28/09/2008

769ème jour au Paradis...

Dimanche…

 

admonestation_chasseurs_du_dimanche

 

Une admiratrice tourangelle (quel bel endroit que la Touraine) m’a signalé l’ouverture de la chasse dans ses contrées.  Fervente défenseuse de tout ce qui est à poils et à plumes, de tout ce qui brame, grommelle, gronde ou souffle, elle s’élève contre cette pratique barbare.  Tout le monde ne sera pas de cet avis, à commencer par les dragueurs, pour qui la chasse aux nanas est plus qu’un sport, c’est une question de survie.

Et question de survie, il en était bien question, à une époque lointaine où nos ancêtres devaient chasser pour survivre dans un milieu particulièrement hostile dans lequel ils disputaient leur territoire à moultes espèces qui ne leur voulaient pas que du bien et ils devaient encore chasser pour se nourrir et se vêtir.  La chasse semble donc être inscrite dans les gènes de bon nombre de mâles qui se dissimulent derrière ce mince paravent de traditions viriles et ancestrales pour justifier la pratique de leur sport favori.  La chasse a toujours été la distraction favorite des hommes de guerre en temps de paix, c'est-à-dire dans les périodes plus ou moins brèves où la chasse à l'homme n'est pas ouverte.

Il existe tout de même une chasse intelligente, responsable et respectueuse de l’équilibre des forces en présence, car protéger la faune, c’est aussi freiner une surpopulation effrénée qui réduirait les domaines de survie et qui obligerait les populations animales à chercher famine chez leurs voisins les humains, fort peu enclins à partager leurs terres avec des animaux sauvages.  La chasse devient alors contrôle qualitatif, sous la houlette de responsables formés sur le terrain et capables de savoir où, quoi, quand et comment réguler.  Ces conservateurs de chasse ont toute ma sympathie, moi qui suis, in extenso, un gibier à plumes.

Mais à côté de cela, il y a les Nemrod du dimanche, amateurs de boissons fortes, de gros calibres et de petit gibier.  Là, la chasse tourne au massacre et c’est miracle si un humain n’y a pas encore perdu la vie, parce qu’il courrait comme un lapin ou parce qu’il avait le caractère bourru d’un ours.  En réalité, combien de ces Actéon armés jusqu’aux dents et bourrés jusqu’à la gueule seraient-ils capables de rivaliser avec un cerf qui forlonge ses poursuivants, de suivre un vent de ressui ou simplement de tirer un sanglier qui s’embûche ?  Les amateurs passionnés et avertis préfèrent la chasse à la prise.  Ce n’est pas un tir à pipes pour beaufs de kermesse. 

C’est bien connu que les millionnaires font la chasse aux éléphants, les pauvres la chasse aux punaises.  Mais la chasse, c’est beaucoup plus qu’une montée d’adrénaline et la résurgence d’instincts millénaires : c’est la symbiose entre la nature et les Unités Carbones, la compréhension d’appartenir au même microcosme et de ne faire qu’un avec les éléments qui vous entourent.  La terre se nourrit d’empreintes, le ciel se nourrit d’ailes.  Mon seul bémol à la chasse reste la chasse à courre : quand un équipage, précédé d’une meute de chiens part à la conquête d’un trophée, au son des cors, du ‘taïaut’ et de l’hallali.  Ce n’est plus du sport, c’est un massacre programmé où l’animal n’a pas la moindre chance.  Et quand le gibier est un renard, aussi rusé soit-il, mes plumes se hérissent d’indignation.  Comme le disait Maurice Genevoix, la chasse au renard, c’est l’inqualifiable à la poursuite de l’immangeable.

A bientôt, les Mortels !

12:06 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chasse, gibier, pensees, chasseurs, touraine, damabiah |  Facebook |

Commentaires

*oo* La chasseurs sont nombreux dans ma région (Rochefort) et je l'ai en horreur. Sur le bord des routes, tu vois des grosses bagnoles et 4x4 rutilants, tu vois aussi des gros pansus en habits de chasseur dernière mode comme s'ils sortaient du magasin , pas une trace de boue, rien, nets et pimpants. Ils sont assis sur leur petit siège pliable, le fusil à la main, en attendant que les rabatteurs (des gens du coin) ne leur amènent le gibier traqué comme sur un plateau d'argent.
Je les hais. Je dis rarement ça mais je les hais, ces gros pansus, qui ne sont que rarement de la région.
Systématiquement je klaxonne quand j'en vois sur le bord des routes.
Puis il y a la chasse, celle destinée à réduire des espèces nuisibles comme les sangliers qui sont de véritables fléaux pour les cultivateurs, chasse ouverte toute l'année je crois. Cette chasse-là je l'approuve, c'est à peu près la seule.
Il y a la perdrix aussi dont le nombre continue de diminuer mais qu'on peut malgré tout tuer, je ne comprends pas... et tous ces animaux traqués, biches, cerfs, daims, lapins, chevreuils, quelle chance ont-ils de s'en sortir... si c'était d'égal à égal au moins...
Combien ne respectent pas les dates autorisées pour chaque espèce, le type d'armes, les heures prévues, etc....
Et combien fustigeant la chasse vont qd même se régaler aux fêtes de fin d'année d'un bon civet de biche ou de chevreuil...

Bon, j'arrête là ;-) Mais c'est un chouette post :-)
Bisous Alex, belle soirée !

Écrit par : Loo | 29/09/2008

oups... "je les ai en horreur"

Écrit par : Loo | 29/09/2008

A COCORICOOOOO....... Les gangsters de Chiny viennent te souhaiter un bon week-end, espérons que la météo sera de la partie et que nous ayons un peu moins de pluie. Pour ma part la formation continue tout doucement, mais comme ont dit « Qui va piano, va sano » Gros bixous et à bientôt xxxxx

Écrit par : Titine & Chacha | 04/10/2008

je ne suis pas chasseur, j'aimerais chasser, pas comme on le fait par ici, mais j'aime me mesurer, disons que ce serait une chasse animale avec le vrai instinct archaïque qui me relierait à une nature enfouie depuis l'ouverture des boucheries; peut-être qu'au dernier moment je baisserai mon arme et irai aux champignons, peut-être que je ne resisterai pas au cuisseau de cerf; je parle d’une vraie chasse pour mon estomac et celui de ma compagne parce qu'il n'y a pas de superette à moins de deux mille miles; je crois qu'on a tous çà en nous, les hommes, plus ou moins, parce que les abattoirs c'est pas non plus du joli; dans la baie de Somme ce ‘sport’ tourne au délire; là l'expression se faire canarder prend tout son sens, il vaut mieux ne pas y porter de plumes en cette période et ne pas parlementer sur le sujet avec les autochtones; la paranoïa est de tous les côtés les promeneurs, les chasseurs, les volatiles, les ecolos...j'avoue que rien que l’expression "marcassin sauce grand veneur "me fait saliver, je n’y puis rien même si je n’en ai jamais mangé…

Écrit par : youri | 04/10/2008

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