08/11/2008

810ème jour au Paradis...

Samedi…

derive_des_sentiments

Les mortels ont tort de penser qu’un sentiment peut être uniquement fort, violent et… unique.  Dans la réalité, une foultitude d’émotions se partagent tant bien que mal l’espace cérébral et loin d’être des monolithes impressionnistes, elles évoluent, mûrissent, dérivent, apparaissent ou disparaissent au gré du temps qui passe.  Les sentiments, plus ou moins complexes, gèrent des individus qui ne le sont pas moins.

Baudelaire a eu cette fulgurance tragique : ‘le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu’il est absurde’.  En effet, les Unités Carbones pensent contrôler leurs sentiments, alors que ce sont ces derniers qui les contrôlent, les manipulent et les guident.  Les sentiments sont en complet accord avec la race qu’ils dominent : ils seront tour à tour magnifiques, violents, confus, discrets, touchants ou tendres.  Le sentiment n’est peut-être qu’une illusion du désir, mais bienheureux sont ceux qui le partagent.

Il est des sentiments qu’on ne peut exprimer avec des mots, des sentiments qui conduisent la raison qui fait l’homme, des sentiments qui exagèrent, au point de brouiller la faculté de raisonner.  Car les sentiments font l’être humain, au même titre que l’oxygène le fait respirer.  Sans oxygène, l’asphyxie ; sans sentiments, le néant, la non-humanité.  Et vivre avec ces émotions générées est difficile : il est plus difficile de dissimuler ses sentiments que de feindre ceux que l’on n’a pas.  Pétrarque avait coutume de dire que la raison parle et que le sentiment mord.  Aucun Ephémère ne le contredira !

Quand un sentiment est inexprimable, dupé par le désir qu’on a de l’autre, ne serait-ce pas cela de l’amour ?  Et quand un sentiment aveugle le jugement, dopé par des images d’injustice, ne serait-ce pas cela de la colère ou de la haine ?  C’est là où les sentiments se mettent lentement à dériver, car l’humain peut aimer la colère et haïr l’amour.  Confusion des sentiments, lutte acharnée entre le Bien et le Mal, conflit permanent où les sentiments se percutent et finissent anéantis.  Avoir des sentiments, c’est humain, donc normal.  Etre submergés par eux est dangereux, car les barrages invisibles et virtuels que l’Inconscient impose risquent de rompre et les digues de sensibilité et d’affectivité disparaitront dans un déchaînement de fureur et de passion.

Curieusement, ce sont les bons sentiments qui finissent par faire faire de bien vilaines choses aux Mortels.  Ecouter la voix de nos sentiments n’est pas contre-nature mais il faut parfois lutter pour qu'un sentiment guide votre vie, tout est si passager, même nos colères passent...  Ne soyez pas sentimentaux à l'égard du passé et n'ayez pas une vision trop enthousiaste de l'avenir. Scrutez, analysez, dégagez le réel et l'actuel.  Sondez vos sentiments et prenez la bonne décision.  Cela part d’un bon sentiment !  Et parfois, les sentiments que vous feindrez, vous risquez fort de les ressentir vraiment.  Alors, contrôlez vos émotions : un élan, une effusion ou une inclination peuvent très bien avoir l’effet inverse de celui que l’on recherche.

Chacun de nous sent d'instinct que les plus beaux sentiments du monde ne valent pas une seule bonne action.  Alors, laissez-vous aller à de beaux gestes.  Ce sera formidable, j’en ai le sentiment…

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

*oo* Très jolie phrase de Baudelaire !
J'aurais plutôt tendance à me laisser guider par les sentiments, au diable la raison ;-)
Bisous Alex, belle journée !

Écrit par : Loo | 09/11/2008

Les sentiments sont ce qui nous font vivre
a condition qu'ils soient bons
je rejoint loo pour la phrase de Beaudelaire

Écrit par : Anne | 13/11/2008

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