01/09/2008

742ème jour au Paradis...

Lundi…

 

rentree_sans_papiers

 

Il y a un an, presque jour pour jour, j’évoquais les tracas, plutôt le drame, qui frappait les demandeurs d’asile privés de papiers pour continuer leur existence.  Car dans toute société mortelle, moderne et démocratique (qui rime lamentablement avec bureaucratique), ne pas avoir de papiers d’identité ou de travail est synonyme d’inexistence sociale, d’insécurité permanente et d’ennuis assurés. Comment les Etres Humains ont-ils pu en arriver à se faire écraser par les rouages d’une bureaucratie omniprésente et omnipotente ?

La plus grande et la plus émouvante histoire serait l'histoire des hommes sans histoire, des hommes sans papiers, mais elle est impossible à écrire.  Car les règles en ont été faussées et truquées, dès le début.  Au commencement était la liberté de circuler sans qu’une frontière ne vienne interrompre les flux migratoires.  Mais au fur et à mesure de la sédentarisation des populations, un sentiment nationaliste exacerbé a grandi, nourri par des siècles d’habitation prolongée.  Des barrières invisibles mais néanmoins bien tangibles se sont dressées, empêchant les migrations spontanées et aléatoires.  Le sens de la propriété foncière a été élevé au rang de vertu cardinale et les dirigeants ont brandi l’étendard de la défense du territoire.  Ainsi s’en terminait une page historique de la liberté géographique.

Les Unités Carbones vivent dans un drôle de monde, où chacun est prêt à fermer les yeux sur la présence de gens sans papiers, tant que ceux-ci ne dérangent pas leur petit train-train quotidien où que leur voisinage peut leur être profitable, d’une façon ou d’une autre.  C’est une forme subtile d’esclavagisme moderne : ‘fais ce qu’on te dit de faire, sinon nous te renvoyons dans ton pays’.  Et la menace fonctionne parfaitement.  Des familles entières, fuyant un régime totalitaire, tortionnaire, sanglant, où la liberté de parole n’appartient qu’aux nantis, se retrouvent à la merci de gens sans scrupules, indifféremment traités de ‘négriers’ ou de ‘passeurs’.

Et quand de braves gens, travailleurs acharnés mais exploités, quand des jeunes gens studieux et volontaires, aspirent à la citoyenneté dans le pays qui les héberge, tout le monde se met à faire la fine bouche.  Des gratte-papier anonymes et consciencieux fouinent et fouillent, les avocats du gouvernement creusent et sondent. Tout ce petit monde parvient à trouver le moyen d’expulser manu militari des innocents.  J’ai honte pour vous, Mortels.  Surtout que contre monnaie sonnante et trébuchante ou célébrité conquérante, certains bénéficient d’étonnants et inqualifiables passe-droits. Candidats à l’exil, il vaut mieux s’abstenir de papiers que d’en donner des faux, ce qui vous coûterait la prison, en plus de l’expulsion.

Une vie décente ne mérite d’être vécue que grâce à l’argent, à du travail et à des papiers en règle.  Voilà les trois préceptes de base qui font le citoyen moderne lambda.  Hors de cela, point de survie.  Ainsi, je crains fort que si une vie extra-terrestre (hormis les anges) existe, elle serait vertement accueillie au son de sonores ‘vos papiers’.  Et pour s’installer durablement sur la bonne vieille Planète Bleue, elle n’aurait que l’usage de la force pour y arriver.   Faites que cela ne se produise jamais, amis Ephémères.  Je doute fort que les extra-terrestres vous acceptent longtemps sur leur territoire !  Question de validité de papiers, j’imagine.

A bientôt, les Mortels !

17:14 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pensees, damabiah, sans-papiers, rentree |  Facebook |

Commentaires

*oo* Et quand on sait que les sans-papiers sont en plus au bout du rouleau....;-)

Sorry, je n'ai pas pu m'empêcher de faire un jeu de mot malgré le sujet sérieux et toujours d'actualité.
Superbe texte Alex !

Belle journée à toi, bisous :-)

Écrit par : Loo | 03/09/2008

Les commentaires sont fermés.