10/06/2008

659ème jour au Paradis...

Mardi…

péché07


Doux péché mortel que le péché de paresse.  Qu’est-ce que cela vous rapporte de vous tuer à la tâche, amis mortels ?  Le repos éternel. Travailler pour mieux se reposer, n’est-ce pas une ironie cruelle pour tous les stakhanovistes des heures supplémentaires et du boulot ramené à la maison ?  J’ai toujours été le chantre d’une méridienne organisée, le défenseur de la paresse salutaire et le porte-parole des fatigués héréditaires. 

Mais la paresse des temps modernes est devenue cette forme de malveillance hérétique qui ralentit la compétitivité des entreprises et qui freine le quota d’exportation, signes vitaux de la bonne santé de l’économie nationale.  La paresse n’est rien d’autre qu’un dégoût profond pour le travail, une fatigue permanente devant l’effort et la volonté affichée de freiner des quatre fers face à l’enjeu.  La société des loisirs a amoureusement couvé une génération de lampistes et d’inadaptés sociaux qui voient dans l’effort une atteinte à leurs libertés fondamentales.

Le travail pense, la paresse songe.  Elle songe à tout ce travail qu’elle s’évite et à tous ceux et celles qui le font à sa place.  Autrefois, on se permettait d’être paresseux après des années de durs labeurs mais aujourd’hui, les jeunes se permettent d’être paresseux avant d’avoir fait le moindre effort.  Pourquoi s’embarrasser de quoi que ce soit ?  Papa et maman veilleront au grain et dans le pire des cas, ils me trouveront eux-mêmes ce travail après lequel je ne cours pas.  Et si je comprends que le chômage soit un fléau cruel, certains chômeurs érigent en vertu cardinale le droit au dilettantisme et ils maudissent effrontément les contraintes du travail déclaré.

Curieusement, nous ne chômons pas, au Paradis.  La mort est le meilleur remède à toute forme de paresse.  Nous tourner les pouces ?  Impossible !  Parce que nous savons que l’Eternité, c’est long, nous avons besoin de travailler pour nous occuper l’esprit et pour oublier qu’avec des loisirs perpétuel, ce serait ennuyant à mourir !  Comment convaincre les Unités Carbones que si le travail n’est pas nécessairement la santé, il permet de payer les soins de santé qui leur permettent de rester en bonne santé ?  L’Ephémère moyen pensera : ‘quel genre d'homme vais-je décider d'être ?’.  A dix-neuf ans, c'est une question que l'on se pose. A trente-neuf, on dit : "si seulement le destin n'avait pas fait de moi l'homme que je suis".  Le travail prendra l’Humain par la main, la paresse le prendra par l’oreiller.

Qu’elle est loin, l’époque bénie où on pouvait vivre d’amour et d’eau fraiche, où le travail s’offrait à ceux qui voulaient bien le prendre et où sommeiller sous les frondaisons d’un arbre invitait à la méditation.  La société moderne a brisé cette image idyllique : Mortels, vous travaillez pour vous offrir amour et eau fraiche, vous devez courir après le boulot, celui-ci se dérobe plus qu’autre chose, vous pourrez dormir qu’une fois votre labeur accompli.  Et point de méditation : des pensées créatives, concrètes et des rêves où votre travail ne sera jamais vraiment bien loin.

Le paresseux moderne est un criminel, il appartient à une race honnie qui vit sur le compte des efforts des autres.  Carpe diem n’est plus qu’un lointain souvenir !

A demain, les Mortels !

Commentaires

... Très belle analyse, Alex, chapeau !!
Amitiés

Écrit par : Yves | 10/06/2008

~Merci, merci~ Cet article m'a vachement fatigué et je goûte un peu à la paresse, mais chut ! Ne me dénonce pas, c'est très mal vu, ça, la paresse...

Écrit par : Damabiah | 10/06/2008

*oo* Ne sois pas paresseux Alex, juste contemplatif ;-)

Bisous, bon aprèm !

Écrit par : Loo | 10/06/2008

Je suis bien d'accord avec toi mon ami, Mais où est cette époque bénie ...
Ici rare, sont ceux qui n'ont qu'un seul emploi, un flic le jour est agent de sécurité le soir, professeur le jour serveur le soir, etc... Je connais même des personnes qui ont 3jobs ! Pendant que leurs enfants font les boutiques, et chialent comme des cons qu'ils n'ont pas la voiture de leurs rêves ! Et pourtant les routes du paradis n'en ont point utilité.
Le problème vient aussi de l’éducation pour certains, et pour d’autres, descendant des familles qui ont vécu la pauvreté, la famine après le déracinement de constantinopolis, spolié de trop, rongé par une crainte intérieur de leurs douleurs vécues.
Indirectement les aider ce n’est pas les aider… mais comment expliquer à ces gens qui ont tout recommencer à zéro, gagner chaque Drachme par la sueur de tonne d’heure de travail, qu’ils font ‘mal’ leurs devoirs d’éducations pour le futur de leurs progénitures qui peux demain les mettre à la rue ????

Cette nouvelle ère de 'farniente" me fatigue, m'use et m'énerve, je vais Alessandro te donner un exemple qui me touche de très près : Mon beau-frère dit à sa sœur, maintenant que papa prends de l’age et à mal aux jambes, toi et ton mari (elle 28ans lui 40ans) tu devrais commencer à travailler les champs, (qui est son héritage) … qu’elle fût sa réponse ? Je suis très bien comme ça je ne me sent pas prête à assumer ‘ces lourdes responsabilités’ (ses propres mots) fille, femme et mère au foyer elle n’a que cela à faire, toute la journée à se pavaner et faire les boutiques ave ses copines, ou aller au cinéma, prendre des cafés sur les places chic de la ville ou elle demeure ! Alors que ces champs, l’ont nourrit, élever et l’ont éduquer comme on dit ici, hé oui ! les productions vendus par les parents ont payés ses études ! (Eux, ils se sont levés pendant 30ans à 4heure du matin, sans vacances ni repos !) Et elle se refuse d’assumer sa dote, par contre le jour ou ses parents partiront -‘‘Que D.ieu soit sourd à l’instant de ces mots cité dans ma bouche’’- elle va se battre bec et ongle pour avoir les terrains et les vendre, sans avoir le respect qu’il y a des gens qui n’ont même pas d’héritage à offrir à leurs enfants ! Il y a des jeunes de son âge comme ses frères et des voisins qui donneraient tout pour avoir un champ de récolte à cultiver tout prêt ! grrrrrrrrrr ça ‘y je me suis énervée ! Je hais cette nouvelle génération qui pense que tout leurs est dus …


Désolée je me suis une fois de plus éparpillée et je suis peu être hors sujet ;p

bisou mon ami

Écrit par : adespota | 10/06/2008

~Réponse à Adespota~ C'est vrai qu'il ne faut pas fustiger que les ados !
Certains adultes n'ont même pas l'honnêteté de reconnaître les efforts, que dis-je les sacrifices, consentis par leurs parents pour qu'ils soient là où ils sont aujourd'hui.
Et tout cela pour quoi ? Pour les oublier lâchement, une fois qu'ils ont eu ce qu'ils voulaient.
Mais ce sera l'objet d'un article prochain...
Filakia polla, ma belle Hellène !

Écrit par : Damabiah | 10/06/2008

Les gangsters.... après avoir lu ça...s'en vont se recoucher !!! Passe une bonne journée et bixous de nous deux xxxxx

Écrit par : Bonnie and Clyde | 11/06/2008

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