09/11/2008

811ème jour au Paradis...

Dimanche…

ronde_des_presidents

Permettez que je vous présente le dernier-né des clubs privés paradisiaques.  Imaginez un bâtiment de style victorien, lambrissé d’essences rares et précieuses, au parquet impeccablement ciré, aux vastes pièces lumineuses, où règne une atmosphère propice à la méditation, à la dégustation d’un bol d’air millésimé ou d’un havane de grande naissance et aux conversations ouatées et instructives.  Vous aurez une petite idée de ce à quoi ressemble le Celest Club.  Aucune distinction de sexe, de race ou de couleur.  Aucun numerus clausus intellectuel ou philosophique.  Une véritable agora pour personnes calmes et civilisées.  Mais récemment, les vénérables travées ont tremblé d’un engouement fort peu policé.  Shocking !

En effet, l’intelligentsia angélique s’est passionnée pour les dernières élections présidentielles américaines.  N’y voyez pas là un sentiment politique quelconque ; non, en vérité, nous avons observé une lutte intéressante parce qu’originale : le Blanc contre le Noir, l’Ancien contre le Jeune, le Républicain contre le Démocrate.  Confrontations multiples et inédites.  Et quarante anciens présidents des Etats-Unis d’Amérique étaient réunis pour mieux suivre les débats.  Jamais auparavant, l’âme américaine n’avait battu à l’unisson avec autant de force et de passion.  Le tout dans un climat de sérénité divine qui contrastait fortement avec les tirs de mines politiques déclenchés par les Mortels.

Abraham Lincoln, toujours aussi altier, grand et faussement méprisant levait un sourcil broussailleux devant ces manœuvres parfois indélicatement utilisées.  Il lâcha un sévère ‘ils sont esclaves des résultats.  Et si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais’.  Nous observions les dernières paroles assassines lâchées de part et d’autre et le sentiment général était que nous assistions à un véritable conflit.  Mais il n’y a jamais eu de bonne guerre comme de mauvaise paix, tout doit être dans la modération.  Difficile d’y arriver, dans une telle ambiance de rivalité politique exacerbée.  Entre deux bouffées de son Lonsdale, le président Eisenhower affirmait que lorsque vous faites usage de la force, même verbale, il est une chose à ne jamais faire : perdre.

Hilarité générale puis recueillement tout aussi général à l’énoncé des résultats.  Et les USA se dotent de leur premier président de couleur.  Enthousiasme chaleureux, la couleur politique s’estompant de facto devant l’éclat de cette actualité historique.  Mais pragmatiques avant tout, les anciens patrons de la première puissance mondiale cernent déjà les priorités : ‘le courage et la persévérance ont un talisman magique devant lequel les difficultés disparaissent et les obstacles s'évaporent’, affirme John Quincy Adams. ‘Mais que Barack Obama reste vigilant’, continue Ronald Reagan, ‘un gouvernement c'est comme un bébé. Un tube digestif avec un gros appétit à un bout et aucun sens des responsabilités de l'autre’.  Et tous les autres d’acquiescer.

Finalement, quarante présidents ont salué unanimement cette élection, tout en priant le ciel que leur successeur n’en arrive pas à ressembler à Richard Nixon, qui claironnait à qui voulait bien l’entendre que son point fort, si il en avait un, c'était la performance.  Il en faisait toujours plus que ce qu’il disait. Il produisait toujours plus que ce qu’il promettait.  Sacré Richard, va !

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

*oo* Il va casser la barack, Obama ! ;-)

Bisous Alex, belle soirée !

Écrit par : Loo | 10/11/2008

un grand moment gravé à tout jamais dans l'histoire !
bonne journée Alex
bizz

Écrit par : Anne | 13/11/2008

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