06/09/2008

747ème jour au Paradis...

Samedi…

 

tyrannie_des_horaires

 

Difficile d’effacer une vie terrestre d’habitudes en tout genre et de contraintes permanentes.  Alors que le Paradis devrait être le sanctuaire de la dolce vita, de la méditation transcendantale et du farniente permanent, nous passons notre éternité à courir dans tous les sens, en veillant à respecter scrupuleusement les horaires.  Nulle part ailleurs sans doute, la notion d’heure et de ponctualité n’aura été autant d’actualité.  La ponctualité n’est plus un impératif mais un art de vivre…après la mort.

La montre molle est une invention de Salvador Dali, particulièrement adaptée aux horaires souples et aux journées élastiques, mais inutilisable quand les temps sont durs.  Et le scrupuleux respect des horaires amène chaque individu à un niveau de stress permanent, où il garde un œil sur sa montre, l’autre sur son planning…et un troisième sur le chemin qu’il emprunte.  Il existe ainsi une loi de Murphy aussi drôle que malheureusement exacte : quand vous précisez bien à un correspondant de ne pas vous téléphoner trop tôt le matin en été, il part en vacances à l'autre bout du monde, et, troublé par le décalage horaire, il vous appelle à 6 h du matin.

Ne faites jamais attendre quelqu’un pour passer le temps : l’exactitude est la politesse des montres.  Bien souvent, les gens conçoivent des horaires stricts, détaillés et précis, dans le seul but de ne pas les respecter eux-mêmes.  Pression émotionnelle profonde et ravageuse car, à force de remontrances et d’avertissements, le travailleur lambda, trop soucieux d’observer son horaire, finira par ne plus le voir. Quand la liberté de mouvement est entravée par une série de chiffres, d’heures et de tâches, le travail devient galère et le salarié devient bagnard.  

Tous les humains ne sont pas égaux devant les horaires.  De subtiles différences, comme l’ancienneté, le grade ou les compétences peuvent influer sur la conception d’un tableau-horaire de prestations qui, de toute façon, ne sera au goût de personne.  Et quand le Mortel doit faire face à des horaires annexes qui rythment son existence, il y a alors péril en la demeure, si leur fréquence devient arythmie.  Sport mondial avéré, le non-respect des horaires des transports en commun alimente quotidiennement les conversations.  Mais ce qui était, au départ, une particularité singulière des pays méridionaux, champions toutes-catégories des horaires à géométrie variable, s’est transformé, au fil du temps, en phénomène planétaire.

Les Unités Carbones, éternelles râleuses devant l’Eternel, se plaignent d’abondance du temps béni où la vie semblait douce, lorsque les horaires, les plannings et autres organizers ou PDA ne faisaient pas encore la loi et ne dictaient pas encore les comportements à adopter.  Certes, si structurer sa vie permet de ne pas s’évaporer dans tous les sens et permet aux moins organisés et aux plus distraits de suivre une ligne de conduite structurée, respecter à la lettre et à la seconde près un horaire aussi strict qu’un régime draconien bride l’initiative personnelle et ravale la personne au rang de robot programmé.

Je hais les horaires, surtout quand ils me sont défavorables ou construits par des personnes qui remplissent les vides les plus intéressants pour elles-mêmes et qui complètent le reste au petit bonheur la chance.  Là-dessus, je vous quitte, mon planning est très chargé…

A bientôt, les Mortels !

12:36 Écrit par Damabiah dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : heure, horaires, planning, damabiah, pensees |  Facebook |

Commentaires

Bonjour, Je vous souhaite un excellent w.e

Écrit par : DePa | 06/09/2008

*oo* Ah les horaires et moi...j'en ai pas, ni pour manger, ni pour aller dormir, et arriver à l'heure, c'est très dur, une lutte constante !

Bisous Alex, belle journée :-)

Écrit par : Loo | 07/09/2008

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