31/10/2008

802ème jour au Paradis...

Vendredi…

j_aime-le_dictionnaire

Haro sur la réforme de l’orthographe !  Sus aux méprisables critiques de la lexicologie classique !  Mort aux défenseurs d’une langue aussi riche qu’une assiette de crudités !  J’aime les tournures alambiquées de la langue françaises, ses pièges, ses détours, ses incohérences et ses faux-amis.  Je vous ai préparé un aperçu de ce que le français peut vous offrir comme petites merveilles : amusez-vous à comprendre et à déchiffrer mon article.  Tout y est rigoureusement exact et vérifié à plusieurs sources croisées et concordantes.  A vos dictionnaires, Petit Robert et autre Littré, vous entrez dans une nouvelle dimension.

Comment rester de marbre, quand le français fait l’objet d’une laciniation en règle ?  Mes valvules sigmoïde et tricuspide jouent un air de rumba frénétique, à l’idée de voir comment on peut piller ce qui fait la richesse d’un patrimoine immatériel.  Peut-être suis-je un jumart, sans doute l’onirodynie me guide-t-elle mais je garde espoir.  La preuve en est que les définitions les plus littéraires, les plus vieillottes ou les plus alambiquées trouvent encore leurs partisans.

Quand la pression osmotique entre deux êtres entraîne une liaison de coordinence des ligands, on peut parler d’amour.  Comme le balancement d’une fétuque ou des feuilles d’un sophora, l’attirance fait aimant et l’aimant fait l’amant.  Et la langue française devient églogue, cantilène ou virelai quand elle se pique de poésie et qu’elle prête à un terme, un sens qui ne lui est pas propre.  Hélicon, Hippocrène et les Muses ne savent plus où donner de la prosodie ou du rythme quand des amourettes ne sont pas une courte passion amoureuse mais bien des morceaux de moelle épinière de veau.  Et ainsi, le charme est rompu…

Mais méfions-nous des sons qui trompent et des connotations qui dérangent : de même qu’une toupilleuse n’est pas une joueuse professionnelle de toupie, qu’un déridage fait tout sauf rire ou qu’un fiat n’est pas un véhicule italien, la mauviette peut être un être délicieux à manger et la purgation a d’autres vertus que l’évacuation des selles.  A ce propos, un régime sans selles ou les fèces seraient oubliées serait un régime dangereux.   De même, prendre une biture sur un navire peut avoir des conséquences bien plus désastreuses qu’une simple cuite.

Et que dire des mots qui nous semblent venir d’un pays ou d’un continent qui n’est pas le leur : qui sait que l’adorable maskinongé est canadien, et pas africain ; que le mascara est anglais et non italien ; que la mystérieuse eprom n’est pas juive mais bien anglo-saxonne et le hinterland allemand ?  Nous pensons tout savoir et nous découvrons qu’en fait, nous ne connaissons rien, ou si peu.  Plus une langue est riche de ses apports étrangers et plus elle devient mystérieuse, intéressante et vivante.

Quand j’écris, j’espère que mon style et mes tournures de phrases ne ressemblent pas à de la devanagari ou à du boustrophédon.  Vous m’en verriez marri.  Mes idées, cespiteuses en diable, ont parfois du mal à trouver leur équivalent linguistique et je dois alors me rabattre sur des pis-aller, à défaut de trouver le terme juste.  Je deviens presque un dermeste du vocabulaire, un lycoperdon de la Culture.  Veuillez me pardonner de n’être qu’un ange au vocabulaire limité.  Je fais ce que je peux.

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

*oo* Ahhh, j'adore !!
Tu as fais tout le dico pour trouver ces mots ou quoi ? ;-)
Je connais "devanagari" mais dans le sens de police de caractères !
Je vais regarder tous les autres que je ne connais pas...lycoperdon me dit quelque chose, un champignon peut-être ou un mollusque ? ;-)
Bisous Alex, belle soirée !

Écrit par : Loo | 31/10/2008

~Réponse à Loo~ Félicitations pour ta culture et tes connaissances, ma Loo !
J'ai tenu à mettre un petit clin d'oeil à ton attention : le lycoperdon est mieux connu sous le nom de...vesse-de-loup !
Bisous célestes

Écrit par : Alexandre | 01/11/2008

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