31/08/2008

741ème jour au Paradis...

Dimanche…

 

j_ai_un_secret

 

Quand j’ai vu arriver mon ange céleste, mon amour d’angelote, l’auréole échevelée et toutes ailes dehors, j’ai commencé à m’inquiéter.  Quand j’ai vu son air de conspiratrice et son regard brillant, j’ai commencé à paniquer.  Messieurs, soyons lucides : lorsque une femme, toutes natures confondues, vous regarde ainsi, vous pouvez être certain que cela donnera quelque chose du genre : ‘tu ne le croiras jamais !’ ou ‘j’ai un secret à te confier’.  Et là commenceront les ennuis.

Selon toute logique, un secret n’en est pas vraiment un, puisqu’il implique que celui qui le révèle met dans la confidence celui qui en devient le dépositaire.  Terrible paradoxe que ce ‘je vais te confier un secret’.  Nous traînons nos secrets comme autant de pesants boulets et de fardeaux encombrants.  Quelle torture que de passer son temps à se surveiller, à éviter la moindre allusion, le plus petit indice ou le sous-entendu malheureux.  Nous prions aussi pour ne pas croiser le regard ou le chemin de la personne à l’origine du secret.  Pour alléger notre conscience, nous pouvons toujours nous rabattre sur le secret (encore !) du confessionnal ou le secret médical mais si cela soulage à court terme, ce n’est qu’un cautère sur une jambe de bois.

Pour que demeure le secret, il faudrait taire jusqu’au silence.  Mais dans nos sociétés capitalistes, au pouvoir d’achat dégringolant, si le silence est peut-être d’or, la parole est d’argent.  C’est plus pratique.  Soit dit entre nous, un secret n’est-il pas rien d’autre qu’une forme subtile de déni de ses responsabilités, le besoin atavique de s’ôter un poids de la conscience, une volonté de se dédouaner en minimisant une faute commise, une pensée interdite ?  Dans le meilleur des cas, il ne faut confier son secret qu'à celui qui n'a pas cherché à le deviner.  Et qui ne vous jugera pas.  C’est affreux de connaître le secret de quelqu’un et de ne pas pouvoir l’aider.  Voltaire affirmait sagement que dire le secret d’un autre est une trahison, dire le sien est une sottise.  Vérité vraie.

Dans cette course au silence, la plupart des femmes semblent mieux armées pour divulguer secrets et ragots plutôt qu’à les taire.  J’ai bien dit la plupart, car certaines deviennent muettes comme des tombes, conservant jalousement le secret dans le coffre-fort de leur mémoire, au point d’oblitérer le secret lui-même.  Sacha Guitry disait que c'est une erreur de croire qu'une femme peut garder un secret. Elles le peuvent, mais elles s'y mettent à plusieurs.  Or donc, la majorité des femmes (et tous les hommes, car nous sommes des êtres faibles et lâches par nature) prennent un malin plaisir sadique à tenter de mettre dans la confidence un maximum de personnes dans le vain espoir de diminuer d’autant le poids des cachotteries embarquées. 


Alors, quand on me voit m’éloigner de toute forme de secret avouable ou inavouable, ce n’est pas faire preuve de pusillanimité mais bien de sagesse.  Pour vivre heureux, vivons l’esprit tranquille.  Je n’ai pas gagné mon Paradis pour m’encombrer de certaines contingences qui faisaient le malheur de l’humanité !  Je terminerai par cette phrase de Vladimir Jankélévitch : ‘quand on pense à quel point la mort est familière, et combien totale est notre ignorance, et qu'il n'y a jamais eu aucune fuite, on doit avouer que le secret est bien gardé !’.  Je ne vous le fait pas dire !

A bientôt, les Mortels !

12:55 Écrit par Damabiah dans Humour | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : secret, confidence, sarah, cachotterie, damabiah, humour, pensees |  Facebook |

30/08/2008

740ème jour au Paradis...

Samedi…

 

rentree_des_crasses

 

La planète Terre ne respire encore correctement qu’avec un poumon atrophié.  A quand le besoin d’un poumon d’acier ?  Voilà le prix à payer lorsque Mère Nature leur permet de jouer inconsidérément avec les allumettes.  Enfants turbulents, irrespectueux et trop gâtés, les Humains ont joué avec le feu, ils ont flambé leur capital-survie et ils ont lourdement hypothéqué leur biosphère.  Même leur prise de conscience tardive aura eu des conséquences inattendues.

Une étude de l’Université du Colorado a ainsi démontré que la couche d’ozone se reforme petit à petit au Pôle Sud et qu’elle engendre paradoxalement un… réchauffement de la température au-dessus de l’Antarctique !  Les Unités Carbones luttent contre la pollution qu’ils ont maladroitement engendrée et leurs efforts auraient les effets contraires à ceux recherchés ?  Tout simplement incroyable !  Mais avant de lutter contre toute forme de pollution atmosphérique ou industrielle, les Humains ne devraient-ils pas combattre d’autres souillures, tout aussi nuisibles ?

La pollution sonore est franche et constante.  Le bruit, c’est la vie.  Du moins celle des citadins, de plus en plus compactés dans des centres urbains qui poussent, tels des champignons.  Les campagnes s’invitent dans les villes, alors que les villes rêvent de s’évader à la campagne.  Et le dénominateur commun à toutes les mégapoles, à toutes les métropoles, c’est le bruit.  Parfois tellement puissant qu’il en devient fond sonore.  Mais la conurbation n’est pas seule en cause : je plains les pauvres voisins des aéroports, des voies ferrées express ou des routes très fréquentées.  Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit.

La pollution visuelle est moins évidente, parce qu’insidieuse.  Ses détracteurs l’appellent ‘matraquage’ mais le résultat est le même.  Impossible de penser par soi-même, de respirer un instant, les médias ont pris possession de notre espace de vision et d’écoute.  Combien de citoyens lambdas, vierges de toute ritournelle à l’entame de leur journée de travail, ne partent-ils pas à l’école ou au boulot avec, sur les lèvres et dans leurs pensées, ce petit refrain idiot qu’une radio leur a mis en tête ?  Combien d’Etres Humains ne regardent-ils pas des images cruelles, horribles et  terribles que leur déversent les journaux télévisés ?  Certes, ils pourraient zapper, mais c’est la même curiosité morbide qui les fait ralentir à l’approche d’un accident pour mieux voir se qui s’est passé.

La pollution intellectuelle est, à mes yeux, la pire de toutes.  Elle permet à des démagogues sans foi ni loi, à de beaux parleurs propres sur eux, de contrôler à distance votre inconscient et, par extension, votre conscient.  Qu’ils soient politiques, religieux, philosophes ou anarchistes idéalistes, ils partagent la même envie de manipuler les foules.  Nous sommes en face d’un Stratego à l’échelle mondiale, nous assistons à un jeu d’échec sordide où les pions sont humains et les joueurs aussi.  Aucun respect de l’individu et de son libre-arbitre, aucune pitié à attendre d’eux.  Le pouvoir des mots est terrible et ils les utilisent comme des armes.  Personne ne peut en sortir indemne.

Gilbert Cesbron disait qu’il avait connu un temps où la principale pollution venait de ce que les gens secouaient leur tapis par la fenêtre.  Elle est bien loin, cette époque-là !  De nos jours, les diverses pollutions sont ce qui définit le mieux le genre humain.

A bientôt, les Mortels !

13:11 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : pollution, ecologie, bruit, ozone, damabiah, humour, pensees |  Facebook |

24/08/2008

734ème jour au Paradis...

Dimanche…

 

chauvin

 

Les Jeux Olympiques sont une superbe agora sportive où communient à l’unisson les sportifs en pantoufles et les athlètes du dimanche.  Quand la fibre patriotique vibre aux exploits des champions de son pays, la larme vous vient naturellement à l’œil, l’émotion vous étreint le cœur et c’est tout un peuple qui partage la joie et le bonheur des athlètes.  Ils sont aux anges et nous, les Anges, nous communions avec tous ces peuples réunis, le temps d’un exploit, l’espace d’une médaille, autour d’une fierté tout-à-fait compréhensible.  Mais quand l’orgueil se transforme en chauvinisme forcené, alors là, je crie au loup.

Le chauvinisme est la part obscure de la sportivité, c’est ce qu’on devrait dissimuler parce que l’objectivité ne domine plus son sujet.  La volonté de gagner, par champions interposés, aveugle souvent certains spectateurs.  Ils mettent leurs vedettes sur un piédestal tout en les mettant sur la sellette, les poussant à l’exploit quotidien, à la performance obligatoire pour ne pas décevoir tout un pays.  Ce n’est pas forcément parce qu’il est le plus beau, le plus fort et le plus titré que le champion peut se targuer d’être le gagnant avant même d’avoir concouru.  La belle et cruelle incertitude du sport laisse la porte ouverte à tous les cas de figure, même les plus inattendus. 

Réunis autour d’écrans géants, disséminés à travers le Paradis, nous avons été tout aussi attentifs aux exploits et aux records qu’aux commentaires qui les illustraient.  Force est de constater que certaines nations ont poussé très loin le chauvinisme, au point d’occulter les résultats de la concurrence pour s’apitoyer sur les malheurs de leurs couleurs.  Je suis resté abasourdi devant les propos de tel athlète affirmant que s’il ne gagnait pas la médaille d’or, ses Jeux seraient un échec lamentable.  Et les commentateurs ne sont pas restés en reste, maudissant les arbitres, fustigeant l’incompétence flagrante des officiels ou dénonçant les tricheries abusives des adversaires de leurs champions. 

A croire que la défaite est synonyme de mort.  Je peux comprendre qu’on puisse râler parce qu’on n’atteint pas ses objectifs, après plusieurs années d’efforts et de sacrifice mais de là à cracher sur une médaille qui ne soit pas du métal le plus précieux est quelque chose d’indigne.  Et je ne parlerai même pas de cet athlète ayant jeté rageusement au sol sa médaille de bronze parce qu’il n’était pas d’accord avec les décisions arbitrales.  Lamentable.  La compétition englobe une série de paramètres dont n’importe quel entraînement ne peut venir à bout : la défaite face à un Ouzbèke inconnu, le moment de grâce d’un champion honorable mais pas de renom, la victoire d’un outsider qui cause la surprise.  C’est ce qui fait la beauté du sport et qui n’en fait pas une science exacte.  Heureusement.

Il faut que les lauréats savourent simplement le bonheur d’une médaille.  Cela n’arrive que tous les quatre ans.  La défaite devrait leur apprendre l’humilité mais le chauvinisme corporatif, attisé par des commentateurs et des supporters au nationalisme exacerbé montent rapidement au cerveau d’athlètes à qui on ressasse sans fin qu’ils sont les meilleurs et qui pensent naïvement qu’ils le sont, puisque les médias n’arrêtent pas de le dire.  C’est sur le terrain que l’on fait ses preuve, pas sur papier ou à la télévision.  Que les chauvins se taisent donc et laissent la parole au sport.  C’est lui qui aura toujours le dernier mot.

A bientôt, les Mortels !

17/08/2008

727ème jour au Paradis...

Dimanche…

 

metaphysique_sportif

 

Cinq petits anneaux comme autant d’auréoles, des médailles de trois métaux qui brillent au firmament de la gloire et voilà les Mortels qui redécouvrent, le temps d’un été riche de titres, de records et d’émotions, le bonheur des Jeux Olympiques.  Mais comme elle semble loin, cette trêve olympique qui suspend les conflits en cours.  N’est-ce pas Géorgie ?  Mais c’est si loin, ce pays-là…et la baisse du pouvoir d’achat n’est-il pas plus important, aux yeux des sociétés occidentales ?  Cependant, je pratiquerai moi-même une trêve olympique en ne polémiquant pas sur le sujet. Je veux développer aujourd’hui la magie de cet état d’esprit qui dirige les sportifs et qui leur demande de se sublimer.  Car parfois, par la magie de paroles heureuses ou malheureuses qui dépassent souvent leur pensée, certains athlètes deviennent soit des philosophes du sport, soit des catastrophes ambulantes. 

Les Anges ne sont que des sportifs en pantoufle, c’est bien connu. Et, bien entendu, ils se sentent investis d’une mission divine, comme tout supporter qui hurlera ‘on a gagné’, comme si c’était lui qui avait sué sang et eau pour gagner.  Nous jetons un regard ironique sur les sportifs en nous disant que si tout le monde aime gagner, combien aiment s’entraîner ?  Des athlètes voient la victoire comme les bornes d’une autoroute sans fin et je veux bien les croire !  Ils peuvent toujours améliorer un record mais on peut toujours faire mieux.  Malheureusement, le stress engendré par la pression fort peu discrète exercée par les médias et l’importance des enjeux fait craquer les colosses les plus solides et grippe les mécaniques les mieux huilées.

Le sportif de haut niveau a la hargne du pit-bull associée à une motivation de bombardier lourd.  Pour lui, les gens humbles ne vont jamais très loin.  Il n’y a que le champion qui compte ; une troisième place, c’est quelque chose d’inachevé.  Les athlètes sont des cyniques nombrilistes, égocentriques et paranoïaques.  L’ivresse du haut niveau vous coupe le souffle et elle vous oblige à chercher votre respiration au-dessus de la foule.  Difficile, dans ces conditions, de garder les pieds sur terre et de s’avouer que la défaite existe.  Epreuve cruelle qui peut devenir une gifle salvatrice pour les arrogants de niveau mondial.  Combien le comprendront-ils ?  Combien en tireront une leçon salvatrice ? 

A contrario, il existe des sportifs dont les neurones ne sont pas nécessairement que dans les biceps.  Certains voient dans le sport, un dépassement de soi. Le sport est une école de vie.  Pour faire un bon vainqueur, il faut être un bon perdant.  Là réside toute la difficulté. Le sportif sage (en existe-t-il ?) doit apprendre plus de ses propres défaites que des défaites des autres. Constamment, il faut que les athlètes essaient de perfectionner leurs points forts et de cacher leurs faiblesses.  Fragile en dehors des terrains, des stades, des pistes et des tatamis, d’accord.  Jamais en compétition.  Une de clés du succès est la confiance en soi.  Une des clés de la confiance en soi est la préparation.

Les valeurs olympiques, chères à Pierre de Coubertin, en prennent un sérieux coup de stéroïde et de dollars, dans une compétition qui se voulait ‘amateur’.  Les sportifs sont plutôt amateurs de dopage, de comptes en banque bien garnis et de tripotages politiques.  Les sensations fortes ne sont pas dans la victoire mais dans l’action.  Mais comme le disait Joseph-Antoine Bell : ‘l'unité de valeur de la réussite, ce n'est ni le franc ni le dollar. C'est un rapport entre la satisfaction et le projet’.

A bientôt, les Mortels !

12/08/2008

722ème jour au Paradis...

Mardi…

 

impressions01

 

‘Mes chers parents,

Je sais que vous écrire cette lettre est ridicule parce que vous ne la recevrez jamais mais L’Ange thérapeute qui s’occupe du stress du Grand Passage m’a affirmé que cela soulageait d’écrire ses impressions à ceux que l’on aime.  Peut-être parviendrais-je à trouver Ici l’adresse d’un bon médium qui parviendra à entrer en contact avec vous et qui vous délivrera mon message mais Ici, on rigole gentiment de la naïveté dont je peux faire preuve.  L’argument qui tue est d’affirmer que quand on est mort, on est mort.  Il m’est encore bien difficile d’accepter cette situation.

Je sais que vos convictions religieuses ont été sérieusement ébranlées par l’injustice dont a fait preuve le Bon Dieu en me rappelant à lui aussi rapidement.  Peut-être serez-vous soulagés de savoir que le Bon Dieu n’existe pas, du moins en tant que tel.  Il a plutôt pour nom Destin, Fatalité ou Karma.  Et que le Paradis tient plus d’une de nos grandes cités modernes occidentales, gérée comme une entreprise par un patron que tout le monde nomme Grand Ordonnateur.  Pas de prosélytisme, aplanissement des querelles idéologiques et tensions religieuses éliminées.  Les croyants ont du mal à l’accepter.  Au début.

Ici, tout le monde est gentil avec moi.  C’est comme si on accueillait un membre éloigné de la famille qui aurait longtemps vécu à l’étranger.  Nous sommes loin des préjugés de tonton Thomas qui hurle au scandale et à la mort, qui pleure sur son sort et qui fait grise mine, pour ne pas dire rage noire sur chaque cousin lointain qui fait brusquement son apparition et qu’il faut héberger, blanchir et nourrir.  Ici, c’est l’esprit des Auberges de Jeunesse, au début du séjour et ensuite le coup de pied aux fesses pour nous sortir du nid et pour voler de nos propres ailes.  Ailes discrètes mais indispensables pour se déplacer sur de longues distances.

Question loisirs, c’est dur de mourir jeune et de se retrouver au Paradis.  Ce n’est ni le Paradis Latin ni le Cinéma Paradiso ou le Parc Paradisio.  La Céleste Demeure a été dessinée par des adultes cultivés pour des adultes cultivés….ou cultivateurs.  Ici, c’est fou l’amour des belles plantes, des belles choses et des belles lettres.  Les jeunes s’ennuient ferme, à moins d’adhérer à la philosophie ambiante du ‘bien parler pour bien transpirer intellectuellement’.  Moi qui étais limite flemmard, je suis gâté.  Les filles sont jolies mais elles nous inspirent toutes un amour platonique et une passion polie.  Je connais des séducteurs qui auront intérêt à manger leur pain blanc de leur vivant.  Le Paradis leur semblera un enfer !

Les coups de blues sont omniprésents et la population locale fait tout son possible pour les chasser en tentant de recréer à l’identique les conditions de vie comme de leur vivant.  Bilan des opérations : la neurasthénie se fait plus intense et si les larmes ne coulent plus de nos joues, nos cœurs sont gros et nos soupirs profonds.  ‘Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire’, prétend un dicton populaire.  Mais les dictons ne valent rien, Ici.

Arrêtez de pleurer, mes chers parents.  Monsieur de Montaigne avait raison de dire que la mort ne vous concerne ni mort ni vif : vif parce que vous êtes ; mort parce que vous n'êtes plus.  Je vous aime très fort, mes chers parents’. 

A bientôt, les Mortels !

05/08/2008

715ème jour au Paradis...

Mardi…

 

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De mon perchoir nuageux, je me sens l’âme d’un scientifique en train d’observer un univers en miniature au travers de son microscope.  Les homoncules qui se démènent dans tous les sens loin, très loin de ma béate sérénité me semblent souvent si bizarres et si imprévisibles que je défie tout chercheur de qualité de me prouver que l’anthropologie est une science exacte.  Pour illustrer ma thèse sur l’imprédictibilité de la nature humaine et son goût de l’irrationnel, je vais vous parler aujourd’hui de la publicité.  Ou plutôt de l’art de vendre son produit en le détournant.  Au point de le rendre parfois…surréaliste.

Au commencement étaient les annonces commerciales.  Brut de coffrage, allant droit à l’essentiel et utilisant des accroches qui frisaient le poétique : ‘Du bon, du bon, Dubonnet’, ‘On a toujours besoin de petits pois chez soi’, ‘Vahiné, c’est gonflé’, etc…  Epoque héroïque où les brainstormings actuels n’existaient pas encore et où le produit l’emportait sur le message.  Heureux temps préhistoriques qui ne pouvaient pas prévoir que la société de consommation allait changer la donne, remodeler les échelles de valeurs et réinventer les moyens de vendre les marchandises, quelles qu’elles soient.

Vint alors la Publicité, balayant les anciens concepts, dépoussiérant les méthodes ancestrales de vente et ne reculant devant aucun slogan provocateur pour appâter le client.  Affiches gigantesques, femmes nues, publicités subliminales, spots télé à outrance, omniprésence dans les médias, matraquage de masse.  Bref, on était passé du tortillard de bon-papa au bolide customisé du petit-fils.  Les programmes télé étaient débités en pauses publicitaires comme autant de saucissons sur les étals des charcutiers.  La saturation n’était pas loin et l’overdose de seins, de fesses, de voitures, de lotions, et que sais-je encore, guettait le citoyen lambda.  A ce moment, les publicitaires eurent l’idée des réclames intelligentes, drôles ou intellectuallisantes.  On demandait au consommateur un effort de réflexion, donc de concentration, donc d’attention.  Simplement génial !

Et cela a donné des merveilles de surréalisme.  Pour peu que le client soit influençable ou tout simplement crédule, il croira que si c’est présenté, c’est que cela existe.  Cela engendrerait des catastrophes.  Je ne citerai pas de marques, mais les fils et filles de la pub que vous êtes y mettront rapidement un nom.  Ainsi, personne ne songera à déranger la sympathique compagnie de pompier chargée d’éteindre le feu dans nos intestins et de veiller sur nos parois gastriques.  De même, vous considérez avec plus de respect le distributeur de soda qui vous délivre votre commande, quand on sait que dans la chaîne de distribution interne, il y a un monde fou qui y travaille et qui fait un sacré boulot.  Voudrez-vous manger un jour ce homard crooner et son chœur de poissons qui réclament de l’eau minérale ? Chasserez-vous ces marmottes laborieuses qui distribuent si adroitement les commandes d’un chocolat suisse ?

Dans un autre registre, saviez-vous que les habitants de la très huppée Beverly Hills rangent sagement leurs grosses et coûteuses voitures, une fois les touristes passés, pour enfin prendre leur VRAIE voiture : une française, évidemment ?  Et je terminerai par cette campagne de pub pour un déodorant masculin qui rend ir-ré-sis-ti-ble auprès des dames tout mâle qui le porte.   Je l’ai essayé de mon vivant et je dois avoir fait une fausse manœuvre parce que cela ne fonctionnait absolument pas avec moi !  Trop tard pour me faire rembourser, je pense ! 

A bientôt, les Mortels !

12:50 Écrit par Damabiah dans Humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : pub, publicite, reclames, damabiah, humour |  Facebook |

01/08/2008

711ème jour au Paradis...

Vendredi

 

hommes_animaux

 

Je vous présente mes excuses pour l’exercice de démoralisation systématique déclenché par ce pique-assiette (dans le cas présent pique-portable) de Dennys.  Voilà ce qu’il en coûte de s’absenter quelques instants, en laissant son matériel à la portée du premier quidam venu.  Cet animal doué de déraison ne peut s’empêcher de fourrer son nez dans les affaires des autres… Avec lui, les théories évolutionnistes darwinistes en prennent un coup.

A ce propos, et voyant ce qui se passe sur cette bonne vieille planète Terre, je trouve que la Théorie de l’Evolution des Espèces a pris du plomb dans l’aile : faire descendre l’Homme du singe n’est vraiment pas un compliment pour le singe.  Je n’ose imaginer les réflexions que nos frères ‘inférieurs’ ont entre eux, quand ils évoquent notre souvenir.  Nous sommes certainement loin de remporter la palme de la popularité et s’ils pouvaient se défendre à armes égales (certaines espèces le font mais elles sont marginales), l’espèce humaine serait, à coup sûr, parmi les races les plus proches de l’extinction.

Rares sont les expressions où l’Homme a mis en valeur les qualités des animaux, à part la taille de guêpe et la douceur de l’agneau.  Certains comparatifs que d’aucuns trouveraient flatteurs sont, en fait, des critiques déguisées.  Ne dit-on pas rusé comme un renard ou malin comme un singe, pour vanter l’astuce de ces deux races, tout en soulignant la fourberie ?  Et être comme un poisson dans l’eau, est-ce vraiment positif, connaissant la pollution et la raréfaction actuelles des espèces aquatiques ?  Je ne parlerai même pas de ceux qui sont ‘fier comme un paon’.  Toute la bêtise humaine est résumée dans cette expression où le malheureux volatile ne fait que se mettre en valeur pour perpétuer l’espèce, et non pour se vanter de ses atours.

Mais dès que quelque chose de mauvais, de sale, de triste, de dangereux existe, les Unités Carbones cuisinent les animaux à toute les sauces : le froid sera nécessairement de canard, la fièvre de cheval, la tête de linotte, le nid de poule, le bavardage de pie, la chair de poule, les larmes de crocodile, j’en passe et des meilleures.  A ce titre, les Humains ont fait montre d’une imagination débordante et leur bestiaire est très loin d’avoir été épuisé.  Mais rira bien qui rira le dernier : certains ont défini l'homme comme "un animal qui rit". Ils pourraient aussi le définir justement comme un animal dont on rit.

Parce que le ridicule ne tue pas.  Mais qu’y peuvent les lombrics quand un homme est nu comme un ver ?  Depuis quand les lépidoptères contrôlent-ils le temps quand un Mortel s’écrie ‘minute papillon’ ?  Quel batracien peut se targuer d’intégrisme religieux quand on en fait une grenouille de bénitier ?  Et nos amis canins sont-ils tristes, au point de vivre une vie de chien ?  Se moquer de ses semblables est le propre de l’Homme.  Heureusement ou malheureusement, c’est selon.  Mais piocher dans une imagerie populaire où l’animal serait complice, coupable ou vecteur des moqueries, des tracas et des malheurs de l’homme est une insulte à nos frères à deux pattes, quatre pattes, voire plus.

La supériorité de l'animal sur l'homme, c'est que chez l'animal il n'y a pas de politiciens, de bureaucrates et de chefs d’entreprises.  Grand bien leur fasse !

A bientôt, les Mortels !