04/07/2008

683ème jour au Paradis...

Vendredi…

ingrid

Fondamentalement, les Anges sont des humains comme les autres : nous nous nourrissons de ces petits instants de bonheur que l’on savoure comme de délicieuses friandises que l’on ne voudrait jamais voir disparaître.  Les Anges ont l’air, comme ça, d’êtres blasés par une Eternité de drames mais certains événements parviennent encore à nous tirer la larme de l’œil.  Et franchement, rares sont les occasions : une tradition enfantine ne fait-elle pas de ces larmes, les rafraichissantes pluies d’été ?  Ne détrompons pas ces chers bambins, c’est si mignon !

Depuis quelques jours terrestres, une effervescence médiatique inhabituelle secoue les prémices d’une torpeur estivale annoncée.  Les échos en sont si puissants qu’ils retentissent jusque dans les travées du Paradis, réveillant les consciences assoupies et nous plongeant dans la redécouverte des joies simples, pures et, disons-le, angéliques.  ‘Elle’ est vivante et mieux encore, ‘elle’ a été libérée !  Les Bienheureux ne le montraient pas vraiment, mais cela faisait 2310 jours que nous attendions ce moment, merveilleusement inattendu !  Une éternité pour sa famille et ceux qui défendaient sa cause, mais encore plus pour son GuidAnge (anciennement Ange Gardien), resté fidèlement et discrètement à ses côtés, inquiet au point de penser que, coupé de ses bases, il se croyait oublié de sa hiérarchie.

Elle s’appelle Ingrid Betancourt et elle n’a jamais craqué, quoique de bien sombres pensées lui aient traversé plus d’une fois l’esprit.  Une fois inébranlable et l’amour qu’elle porte aux siens ont dressé un rempart face à son désespoir.  Elle est grande, notre petite Ingrid ; elle est forte, notre petit bout de femme ; elle est admirable.  Le paisible, le tranquille, le pacifique Paradis s’est indigné comme un seul Ange devant l’ignominie de l’acte d’enlèvement dont elle a été la victime.  Et nous décomptions les jours, sachant fort bien que l'expérience prouve qu'il est beaucoup plus facile de prendre des otages que de les relâcher.  

Elle est libre, Ingrid, le monde entier respire, l’humanité exulte mais cette libération est l’arbre qui cache la forêt.  Ici-Haut (et certainement aussi sur Terre), certaines voix s’élèvent déjà, pour s’inquiéter du sort de ceux qui restent otages.  Seront-ils les victimes innocentes du battage médiatique actuel et ne risquons-nous pas de les plonger dans l’anonymat, une fois oublié le calvaire de ce petit phare dans la nuit que représentait Ingrid ?  Toute action est otage des sentiments mais tout otage est otage de l’action.  Oublier serait encore plus criminel.  La lutte doit continuer, parce que si les humains ont gagné une bataille, ils n’ont certainement pas gagné la guerre.  Et l’oubli est l’arme préférées des lâches et des velléitaires.

Nous sommes tous des petits Ingrid Betancourt, otages de nos habitudes, de nos certitudes et de nos inquiétudes.  Certes, personne ne se mobilisera pour réclamer notre libération, les médias resteront muets à notre sujet et nous devrons nous libérer par nos propres moyens.  Notre jungle amazonienne est une jungle d’asphalte, de métal, de béton et de verre, plus dense et bien plus dangereuse que sa copie végétale.  Osons résister aux brimades et aux tortures mentales, osons briser nos chaînes, osons faire la nique à nos tortionnaires et n’oublions jamais que quelque part sur la Planète Bleue, il y a encore des hommes et des femmes qui ignorent la libération d’Ingrid, qui ignorent tout simplement qui est Ingrid Betancourt mais qui, au fond d’eux-mêmes, n’espèrent qu’une seule chose : leur propre libération.  Luttons…

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

Je passe te souhaiter une bonne jounée

Écrit par : scorpion | 08/07/2008

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