06/12/2008

838ème jour au Paradis...

Samedi…

souris_blues

J’ai toujours entretenu avec mon matériel informatique une relation amour-haine partagée par des millions d’autres utilisateurs, autant au Paradis que sur la Terre.  En effet, dès que vous devenez un modeste spécialiste dans l’univers cybernétique et électronique, dès que le virus (dangereusement contagieux) de la technologie vous envahit, vous vous entourez des périphériques les plus performants et les plus à même de résister à l’usure du temps.  Douce utopie…

Ma souris tremble nerveusement sous ma main depuis qu’elle a commencé à donner des signes alarmants de sénilité précoce : double cliques aléatoires, tendance à l’usure prématurée et mouvements erratiques.  Elle a compris que ses jours de périphérique sont comptés.  Pourtant, elle n’a que quelques mois et elle était le summum de la technologie sans fil de l’époque.  Elle surclassait dédaigneusement ses sœurs, mères et grands-mères filaires et elle avait passé haut la main toute une batterie de tests impitoyables.  Oui mais voilà : dans l’univers sans pitié de l’informatique, ce qui dure lasse et les nouvelles générations se bousculent pour remplacer les précédentes, aussi neuves et innovantes qu’elles soient ou aient été.

Je ne supporte plus les caprices de ma souris, son vieillissement prématuré et sa voracité alarmante en matière de piles rechargeables.  Le sympathique embonpoint de son design a cédé la place à une inadmissible surcharge pondérale de consommation.  Malheureusement pour elle, ses héritières sont plus précises, plus jolies et plus efficace.  Et elles font preuve d’une sobriété qui confine à l’ascèse.  Mon mulot a le blues et se demande déjà ou il finira ses jours.  Comme rien n’est plus important pour moi que l’efficacité, sa mise à la retraite est d’actualité mais son avenir est bien la dernière de mes préoccupations.

Déjà d’autres périphériques frissonnent et s’inquiètent.  Mon imprimante couleurs fait grise mine, mon scanner peaufine son curriculum vitae et mes haut-parleurs donnent le meilleur d’eux-mêmes, on ne sait jamais…  D’autres pièces sont pensionnées et remplacées : bonjour le clavier rétro-éclairé, salut le PC bodybuildé.  Je ne recherche pas nécessairement le matériel dernier-cri mais depuis quelques temps, je deviens difficile et je trie mes périphériques sur le volet.  Bien qu’ils se bousculent pour se montrer sous leur meilleur jour, mes choix sont très sélectifs et mon tri est impitoyable.  Etre beau, sophistiqué ou économique ne suffit pas : il faudra être ergonomique et pratique pour emporter mon adhésion. 

Il est symptomatique de constater que rien n’est éternel au Paradis, quand on n’est pas humain !  Et encore : nous bénéficions de la gratuité divine sur tout matériel acquis !  Il en va tout autrement chez nos frères et sœurs mortels : dans leur cas précis, il faudra payer le prix fort pour réactualiser le parc informatique personnel.  La mise à niveau de leur équipement est surtout question de gros sous et beaucoup d’humains préfèrent garder un matériel obsolète, donc susceptible de rendre l’âme à tout moment, que de mettre la main au portefeuille, quitte à râler sur des périphériques cacochymes et antédiluviens qu’ils entretiennent du mieux qu’ils peuvent.  Parfois à coup de bidouillages amateurs.

L’informatique est décidément un domaine bien complexe où la vérité du jour n’est pas nécessairement celle du lendemain.

A bientôt, les Mortels !

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