voit les choses comme elles devraient être, et non comme elles sont.  Les peuples primitifs peuvent être frustres et rudes, ils ne sont jamais grossiers ; la grossièreté n'est qu'une plaie coûteuse de la civilisation.  Le premier homme à jeter une insulte plutôt qu'une pierre est le fondateur de cette même civilisation : il a appris à faire mal, à blesser sans avoir nécessairement à verser du sang.  Les larmes suffiront.

Et quand elle est écrite, l’insulte est surtout le fait de jeunes qui pensent comme ils écrivent.  Les adultes réfléchissent parfois avant de lancer insultes ou grossièretés : elles sont soigneusement choisies et frappent pour faire mal, pas seulement pour faire le malin.  Mais une insulte écrite est pénible et durable car j'ai remarqué que le jugement le plus dépourvu de fondement, la plus sotte grossièreté prend du poids, du fait de l'influence magique de l'imprimerie.  Mais je suis impitoyable : je n’excuse pas qui entend des injures de répondre par des insultes.  C’est se rabaisser au niveau de l’offenseur.  La politesse est sage : la grossièreté, par conséquent, stupide. Se faire, sans nécessité et avec intention, des ennemis en commettant des impolitesses, c'est de la frénésie, tout comme de mettre le feu à sa maison.

Si voulez vous en prendre au travail de quelqu’un (mais est-ce bien là votre but ?), n'insultez jamais un homme qui tombe ; attendez qu'il se relève.  A dix-sept ans, on est plus sensible à l'insulte qu'à l'hommage.  Et on préfère insulter que réfléchir.  Coluche disait souvent que tant qu'on fait rire, c'est des plaisanteries. Dès que ce n’est pas drôle, c'est des insultes.  La méchanceté et la grossièreté sont les armes de ceux qui ne comprennent rien à rien.  Mais moi, j’aime désamorcer les conflits par l’humour : ainsi, si les insultes avaient un quelconque effet sur les trajectoires d'une balle de golf, je vous certifie que les parties seraient beaucoup plus courtes !  Les hommes grossiers ne font rien de simple ; il faut des hommes perfectionnés pour y arriver.

Insultez-moi mais que je sache au moins pourquoi.  Sachez qu’une grossièreté est, pour moi, ce qu’une bonne cuite peut être pour vous : la gueule de bois qui en découle est méchamment mauvaise.  Critiquez avec discernement et arrêtez de salir un travail innocent et que beaucoup apprécient.  J’ai la modestie de l’espérer.

A bientôt, les Mortels !

16/01/2009

879ème jour au Paradis...

Vendredi…

poids_negligence

Son patronyme importe peu mais c’est l’Ange le plus anticonformiste qui soit.  Dans un univers policé, où tout est calme, ordre, blancheur et sérénité, il détonne par son manque total d’organisation et par un laisser-aller qui confinerait presque au ‘je-m’en-foutisme’ si nous n’étions pas au Paradis.  Il combine une paresse vestimentaire à une nonchalance savamment calculée, le tout saupoudré d’une insouciance et d’une inapplication catastrophiques.  Avec lui, la négligence a été élevée au rang d’Art Brut.  Sur Terre, il aurait été rapidement rappelé à l’ordre. 

Le grand secret de notre humanité oscille entre professionnalisme, jugeote, précipitation et négligence.  L’existence même des Humains est un perpétuel combat entre leur négligence formelle et spirituelle.  On ne nait pas négligent, on le devient, soit par faute d’éducation, soit par paresse naturelle.  Nietzsche affirmait que l'enfance est innocence mais aussi négligence, c'est un recommencement, un jeu, une roue libre, un premier mouvement, un Oui Sacré.  Ainsi, être en retard est le signe d'une âme négligente, être à l'heure celui d'une âme forte, être en avance est signe de pusillanimité. La négligence s’apprend, s’entretient et s’aggrave.  Et les plus malins feront passer leur négligence pour de la distraction : l’humain pardonne plus volontiers aux élèves rêveurs qu’aux élèves faisant preuve de mauvaise volonté.

Une fois adulte, négliger ses devoirs envers les autres est un crime impardonnable.  La société offre beaucoup mais attend aussi beaucoup en contrepartie.  Les négligents négligeront de s’acquitter de leur dette envers la communauté et ils voudront en profiter gratuitement.  Petite négligence accouche toujours d’un grand mal car si, pour le négligent, c’est toujours le matin, la journée lui apportera son lot de combats contre sa mollesse naturelle, son incurie chronique et ses étourderies coupables.  Bien souvent, les autres essuieront les plâtres à sa place et ils devront réparer ses erreurs.  Le négligent est un être asocial qui vit dans son monde de nonchaloir, d’omission et de fautes diverses.  Il est un danger pour lui comme pour les autres.

Le bonheur vient de l'attention prêtée aux petites choses, et le malheur de la négligence des petites choses.  Les petites rivières font les grands fleuves et une négligence peut avoir des conséquences dramatiques.  Demandez donc ce qu’en pensent ces adultes, qui avaient oublié de fixer au sol un goal de football, involontaire meurtrier d’une jeune fille innocente.  Ou ces chirurgiens qui oublient compresse ou instrument dans l’estomac d’un patient.  Quand ce n’est pas une négligence dans un véhicule, une centrale nucléaire ou une prison.  Pire encore quand il s’agit d’une négligence dans un procès, ce qui permet la relaxe d’un criminel.  Ne soyez pas négligent, parce qu’on ne sera pas négligent avec vous, une fois votre faute d’inattention découverte.

La négligence existe également sous une forme plus subtile, plus politique : ce qui effraie le plus dans les partis, ce n'est pas ce qu'ils disent, c'est ce qu'ils négligent ou refusent de dire.  La négligence et la langue de bois sont des cousines proches.  Dans ce combat multiséculaire entre le Bien et le Mal, entre le dit et le non-dit, les paroles de Bouddha sonnent un peu creux quand il dit que la vigilance est le chemin du royaume immortel. La négligence celui qui conduit à la mort.  Dans certains cas, la négligence semble être la bouée de sauvetage des individus irrésolus.

A bientôt, les Mortels !

12:52 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : negligence, negligent, damabiah, pensees |  Facebook |

15/01/2009

878ème jour au Paradis...

Jeudi…

rhume

Il fallait bien s’y attendre, en cette froide saison, sous les latitudes européennes et après la vague de congélation endurée, les Humains s’enrhument.  Pas ce petit rhume qui vous fait renifler comme un chien d’arrêt qui aurait la truffe congestionnée ; non, le bon gros rhume enveloppé d’un catarrhe d’enfer, baignant dans un liquide de refroidissement coulant comme robinet mal refermé, rythmé par une cadence sternutatoire qui le dispute à une toux dont les mucosités font peine à voir.

Le Grand Ordonnateur (loué soit son nom) a donné à l'homme l'intelligence pour résister aux rigueurs de la nature ; or contre les rhumes de cerveaux,  et en ces temps modernes où le crâne du mâle mortel moyen se déplume de plus en plus jeune, il faut trouver des parades. De la casquette à la perruque, en passent par le bonnet en laine, le mâle humain doit composer avec les fantaisies anatomiques de Mère Nature.  Le rhume commun ne se conçoit pas sans force éternuements, crachats  et autres nez enchifrenés.  Et comme de bien entendu, les remèdes de grand-mère y affèrent  sont tout aussi nombreux.  Il est d’ailleurs symptomatique de constater que deux écoles des médications de ‘bonne femme’ s’opposent : celle qui affirme vouloir ‘affamer le rhume’ et l’autre qui prétend vouloir ‘nourrir le rhume’.  Que le citoyen lambda s’y retrouve, dans cet antagonisme !

Si l'expérience servait à quelque chose, au bout d'un moment, on arrêterait de s'enrhumer !  Et pourtant, comme le Beaujolais Nouveau, les champignons ou Noël, les rhumes reviennent invariablement tous les ans et fournissent leur lot d’alités.  Le rhume, cette tempête sous narine, attaque sans crier gare et il réjouit les pharmaciens, prêts à vous gaver de sirop ou de pastilles, à vous fournir force décongestionnants nasaux ou pulvérisateurs pour dégager les nez bouchés.  Un proverbe québécois résume assez bien la complexité de la médication : ‘soignez un rhume, il dure trente jours ; ne le soignez pas, il dure un mois’.  Je pourrais ajouter que si vous négligez votre rhume, lui ne vous négligera pas !  C’est le genre d’hôte indésirable qui adore jouer les pique-assiettes et qui, mieux que personne, parvient à s’incruster dans votre organisme et dans votre vie.       

Avez-vous dû déjà supporter les humeurs d’un enrhumé ?  C’est à croire que boucher les conduits respiratoires inhibe forcément les synapses cérébraux de la bonne humeur.  L’enrhumé bronchiteux devient soudain un rhinoféroce :  un gros mammifère corné et connu pour son extrême méchanceté dès qu'il attrape un rhume.  Noël au balcon, enrhumé comme un con !  Pourquoi les Unités Carbones ne mettraient-elles pas un point d’honneur à ne pas être dans le vent ?  Cela leur éviterait de s’enrhumer, non ?  Combien de mouchoirs en papier économisés, combien de maladies en ‘-ite’ épargnées ! 

L’alcool tue les microbes, c’est bien connu.  Médicalement, cela se discute ; alcooliquement, cela se défend : le rhum combat le rhume.  Et combien de grogs ou de vins chauds n’ont-ils pas sauvé des organismes affaiblis, tout en réchauffant les cœurs ?  J’ai même connu un médecin qui les buvait à la suite, les uns après les autres, ‘d’une façon préventive’ prétendait-il.  Je veux bien le croire…

A bientôt, les Mortels !

11/01/2009

874ème jour au Paradis...

Dimanche…

froid

L’Europe grelotte, l’Europe a froid.  Grand froid même.  Si les indécrottables romantiques qui ont gardé leur âme d’enfant voulaient bien oublier les paysages bucoliques, cartes postales enneigées et glacées, ils verraient que la froidure n’apporte que des problèmes.  Facture énergétique galopante, embarras (et le mot est faible) de circulation, routes impraticables et refroidissements à tous les niveaux.  Tombe la neige, le dégel ne viendra pas ce soir.

Ce n'est pas parce qu'en hiver on dit "fermez la porte, il fait froid dehors", qu'il fait moins froid dehors quand la porte est fermée. Il faut avouer que les râleurs impénitents que sont les Mortels ne sont jamais satisfaits : combien de fois, tendant l’oreille vers le Monde d’En-Bas, n’ai-je pas entendu des Ephémères maugréer : ‘encore un hiver gris et pluvieux…’ y a plus de saison, ma bonne dame !’ ?  Et maintenant que tout est blanc et gelé, comme au bon vieux temps, voilà-t-y pas qu’ils se remettent à ronchonner contre le sel qui bousille les carrosseries, la batterie qui rend l’âme ou ce fichu froid de canard. On les croirait presque condamnés à mourir de froid à plus ou moins brève échéance.

La vie est parfois semblable à un hiver très rude : elle est parsemée de peaux de banane, parfois même de plaques de verglas.  Tiens, parlons-en justement, du verglas : créateur d’une nouvelle forme de patinage artistique sans équipement approprié qui, outre des figures acrobatiques inédites, offre un vaste éventail de chutes, de tôles froissées, de voitures et de membres bons pour la casse.  Au-milieu des cris de douleurs des victimes physiques et financières, certaines voix discrètes et anonymes se demandent même si le verglas n’a pas été inventé par les hôpitaux et les carrossiers pour décupler leur chiffre d’affaire.  Mais ce ne sont là que vilains ragots que je vais geler immédiatement.  

Quand les champs deviennent toundra, quand les chemins se font taïgas, les Unités Carbones sont en droit de se demander à qui se fier : en effet, les météorologues qui ont balancé depuis longtemps grenouille et petite échelle au profit des satellites et des ordinateurs, leur avaient prédit un avenir presque tropical.  Et au lieu de préparer les cocktails et de porter leur plus joli paréo, voici les Humains obligés de ressortir les chauffages d’appoint et les braseros, en enfilant gros pulls, parkas et doudounes.  Au grand dam des soldeurs qui, au lieu d’écouler au prix fort des stocks d’invendus hivernaux afin de préparer la saison printemps-été, se voient obligés de les brader, la saison des soldes étant arrivée.  A ce niveau, les grands froids ont du bon.

Les grands froids sont les ennemis mortels de l’automobiliste moyen, pour qui les routes se transforment souvent en un mélange subtil de glisse acrobatique et de Seconde Guerre Mondiale.  Certains retrouvent la foi, en priant le matin pour parvenir en un seul morceau sur leur lieu de travail et en se recueillant le soir pour retrouver sains et saufs maison, chaleur et petite famille.  Car, bien entendu, les conditions climatiques chaotiques n’empêchent pas des olibrius de se croire à un rallye sur glace et de foncer à vive allure.  Nous ne les aimons pas voir arriver aussi rapidement au Paradis : encore de la paperasse en urgence à devoir remplir…

Bref, le froid c’est bon quand c’est fini.  Idem pour la neige qui, immanquablement, à un moment ou à un autre, se transformera en une bouillie immonde.  Cela tue un tantinet la poésie hivernale, n’est-ce pas ?

A bientôt, les Mortels !

13:02 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : verglas, froid, grand froid, gel, neige, damabiah, hiver, humour |  Facebook |

10/01/2009

873ème jour au Paradis...

Samedi…

metaphysique_guerison

Aux premiers jours de l’an nouveau, après les agapes des Fêtes, la distribution des cadeaux et des étrennes, une fois résolue la délicate question de l’élection du nouveau roi et de la nouvelle reine de l’année et quand les Mortels, pleins de bonnes intentions et de résolutions qu’ils ne tiendront pas, se souhaitent à qui mieux-mieux, une excellente santé, pensent-ils seulement à ceux et à celles qui n’ont déjà pas une bonne santé ?

Dans le feu de la vie quotidienne moderne, rester en bonne santé se compare à un exercice périlleux d’équilibrisme sanitaire.  Chaque microbe, chaque bactérie qui a le malheur de pointer le bout de ses misérables toxines dans l’enceinte sacrée d’une maison, devient illico presto l’ennemi à abattre.  Et les Unités Carbones ne reculent devant aucun vaccin, aucun antibiotique, aucun sirop, aucun médicament pour exterminer les intrus.  Les Humains ne sont pas non plus à l’abri des chocs en tout genre, des glissades les plus acrobatiques, des égratignures les plus sanguinolentes, des piqures les plus perfides ou des brûlures les plus cuisantes.  L’existence même du Mortel lambda semble être une succession d’évitements, de louvoiements, d’esquives et de parades de catastrophes diverses.  La santé devient un bien aussi précieux que l’or.

Mais quand la complexion lâche, quand l’eucrasie vacille et quand l’euexie vous abandonne,  il faut alors songer à guérir plutôt qu’à prévenir.  Flaubert affirmait péremptoirement que le seul moyen de guérir, c’était de se considérer comme guéri.  La méthode Coué dans toute sa splendeur.  Car guérir le plus rapidement possible est le but ultime de tout malade ou de tout blessé qui se respecte.  Quitte à utiliser, plus ou moins avec insouciance des remèdes aussi bizarroïdes que nauséabonds.  Combien d’Ephémères ont voulu croire avec ferveur des charlatans qui leur proposaient des remèdes miracle qui, outre le fait de les faire baver vert, les rendaient parfois encore plus malades qu’à l’origine ?  Le malade est plus reconnaissant à la médecine qui le guérit qu'au conseil qui le préserve.

Le médicament reste le principal symbole de la puissance du médecin.  Avec le prix de la consultation, qui est souvent inversement proportionnel au professionnalisme du praticien.  Que de maladies ne sont en fait que des guérisons, proclame un proverbe perse.  Quand on est malade, rien ne chante plus fort que l'envie de guérir.  Mais la vie elle-même n’est-elle pas une lente maladie qui appelle une longue guérison ?  Point de mesures prophylactiques quand le mal est fait : privilégiez la convalescence et l’hygiène : la guérison ne sera pas loin.  Les docteurs ne voudront pas le reconnaître mais l'art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit.

Les blessures que l'homme se fait à lui-même guérissent difficilement.  Quelle médication prescrire quand le mal est profond ?  Mais restons optimistes : après la pluie vient le beau temps et après la maladie vient la guérison.  Se rétablir, c’est établir à nouveau un contact avec la vie.  La guérison du malade provoque immanquablement celle de ses proches.  Moi-même je suis très malade : quand la démangeaison d'écrire saisit un homme, rien ne peut le guérir que le grattement de la plume.  Et c’est tant mieux…pour vous !

A demain, les Mortels !

14:15 Écrit par Damabiah dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante, guerir, guerison, damabiah, humour |  Facebook |

04/01/2009

867ème jour au Paradis...

Dimanche…

gouvernement_des_animaux

Et si, le temps d’un article, le Grand Ordonnateur (loué soit son nom) offrait aux animaux le loisir de gouverner une nation ?  Je sais, cela a été déjà fait au niveau local (la Ferme des Animaux) et au niveau planétaire (la Planète des Singes) mais mon approche est plus caustique et plus humoristique.  Toute ressemblance avec des personnages politiques existant serait tout-à-fait volontaire. 

Or donc, Maître Petit Roquet, hargneux et ambitieux cabot, vint à être élu à la tête de son pays.  Il était tel que les gens peuvent imaginer un Chef d’Etat : les gouvernants gouvernent l'Etat ; les technocrates, les gouvernants ; et la vanité les gouverne tous.  Il avait été en concurrence avec Maître Paon mais à force de roues et de ronds-de-jambe, ce dernier avait fini par lasser.  Tout animal ne devient pas forcément un animal politique.  En fin stratège, Maître Petit Roquet ne mit pas beaucoup de temps à s’imposer.  Et à trahir ses promesses électorales : en effet, tout homme politique est, au sens fort du terme, un homme politique qui promet…mais qui ne tient pas.  Et les petits animaux pouvaient braire, beugler, hurler, aboyer ou cancaner, rien n’y ferait : il y était, il y resterait.

Placez des incompétents et des butés à la tête des Ministères, et vous obtiendrez un gouvernement docile et manipulable à souhait.  Vous éviterez les luttes intestines et le goût pour les complots.  Maître Porc comme ministre, c’est une tête de cochon avec laquelle il faudrait compter.  Maître Singe et sa monnaie feraient merveille au ministère des Finances.  De même que Maître Requin, quoique la conjoncture actuelle l’empêcherait de tenir la tête hors de l’eau.  Maîtresse Pie à la Communication serait un maître-choix et la curiosité de Maîtresse Belette ferait merveille à la Recherche.  Et même si les bêtes politiques nient leur intérêt pour un portefeuille, quel qu’il soit, vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s'occupe de vous tout de même.

Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins.  Malgré le fait que les politiques eux-mêmes pensent comme nous de la politique ; ils sont les premiers à l'estimer ce qu'elle vaut ; c'est-à-dire à la mépriser, aucun animal bien né refuserait un Ministère et ses avantages.  Maître Petit Roquet nommerait bien à l’Intérieur Maîtresse Taupe, dont la myopie légendaire servirait admirablement les magouilles qu’elle ne serait pas capable de voir.  Maître Renard et sa ruse naturelle feraient les beaux jours des Affaires Etrangères.  Beaucoup d’animaux ne seraient pas dépaysés : les Ministères ressemblent à des basse-cours et leurs escaliers sont des endroits où des gens qui arrivent en retard croisent des gens qui partent en avance.

Une parole animale vaut-elle mieux qu’une parole humaine et des animaux au pouvoir feraient-ils les mêmes erreurs que leurs frères à deux pattes ?  Parviendraient-ils à éviter que le Ministère des Finances ne devienne pas celui de la Misère, puisque le Ministère de la Guerre ne s’appelle pas le Ministère de la Paix ?  Parmi le petit peuple, il n’y a pas de Maître Lézard pour rassurer la gent animale ; Maîtresse Carpe reste muette et Petit Maître Agneau cultive sa douceur.  Quand on cherche la petite bête, on ne parvient pas à la trouver.  La politique est plus dangereuse que la guerre... A la guerre, vous ne pouvez être tué qu'une seule fois. En politique, plusieurs fois.  Seul Maître Chat et ses sept vies pourrait survivre sans dommage à un mauvais gouvernement.

En conclusion, laissons les animaux là où ils sont : ils ne demandent pas mieux. 

A bientôt, les Mortels !

13:05 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : animaux, gouvernement, damabiah, humour |  Facebook |

03/01/2009

866ème jour au Paradis...

Samedi…

guerre_pour_la_paix

Si la fortune vient en dormant, la paix vient en mourant.  Dans cet univers militarisé dont les soubresauts politiques donnent la nausée, les colombes se font facilement croquer par les faucons et les rameaux d’olivier se font brûler par des missiles en tout genre. Puisque la mort est la paix éternelle, si tu veux la paix, fais le mort.

Soyons honnêtes : sur cette bonne vieille Planète Bleue que je chéris tant, la paix, si tant est qu’elle existe réellement, est un mot vide de sens.  Comment vivre en paix avec l’univers qui vous entoure si vous n’êtes pas capable de faire la paix avec vous-même ?  Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d’en face.  Il est tellement plus facile de frapper la joue gauche que de tendre la joue droite, n’est-ce pas ?  John Fitzgerald Kennedy a dit un jour que nous ne devons pas nous reposer sur nos acquis, mais nous efforcer de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le coeur et dans l'esprit de chacun.  On sait ce qu’il en est advenu…

La Guerre nourrit des entreprises, la Paix les détruit.  La logique de la guerre moderne prend en compte des facteurs aussi pernicieux que la création et la sécurité de l’emploi, l’essor économique et les dividendes qu’elle fait rentrer dans les caisses d’un Etat.  Que peux faire la Paix, face à de tels arguments ?   Le bonheur n'est pas le fruit de la paix, le bonheur c'est la paix même.  Mais comment y parvenir quand la solution ressemble à la quadrature du cercle ?  Jean Jaurès avait bien défini la complexité de la dualité entre guerre et paix, quand il affirmait que La paix n'est qu'une forme, un aspect de la guerre : la guerre n'est qu'une forme, un aspect de la paix : et ce qui lutte aujourd'hui est le commencement de la réconciliation de demain.

Bizarrement, si une mosaïque de guerres ethniques, tribales et locales sont monnaie courante, une mosaïque de paix est quasi impossible.  Si chacun des groupes ethniques, religieux ou linguistiques prétendait au statut d'Etat, la fragmentation n'aurait plus de limite et la paix, la sécurité et le progrès économique pour tous deviendrait toujours plus difficile à assurer.  La paix doit être globale ou elle ne sera pas.  Il n’y pas de guerre juste ou de paix juste : il n’y a juste que la guerre et la paix.  Hérodote a écrit qu’ en temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils.  Quel est le choix à faire, à votre avis ?

Les hommes de paix se reconnaissent entre eux et ils parlent entre eux de la meilleure façon de parvenir à leurs fins; les hommes de guerres se reconnaissent entre eux et ils n’ont pas besoin de parler, ils connaissent d’avance la meilleure manière de parvenir à leurs fins : mettre fin aux agissements des pacifistes.  Etre belliqueux, c’est facile.  Mais la paix n'est pas comparable à un objet précieux qui nous appartient. Il faut toujours la conquérir.  Les pessimistes n’hésitent pas à pointer du doigt le paradoxe des paradoxes : la paix rend les peuples plus heureux, et les hommes plus faibles.

Du haut de nos bienheureux nuages, nous avons la dent dure avec nos Frères vivants : vous êtes une civilisation qui sait faire la guerre, mais qui ne sait plus faire la paix.  Nous sommes quand même confiants : la paix universelle se réalisera un jour, non parce que les hommes deviendront meilleurs mais parce qu'un nouvel ordre, une science nouvelle, de nouvelles nécessités économiques leur imposeront l'état pacifique.

A bientôt, les Mortels !

13:35 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paix, guerre, damabiah, pensees |  Facebook |

01/01/2009

864ème jour au Paradis...

Jeudi…

bonne_annee

Tout d’abord, permettez-moi de vous présenter, au nom de tous les Anges du Paradis, une bonne et heureuse année 2009.  Joie, bonheur, santé et prospérité à vous et à tous les vôtres et je formule personnellement le souhait de vous voir Ici le plus tard possible et dans une forme éclatante.  Compte-tenu des circonstances.

J’ai laissé mon grand enfant d’Intercesseur humain s’amuser avec son lasero-plâtre et ses fulguros-béquilles pour jeter un regard critique par-dessus mon aile et pour me concentrer sur le bilan de l’année humaine écoulée.  Comme d’habitude, elle fut riche en événements et catastrophes en tous genres.  Les Mortels ont cette propension à se renouveler qui m’étonnera toujours.  C’est sûr que le jour de la Fin du Monde venu, ils parviendront encore à me surprendre !

Alain Bashung a chanté en son temps que sa petite entreprise ne connaissait pas la crise.  Cette année écoulée, la plupart des pays industrialisés ont beuglé à l’unisson que leurs grandes entreprises connaissaient fort bien la crise.  Entre dévaluation, récession, plongeon et autre abandon, il valait mieux avoir l’estomac bien attaché pour supporter les loopings engendrés par les différentes crises financières qui ont secoué la planète.  Entre le prix du pétrole qui s’envole, avant de s’écrouler lamentablement et le puissant aigle américain qui perd ses plumes, l’année 2008 aura été placée sous le signe du vol, de l’envol et du survol.  Vol de milliers de petits actionnaires crédules et naïfs ; envol du prix des matières premières et survol d’une catastrophe économique annoncée.  Tout cela a donné des ailes aux pays émergeants qui n’en demandaient pas tant pour inonder le marché.

‘De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves’ ont déclamé des milliers de têtes blondes.  Sauf qu’en 2008, le gros Fortix et l’appétissante Dexia avaient vidé le chaudron de potion magique depuis longtemps et qu’ils ont plutôt bu le bouillon.  En fait, de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus manipulés et ce, à tous les niveaux : même si des magouilles politico-judiciaires ont mis Leterme final à une politique de bouts de ficelle, à l’image du climat économique qui règne actuellement, la Belgique vogue en aveugle, telle un Titanic qui ne voit pas l’iceberg se rapprocher.  Cette année aura été celle où les luttes partisanes politiques auront cédé la place au pouvoir d’achat en forte baisse.  Cela devient le lot quotidien des humains, ces temps-ci : une catastrophe en remplace toujours une autre.

2008 aura aussi vu l’élection d’un président de couleur, aux Etats-Unis.  A ce propos, un Plan Extraordinaire d’Urgence a été mis en place au Paradis pour la cérémonie d’investiture.  Car une blague court les travées de la Céleste Demeure : Barack Obama arrive aux portes du Paradis. ‘Bonjour, je suis Barack Obama, le 44ème Président des Etats-Unis’. ‘Ah oui ?  Depuis quand ?’, réplique l’Ange de service. ‘Oh, depuis environ 10 minutes’.  Humour noir qui cache certaines craintes.  Cet homme qui porte en lui tous les espoirs d’une communauté sera-t-il le Président du changement ?  L’avenir nous le dira.

2008 aura vu moins de catastrophes naturelles et le retour à des saisons bien marquées.  Sauf l’été, qui est toujours aussi pourri en Europe.  Des morts célèbres et anonymes sont venus grossir nos rangs et malgré le pessimisme ambiant sur Terre,les Unités Carbones ont développé une forme de fatalisme qu’elles ont élevé au rang de vertu.  ‘Cela ira mieux demain’ est devenu la devise de tout Mortel qui se respecte.

A bientôt, les Mortels !

27/12/2008

859ème jour au Paradis...

Samedi…

art_bequilles

C’est en observant discrètement et avec inquiétude mon plâtré d’Intercesseur terrestre que je me rends compte que l’adaptation mortelle à des membres inférieurs artificiels supplémentaires censés suppléer la perte temporaire d’un des organes de la locomotion ressemble à un parcours du combattant.  L’homme est aussi préparé à utiliser des béquilles que les Triades chinoises sont préparées à devenir des œuvres de charité.

L’Unité Carbone lambda est humble, devant la béquille.  Elle lui voue crainte et respect, sachant qu’elle sera le seul moyen (à part la chaise roulante) de retrouver une certaine forme d’autonomie.  Et l’humain qui prétendra appréhender facilement et rapidement l’emploi des anilles n’est qu’un gros menteur.  A voir mon Mortel protégé jouer les équilibristes pour ne pas se casser la figure, je me rends compte que l’attraction terrestre est un fait avéré et que la gravitation attire immanquablement tous les corps vers le sol.  A croire que le Grand Ordonnateur (loué soit son nom) n’a créé le macadam, les pavés et les ornières que pour éprouver les capacités acrobatiques des plâtrés de la jambe. Le plâtré moderne n’est plus simplement un banal malade : c’est un cascadeur de la rue.

Quand un plâtré se déplace, il doit faire preuve d’une attention de tous les instants.  Car si sa vue est surtout attirée par le sol et ses pièges minéraux, organiques ou autres, il doit garder un œil (si vous comptez bien, nous en sommes déjà à trois) sur ses congénères : bien souvent l’indifférence et l’incivisme sont leurs béquilles à eux, misanthropes qui s’ignorent.  Certains vous diront que c’est trop facile de s’appuyer sur les autres, ils reposeront alors sur un champ de béquilles.  L’égoïsme de ce 21ème siècle décadent est un véritable handicap pour les handicapés physiques.  Chaque éclopé loue sa béquille et chante ses mérites tout le long du jour.  Les praticiens conseillent aux infirmes de rester tranquillement chez eux, il n’y a pas de remède plus souverain.  Mais en cette époque d’activité intense, les béquilles sont plus qu’un simple soutien : elles sont une fenêtre vers une évasion...clopinante.

Je devine que les premiers temps d’un utilisateur de béquilles doivent éprouver les nerfs et le physique.  Surtout pour tout un chacun qui fait du sport confortablement avachi dans son fauteuil, devant la télé.  Au soir des premiers efforts, les plâtrés rêvent d’une béquille morale qui leur permettra de poursuivre leurs chemin de croix.  Mais le miracle se produit un jour : les béquilles deviennent le prolongement naturel des bras et les remplaçantes salutaires des membres malades.  Car contrairement aux bras cassés, les jambes ont besoin d’un support pour continuer à avancer.  Et de bras pour tenir ces mêmes supports. Chaque mouvement original, inusité et quelque fois oublié, devient alors un allié : des sautillements frénétiques aux cloche-pied de l’enfance. Et les béquilles deviennent aussi instrument pour l’ouverture et la fermeture des portes ou encore pour le déclenchement des interrupteurs.  Le paradis des éclopés, jongleurs de l’espace, devient le royaume de la débrouille.

Il parait que la réalité est une béquille pour ceux qui ne savent pas rêver.  Mais ceux qui rêvent de se passer de leurs béquilles doivent quand même s’en accommoder, les apprivoiser et en faires des alliées.  Finalement, marcher sur trois pattes n’est-ce pas mieux que de ne pas marcher du tout ?

A bientôt, Les Mortels !

16:07 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : bequilles, platre, platre, handicap, damabiah, humour |  Facebook |

25/12/2008

857ème jour au Paradis...

Jeudi…

nativite_2008

C’est l’histoire d’un bon gars, sérieux et travailleur.  Sa nationalité importe peu et il se nomme Joseph.  D’habitude, il travaille dans le bâtiment mais la crise est là et il a été victime de la compression de personnel décidée par son entreprise.  Difficile de payer comme il se doit un charpentier spécialisé comme lui.  Le voilà donc réduit au chômage, jeune marié et futur papa : sa jeune épouse, Marie, est enceinte.  Joseph n’est pas le père de l’enfant, il le sait.  Mais il a tellement d’amour et d’indulgence à offrir qu’il a décidé, une bonne fois pour toute, que la petite vie qui grandit dans le ventre de son épouse sera son enfant à lui.  Et tant pis si elle a fauté avec une espèce de saint qui a de l’esprit. 

Joseph est un méditerranéen pur teint, il a des principes : à la maison, c’est l’homme qui gagne de quoi faire vivre sa petite famille et la femme fait tourner la boutique. Déroger à ce principe, c’est trahir son éducation.  Et comme l’argent mène le monde et pas la pitié, par défaut d’emploi, donc de revenu, son propriétaire met tout ce petit monde dehors.  Et à quelques jours de Noël, encore bien !  Joseph court les agences d’intérim mais rien à lui offrir : la conjoncture est mauvaise et les perspectives d’emploi sont moroses.  Cette fois-ci, il va devoir se fier à sa bonne étoile pour s’en sortir.

Comble de malchance, les services sociaux traquent ces asociaux sans travail et sans domicile fixe qui donnent une si mauvaise image de la prospérité économique de façade qu’affiche le pays.  Joseph et Marie sont dans le collimateur de ces enquêteurs.  Aucune autre solution que de fuir avec leurs maigres biens entassés dans la 2 CV branlante, pourrie et quadragénaire qui leur sert de véhicule.  Les voilà partis pour une destination inconnue, la peur au ventre, le ventre vide et le vide dans leur portefeuille.  Même à l’approche des Fêtes, la société ne fait pas de cadeaux.

Pour couronner le tout, leur carrosse de fortune rend définitivement l’âme par une froide nuit de décembre, en pleine campagne et sans la moindre habitation à l’horizon.  Joseph ne perd ni le nord, ni la foi.  C’est un gars débrouillard et il parvient à dénicher une cabane délabrée.  Il y pousse femme et véhicule et s’y installe du mieux qu’il le peut.  On pourrait craindre le pire mais quelque part, un ange veille sur eux.  Trois riches hommes d’affaire revenant, de concert, d’un très intéressant séminaire sur les excellentes perspectives d’avenir pour les riches biens nantis reçoivent chacun un SMS sur leur PDA, leur enjoignant de prendre leur Mercedes et de suivre une route tracée par le GPS de bord, route triangulée en se basant sur l’étoile du bouchon du véhicule. 

Un peu embêtés, car ayant les cadeaux de Noël de leurs enfants dans le coffre, ils n’écoutent que leur bon cœur et ils décident de prendre la route.  Pendant ce temps, Marie, en digne femme de son temps, a pris les choses en main et a décidé d’accoucher là, seule et sans assistance, dans cette cabane vétuste, sur un lit de paille très inconfortable.  Joseph, en père responsable, s’évanouit deux fois avant de reprendre ses sens et de l’aider du mieux qu’il peut.  Et le miracle de la vie s’opère une nouvelle fois : un petit bonhomme tout fripé et très en voix vient au jour.  Nous sommes le 25 décembre à minuit 01.

Les trois riches hommes d’affaire arrivent à ce moment et pour ne pas paraître ni idiots, ni pingres devant cet attendrissant spectacle, ils décident de se séparer des cadeaux de leurs enfants en les offrant au petit d’homme.  Leur progéniture en aura bien d’autres ! Ils allument quatre énormes cigares, trinquent en l’honneur de la jeune maman et ils disparaissent dans la nuit.  Joseph n’en revient pas mais il déclare abruptement qu’au lieu de lui offrir un cigare qui pue et du champagne qui pique, ils auraient pu lui donner de l’argent à défaut de lui offrir un emploi !  Décidément, les Mortels ne changeront jamais.  Et le petit Jésus, leur enfant, a du souci à se faire pour son avenir avec un père aussi exigeant.  Mais bon, on a les parents que l’on mérite.

Joyeux Noël tout de même et à bientôt, les Mortels !

11:14 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : joseph, marie, jesus, crise, damabiah, humour, joyeux noel, noel |  Facebook |

24/12/2008

856ème jour au Paradis...

Mercredi…

joyeusetes_noel

Etranges créatures que les mortels humains : pétris de contradictions, ils n’en conservent pas moins le goût des traditions, quitte à porter de sérieux coups de canifs à leurs convictions les plus intimes.  En effet, combien de communistes n’ont-ils pas assisté dans le plus grand secret à des messes, alors même que le régime soviétique l’interdisait formellement ?  Combien de fanatiques des nourritures blanches n’ont-ils pas fait preuve de fantaisie en ajoutant des touches de vert à leur repas ?  Combien d’amateurs de bel canto et de rock’n’roll ne se sont-ils pas surpris à suivre avec un ravissement coupable le Concours Eurovision de la Chanson ?  Ainsi en va-t-il d’une tradition typiquement de saison : la distribution des cadeaux de Noël

En fait, tout dépend des individus qui offrent des présents de Nowel (comme l’appelle un gentil chérubin du nuage d’à-côté).  Certains offrent des gouvernements, c’est très tendance et furieusement d’actualité : cadeau empoisonné, car le papier d’emballage et la taille du paquet cachent parfois un vide intersidéral.  Et comme il n’y a aucune garantie ni ticket de caisse, impossible de s’en débarrasser.  Il vous faut l’accepter, quitte à l’abandonner dans un coin d’une penderie ou dans une malle fermée au grenier.  Quand on vous offre un gouvernement, Mortels, vérifiez toujours qui vous fait le cadeau.  Pour le lui jeter à la figure, le cas échéant.

Sur cette bonne vieille Terre, les Unités Carbones s’offrent aussi des scandales.  Ce n’est pas cher et cela peut rapporter gros.  Plus clinquants que des faillites et plus discrets que des magouilles, ces cadeaux réjouissent les nantis mais catastrophent les petits revenus.  Présents sans emballage, ce n’est jamais un cadeau que de les trouver sous le sapin.  Ils vous pètent à la figure et provoquent des dommages collatéraux aussi violents qu’inattendus.  Et quand la banque à qui vous avez emprunté de l’argent pour vos cadeaux de fin d’année emprunte votre argent pour rembourser les emprunts qu’elle a faits auprès d’autres banques, c’est à se demander si un gros bas de laine ne serait pas préférable à un petit compte en banque.

Et que dire de ces merveilleux cadeaux que sont la baisse du pouvoir d’achat et la récession économique ?  En voilà des bienfaits de la société de consommation qu’on se serait bien gardé d’accepter !  La Planète Bleue est en train de virer au vert du dollar américain et aux couleurs chatoyantes de l’euro.  Tout est argent et l’argent est tout.  Mais les enfants ne comprennent pas vraiment ces tourments d’adultes : les entreprises vantent leurs jouets et les magasins les poussent à pousser leurs parents à l’achat.  Et que dire de Noël lui-même ?  La sobre fête traditionnelle chrétienne est déjà bien loin, écrasée par le tout puissant Réveillon moderne et sa débauche alimentaire et pécuniaire.  Je suis mort de rire (private joke angélique) en voyant les télévisions terrestres et leurs reportages sur les humains conscients des sacrifices à faire.  Mais se priver pour les Fêtes de fin d’année ?  Ah ça, non, mon bon monsieur : les traditions sont les traditions.

Quelles traditions ?  Les premiers chrétiens fêtaient-ils Noël au foie gras, à la dinde ou au champagne ?  Mangeaient-ils des bûches glacées en regardant l’arbre de Noël qu’ils avaient amoureusement décoré ?  Tout cela n’est que commerce et lucre.  Même le Père Noël est devenu américain, habillé en rouge par la magie d’une boisson gazeuse toute-puissante.  Le plus cadeau que je puisse vous offrir pour ce Noël, c’est la paix et la fraternité.  Et encore… je parierai mon auréole que les dirigeants du monde vous priveront bien de ces cadeaux-là !

A bientôt, les Mortels !

13:21 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : noel, cadeaux, presents, joyeux, damabiah, humour |  Facebook |

13/12/2008

845ème jour au Paradis...

Samedi…

platre

Un ange en plâtre, passe encore.  Q'un ange plâtre, à la rigueur, mais c'est limite. Mais un Ange dans le plâtre, c'est une première...  Eh oui, amis lecteurs, amies lectrices, je partage en une parfaite symbiose les heurts et malheurs de mon Intercesseur Terrestre, qui aura connu décidément une année 2008 catastrophique.

Le voilà bloqué durant six longues semaines avec un plâtre à la jambe, aussi lourd que ses ressentiments. Il peste contre la perte d'une grande partie de son autonomie et il se bat comme un beau diable (oups !) avec ses béquilles.  De plus, trouver une position confortable pour utiliser clavier et souris relève de l'exploit quotidien.  Bref, pour reposer le corps et l'esprit, il arrête provisoirement la retransmission de mes articles.

Ayez une pensée émue pour lui et je sais que l'envoi de pleins de messages d'encouragement lui feront grand plaisir car se profile déjà à l'horizon une délicate opération du tendon d'Achille qui le bloquera encore de longues, très longues semaines.  Il se donne le temps d'apprivoiser plâtre, béquilles et assise acrobatique avant de réouvrir le canal entre Terre et Paradis.

Mon cher Alexandre, tous les Bienheureux partagent ta douleur et nous te souhaitons un prompt retour aux affaires.  Le plus tôt sera le mieux...

A bientôt, les Mortels !

13:07 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : platre, platre, bloque, repos, damabiah |  Facebook |