04/10/2008

775ème jour au Paradis...

Samedi…

 

ecole_dangers

 

Mais que se passe-t-il donc sur cette bonne vieille planète Terre ?  Je l’ai quittée depuis plus de deux ans et déjà, je ne la reconnais plus.  Pollution, corruption, révolutions, exterminations semblent rythmer le quotidien humain et alimenter la presse.  Il semble que mes semblables soient entrés dans une spirale maudite de violence, de haine, d’irrespect et d’incivisme que rien ne semble pouvoir freiner.

Un des derniers bastions de la paix, du savoir et du respect est en train d’être anéanti par des hordes de jeunes gens qui n’ont pour seule raison d’être que l’insolence, la colère et  le désœuvrement.  L’école est attaquée et ses maîtres martyrisés.  Au nom de quoi, je vous le demande ?  La société moderne a inconsidérément responsabilisé des adolescents mal préparés et leur a stupidement offert un statut d’adultes en miniature qu’ils ne sont pas.  Ils pensent en adultes mais agissent encore comme des enfants.  Pas toujours très sages.  Ils se prennent vraiment au sérieux mais jamais un ado n’agira pleinement en adulte ; s’y essayer, c’est se casser les dents et risquer le ridicule.  Leurs aînés ont ouvert la boîte de Pandore et ces jeunes, qui veulent vivre comme des adultes mais qui ne pensent que comme des gamins, sont devenus un fléau, un danger réel pour la société.

J’ai toujours dans la tête cette citation d’Ernest Renan : ’une école où les écoliers feraient la loi serait une triste école’.  Malheureusement le pire semble bien être arrivé, avec des rapports de force qui ont brutalement été modifiés.  Exit donc la bienveillante et parfois sévère autorité paternaliste des enseignants et des éducateurs, adieu le respect des maîtres.  Aujourd’hui, c’est comme si c’étaient les parents qui dictaient la cadence et qui dirigeaient les établissements scolaires.  Et leurs enfants mènent le bal.  Quand la violence devient le seul langage utilisé, nous sommes alors en présence d’un sinistre et évident constat d’échec.  Désormais, si vous voulez être respecté, commencez par être respectable et, en outre, assez costaud pour imposer le respect.

Les professeurs tabassés, les enseignantes violées, les maîtres menacés sont autant d’innocentes victimes d’une nouvelle forme de scolarité : le pouvoir aux menaces et à la brutalité.  Ce qui est le plus négligé dans nos écoles est justement ce dont nous avons le plus besoin dans la vie : respect de ses aînés et de ses condisciples, contrôle de soi et déférence envers les études, aussi fastidieuses soient-elles.  Mais trop de contraintes, trop de travail, trop de trop, pour nos chères têtes blondes les ont dégoûtés.  Eux qui n’ont des enseignants et des éducateurs que la seule image de l’autorité et de la répression.  Dans une civilisation de loisirs, où tout leur semble acquis, où il suffit qu’ils gémissent, hurlent ou tapent du pied pour obtenir tout ce qu’ils désirent, travailler est un mot barbare que les jeunes utiliseront avec parcimonie.

L’école du Savoir n’est plus.  Elle a été remplacée par une zone de guérilla urbaine, où enseigner est un combat de tous les instants.  Et où survivre devient le credo.  Loin des écoles-ghettos, les Mortels devraient lutter pour un retour aux valeurs qui ont fait les mérites de l’enseignement.  Les lois de la rue ne devraient pas franchir les grilles des établissements.  Victor Hugo avait coutume de dire que les maîtres d’école sont les jardiniers de l’intelligence.  Au vu des événements récents, un peu partout dans le monde, le jardinage n’a plus la cote.  Et l’intelligence semble avoir déserté le cerveau des adolescents depuis un bon moment.

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent pas compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne, alors c'est là (...) le début de la tyrannie"
(Platon)
Mais je ne suis pas d'accord pour un retour aux valeurs qui ont fait les mérites de l'enseignement, ce serait une régression, les temps ont changé, les moeurs et la vie aussi. Surtout qu'en ce temps-là, le système fonctionnait sur base de brimeurs et brimés, point, valorisant uniquement ceux qui réussissaient.
La discipline, oui, mais avec respect.
Et si c'était les parents qu'il fallait ré-éduquer aussi...
et la société...une jeunesse malade est toujours signe d'une société malade, quand on sait que la violence à l'école commence dès la maternelle, il y a de quoi sursauter non...

Belle soirée Alex et beau dimanche, bisous :-)

Écrit par : Loo | 04/10/2008

~Réponse à Loo~ Tu as parfaitement raison, Loo mais le débat sur l'enseignement, ses qualités et ses défauts reste un sujet sensible qui provoque des réactions épidermiques plus ou moins violentes (dans le sens intéressées) suivant l'individu.
Pour ma part, et avec le recul, je regrette cette 'école de papa' où chacun avait sa place dans une hiérarchie que l'on respectait.
Peut-être est-ce que je me fais vieux...Pour moi, la nostalgie a pour nom le bon vieux temps.
Bisous célestes.

Écrit par : Alexandre | 05/10/2008

tu l'as dit et maintenant les profs n'ont même plus droit à la parole sur un élève sous peine d'agression
grave mais grave ce que devient notre société

Écrit par : anne | 08/10/2008

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