08/07/2008

687ème jour au Paradis...

Mardi…

bronzage,


Un cachet d’aspirine, fatigué de ne connaître que blancheur
Cherchait, par tous les moyens, à se dorer la pilule.
Il rêvait de teintes cuivrées, dorées sous la canicule
Qui lui réchaufferaient suffisamment le cœur.  

Il n’était point question ici de couleurs fantaisistes,
Comme le rose nacré des fesses d’un poupon
Comme le rouge vermillon d’une écrevisse de saison,
Ou encore le brun clair d’un café au lait triste.

Durant cette belle saison que les optimistes appellent Eté,
Quand le puissant seigneur Soleil darde ses rayons ardents,
Messire cachet d’aspirine traquait le bronzage à tout instant.
Et il ne serait satisfait qu’une fois son teint pâle hâlé.

Une jolie brune, bronzée certifiée, qui passait par hasard par là,
Curieuse du manège suicidaire du blanchâtre impatient,
Voulut lui prodiguer astuces et conseils clairvoyants
Pour lui éviter un teint qui s’approcherait de la paella.

Mais notre prétentieux et snobinard petit visage pâle,
Sûr de son fait et pétri de ses convictions personnelles,
Chassa la malheureuse qu’il prit pour une péronnelle,
Et continua sa cuisson prolongée pour obtenir un joli hâle.

Et en fin de journée estivale, cuit à point comme il se doit,
Notre cachet d’aspirine était plus rubicond que brun,
Il avait mal partout et des coups de soleils inopportuns
Ne lui permettaient plus de se tenir vraiment droit.

Les jours suivants, cachet d’aspirine perdit beaucoup de sa superbe,
Car, pelant abondamment et allégrement comme oignon pour la salade,
Il devint la victime d’Hélios le Tout-Puissant et sa montée en centigrades.
Alors, fini le bronzage sur la plage, adieu sieste prolongée sur l’herbe.

Moralité :

Si tu désires quelque chose de bien précis avec trop de fébrilité
Si tu cherches à obtenir absolument ce que tu veux,
Ne restes pas sourd et aveugle aux conseils que l’on te prodigue
Car le prix à payer sera largement supérieur à l’effet escompté.

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

Pauvre cachet d'aspirine qui voulait être autre ( mas dis moi, n'y avait-il pas une grenouille qui voulait....)
belle soirée, bisous

Écrit par : nanny | 08/07/2008

Réponse à Nanny~ Mon illustre prédecesseur, La Fontaine, rit bien de mes vers de mirliton. Je rime 'à la manière de', et pas 'en copiant untel'.
Je n'ai pas assez de mérites pour me prendre pour un vrai poète ! :)

Écrit par : Damabiah | 10/07/2008

Superbe fable....
Bon we!

Écrit par : lara | 11/07/2008

ah! et puis là où il est vraiment le dindon de la farce c'est qu'il n'a même plus un seul cachet d'aspirine bien blanc pour soulager ses pauvre maux.

Écrit par : mimi | 13/07/2008

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