27/09/2008

768ème jour au Paradis...

Samedi…

 

poésie_métaux

 

Le merveilleux paradoxe de la nature humaine pousse souvent les Mortels à agir dans le sens contraire de celui qu’ils avaient programmé, d’aimer ce qu’ils détesteraient en d’autres temps et de désirer ce qu’ils savent pertinemment ne jamais pouvoir obtenir.  Comment en serait-il autrement, venant d’êtres composés d’une masse énorme d’atomes chargés positivement et négativement, et qui s’entrechoquent dans un chaos total ?  Finalement, regarder vivre les Humains revient à se demander quel bout du ver nous observons réellement.

Ainsi en va-t-il de l’observation d’une subtile dépendance que les Unités Carbones nient farouchement : leur amour immodéré pour toute forme de breloque en métal, alors même que dans l’inconscient collectif, le métal est signe d’asservissement et de mort.  Asservissement par les chaînes ou le boulet que traînaient les condamnés.  Asservissement sentimental de l’alliance de métal, qui joint pour le meilleur et (surtout) pour le pire deux êtres.  Signe de mort, car de tout temps, depuis l’ère de bronze jusqu’aux civilisations post-industrielles, les armes ont contenu du métal : des épées aux lances, des fusils aux canons.

Mais l’être humain aime le métal parce qu’une fois manufacturé, il peut devenir bijou, symbole d’amour ou de pouvoir.  Les artisans y mettent tout leur savoir-faire, toute la passion humaine, vive et alerte, dans un objet inerte, dans une matière froide qui se réchauffe, au contact des sentiments humains.  Le métal a également été monnaie d’échange sinon monnaie tout court.  Mais attention : même si vous avez une volonté de fer, n’oubliez jamais que le métal rouille.  Et ce qui était merveille peut redevenir poussière.

Les peuples, comme les métaux, n’ont rien de brillant que la surface.  Cette union du vivant et de l’inanimé ne connait rien de plus intense que l’union charnelle entre les hommes et les pierres précieuses.  Et comme les humains sont une race intelligente et pratique, ils ont appris le triolisme, avant même que le terme ne soit employé : un ménage à trois où l’Ephémère n’en sort pas nécessairement gagnant : à une époque, l’or, ce métal qui se déguise en bijou, disait ‘j’achète tout’, au moment où l’épée de métal disait ‘je prends tout ‘. Le jour où l’acier fut trempé, il assécha le cœur de certains hommes pour faire saigner celui des autres.  Et le jour où l’or entraîna la folie des grandeurs, il appauvrit les petits pour enrichir les puissants.  Convergence des métaux, divergence des objectifs.

Les sentiments sont des métaux. Il importe d'en connaître la densité. Il importe également d'en connaître la température de fusion.  Et ils sont en même temps si fragiles, si proches de la rupture que ce n’est pas un bijou en acier qui parviendra à les remuscler.  L’homme est né libre mais il s’est lui-même enchaîné à un maître redoutable.  Car s’il y a une certaine poésie dans la façon dont réagissent les métaux aux manipulations humaines, les métaux savourent également la poésie qu’ils éprouvent à manipuler ces êtres crédules qui se croient leurs possesseurs. 

Le métal flatte l’ego, la coquetterie ou la violence qui sont en chaque individu.  Mais retenez cette leçon : ce n’est pas l’Homme qui domine le métal, mais bien le métal qui domine l’Homme.

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

*oo* Ca me plairait assez d'avoir des nerfs d'acier (et encore, pas sûr) et une santé de fer ;-)
A part ça, le métal, les bijoux et breloques en tout genre ne me feront jamais péter les plombs !

Bisous Alex, beau week-end :-)

Écrit par : Loo | 27/09/2008

La poésie Bonsoir Damabiah Très jolie photo et beau texte pour l'accompagner Bon week-end A+ Marcel

Écrit par : Marcel | 28/09/2008

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