08/09/2008

749ème jour au Paradis...

Lundi…

 

o_de_source

 

De par mes origines terrestres, je suis irrésistiblement attiré par l’hémisphère nord du globe, dont la fraîcheur du climat contraste avec la chaleur de ses habitants.  Tout me plait, là-bas : la géographie tourmentée, les eaux froides et poissonneuses, les bocages champêtres, la solide architecture et la riche histoire.  Mais quand je vois les gens du Nord râler sur leur été pourri, je peux tout autant les comprendre que les blâmer.  Car il est des terres où l’eau se fait aussi rare qu’un programme électoral respecté.

De pluie, de mer, gazeuse ou plate, elle donne la vie et coupe la soif. L'eau : n'en perdez pas une goutte ! Et partagez… Le déficit en eau de l’hémisphère sud rend parfois curieusement frileux les mieux nantis en nappes aquifères abondantes.  La générosité semble avoir des limites liquides.  Et des petits malins y vont de leurs propositions, afin de venir en aide aux pays pauvres en eau.  Prenons l’exemple de l'eau en poudre : il suffit de rajouter de l'eau pour obtenir de l'eau.  Simple non ?  Restons sérieux : espérer la venue massive de l’élément liquide dans certaines régions est illusoire. Le temps de l'attente ressemble au temps de la sécheresse ; toujours trop long. 

Boire est une fonction vitale mais quand l’eau vient à se faire rare, certaines populations doivent choisir entre deux terribles paradoxes : soit mourir de soif et manger à leur faim, soit mourir de faim et étancher leur soif.  Ou, dans le pire des cas, mourir de fin sans pouvoir étancher leur soif.  Choix inadmissible que beaucoup d’hyper-hydratés semblent vouloir oublier.  Gaston Bachelard a évoqué cette importance de l’aquosité en des termes très durs : ‘la mort de l'eau est plus songeuse que la mort de la terre : la peine de l'eau est infinie’.  Et quand les Mortels n’auront même plus l’eau de leurs yeux pour pleurer l’aridité de leur climat, les scandaleux gaspillages actuels en eau les frapperont, tels des poignards acérés.

Si La soif du coeur ne s'apaise pas avec une goutte d'eau, la soif de l’eau ne s’apaise pas avec un bref élan du coeur.  Les humains vont-ils en arriver à des marchandages où l’eau sera échangée contre du pétrole ou du gaz ?  Ils y arrivent tout doucement et la solidarité d’autrefois laissera la place à un marché juteux d’où sera absente toute forme de bénévolat aquatique.  Nous sommes peut-être les fruits d'une sécheresse, nés d'une transformation de l'environnement mais il ne faudrait pas, pour autant, que nous rendions sa sécheresse originelle à notre environnement.  Quand on songe à la masse de liquide qui nous entoure, il est vraiment regrettable que les industriels n’aient pas conçu une méthode simple et économique de transformer l’eau salée en eau douce.

L’eau seule est éternelle.  Tant qu’on ne songe pas à l’épuiser.  Déjà qu’elle se fraye un chemin difficile et périlleux dans l’entrelacs des roches qu’elle parcourt, pour nous parvenir fraîche et limpide, si les Unités Carbones s’ingénient à la gaspiller inutilement, elle reverra ses exténuants efforts à la baisse.  De nos jours, le chagrin est subsaharien et le bonheur est occidental ; l’avenir est liquide.  L’indifférence à la soif de tout un continent, c’est déjà une manière d’aridité.  L’eau est source de vie, l’épuiser est source de maux.  Mais comme Roger Lemelin, je reste optimiste : c'est l'eau du désert qui est la meilleure, parce qu'on la trouve sous l'aridité des sables.

A bientôt, les Mortels !

17:04 Écrit par Damabiah dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : secheresse, aridite, eau, pluie, boire, damabiah, pensees |  Facebook |

Commentaires

en fait... on peut vivre relativement longtemps sans nourriture et je dis relativement parce que les carences se font vite sentir. par contre impossible de survivre sans eau puisqu'elle compose la plus grande partie de notre organisme. les pays riches (en pétrole notamment) souffriraient de sécheresse mais justement, grâce au dessalement des eaux ils peuvent non seulement boire mais faire pousser fruits et légumes à profusion, avoir du bétail des jardins somptueux... dans les années 60, mon mari participait à une grande 1ère dans un CEA basé à Toulon à l'époque. il était jeune ingénieur débutant et était mis au point le principe du dessalement des eaux (ce qui explique le choix du site en bord de mer). de celà, une usine est née vendue à un pays arabe et tous ces pays disposent de çà . A Barhëïn bientôt par exemple, suez EDF livrera l'une de ces usines clés en main qui assurera l'électricité, la dépollution des eaux usées et le dessalement. beau programme si tout le monde pouvait en profiter. il faut dire que tout le monde ne dispose pas de pétrole et, il faut bien le dire aussi, tous les pays où sévit la sécheresse ne se situent pas en bord de mer. j'ajoute que ces usines sont grosses consommatrice d'énergie (du moins c'était le cas à l'époque) que le pétrole et ses dérivés fournissent.
bonne semaine Alex, bises!

http://libres2.skynetblogs.be

Écrit par : mimi | 09/09/2008

~Réponse à Mimi~ Témoignage et analyse édifiants, Mimi.
Je voulais juste mettre l'accent sur le déséquilibre hydrographique existant dans le monde. Et comme cela ne va pas sans épuisement de la nappe phréatique, le dessalement est LA solution d'avenir. Mais réponse bien onéreuse à des besoins pressants !
Bisous célestes, Mimi !

Écrit par : Damabiah | 09/09/2008

*oo* Le courage de la goutte d'eau, c'est qu'elle ose tomber dans le désert.

Ton post, super bien écrit, super important, me fait penser à cette goutte d'eau.

Belle nuit Alex, bisous :-)

Écrit par : Loo | 09/09/2008

belle pensée auquel je m'associe
bizz

Écrit par : anne | 11/09/2008

Bonjour,
e qui est valable pour l'eau rejoint aussi le problème de la famine pour certain et de l'opulence pour d'autres
Du haut des nuages, personne ne peut il réparer cette injustice géographie?
beau dimanche à toi

Écrit par : nanny | 14/09/2008

Les commentaires sont fermés.