31/07/2008

710ème jour au Paradis...

Jeudi…

 

mouton_noir

 

Je suis Dennys le Cynique et je ne me confondrai pas en salamalecs devant vous, bouffeurs d’oxygène. J’ai profité d’une absence de ce nigaud de Damabiah pour lui chiper sa place et écrire l’article du jour. Et quel meilleur thème choisir aujourd’hui que… moi ?  C’est vrai, quoi !  Il est dur d’être cynique dans une société céleste où ‘tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil’.  J’ai l’impression d’être le dernier agitateur de consciences que le Paradis nourrisse en son sein.  Il faut dire que je ne fais rien pour me faire aimer mais les anges sont exaspérants de bienveillance : pas de colère, aucune haine.  Je passe pour un joyeux excentrique alors que je me sens comme le mouton noir de la famille.

La bergerie céleste est un vaste enclos où le Grand Ordonnateur (gnâgnâgnâ soit son nom) a rassemblé son vaste troupeau de brebis égarées.  Et les moutons noirs qui le composaient sont tous rentrés dans le rang.  Tous ?  Non.  Un irréductible cynique a décidé de continuer le combat mais quand la lutte se résume à un seul combattant, elle tient plus alors de l’extravagance.  Chaque être humain joue un rôle important, parfois à son insu, mais jamais en vain. Ce n'est qu'après les rebondissements que l'on peut comprendre et saisir la portée de nos actions.  J’en ai marre que mon rôle se borne à être le farfelu local !  Je bois, je pète, je rote, je dis des gros mots, j’ai l’aube constamment tachée, l’auréole de guingois et les plumes en bataille.  Le mouton noir, je vous dis !  Et pourtant, tout le monde s’en fout : mais où va le Paradis ?

Sur terre, les mauvais élèves, les fils maudits, les éléments difficiles sont montrés du doigt, mis à l’encan et au ban de la société.  Quelle chance ils ont !  Posséder un mouton noir dans sa famille est signe d’infamie, preuve irréfutable que l’éducation n’a pas fonctionné.  Aucune pitié, pas de quartiers !  Un vrai bonheur.  Dans la Céleste Demeure, nous vivons dans un sirupeux mélange de l’univers de Chantal Goya, de Disneyworld et du Pays de Candy.  Y en a marre d’entendre à longueur d’Eternité que le pardon est divin !  Pitoyable spectacle : au Paradis, on pardonne tout : de l’inconscient qui piétine le carré d’azalées amoureusement entretenues jusqu’au cynique réaliste qui éructe son ressentiment à la face des Bienheureux.

Les moutons noirs l'ont compris : les petits coups d'épingle bien dosés et répétés font plus de mal et détruisent plus que la cruauté virulente et expéditrice...  Nous vous aurons à l’usure, familles bien-pensantes et sociétés bon chic-bon genre.  Etre le fils prodigue, cela a ce goût de révolte et de pied-de-nez aux conventions qui me manquent si cruellement.  On craint ces rebelles qui se sont mis en marge de la société, on plaint ces asociaux, on critique ces saltimbanques du train-train quotidien.  Personne pour les admirer, les encenser ou les comprendre.  Ils sont coupables, point barre.

Et Ici-Haut, tout cela se confond dans un concert de pardon et de gentillesse qui dédouane les moutons noirs et qui ne leur donne plus envie de recommencer, une fois morts.  Pitié !  Il faut quand même bien que le Paradis soit autre chose que ce bonheur éternel, autre chose qu’un vaste jamboree où les Anges passeraient leur éternité à faire des BA !  Pour l’enfer que vous me faites vivres, Unités Carbones, je ne vous aime définitivement plus.

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

*oo* Etre le mouton noir, on ne le choisit pas à la base, c'est dans le caractère...et pour moi c'est un bienfait, une liberté, une prise de conscience....
Mais ça isole aussi terriblement...

Bisous Alex, belle soirée :-)

Écrit par : Loo | 31/07/2008

je passe par ici je ne comprends rien du tout, mais je reviendrai

Écrit par : youri | 01/08/2008

~Sagesse...~ Ne rien savoir est le début de la Sagesse.
Tu es sur un blog littéraire, Youri. Lire et relire sont les clefs de la compréhension de mes articles.
Bienvenue et excellente découverte.

Écrit par : Damabiah | 02/08/2008

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