25/12/2008

857ème jour au Paradis...

Jeudi…

nativite_2008

C’est l’histoire d’un bon gars, sérieux et travailleur.  Sa nationalité importe peu et il se nomme Joseph.  D’habitude, il travaille dans le bâtiment mais la crise est là et il a été victime de la compression de personnel décidée par son entreprise.  Difficile de payer comme il se doit un charpentier spécialisé comme lui.  Le voilà donc réduit au chômage, jeune marié et futur papa : sa jeune épouse, Marie, est enceinte.  Joseph n’est pas le père de l’enfant, il le sait.  Mais il a tellement d’amour et d’indulgence à offrir qu’il a décidé, une bonne fois pour toute, que la petite vie qui grandit dans le ventre de son épouse sera son enfant à lui.  Et tant pis si elle a fauté avec une espèce de saint qui a de l’esprit. 

Joseph est un méditerranéen pur teint, il a des principes : à la maison, c’est l’homme qui gagne de quoi faire vivre sa petite famille et la femme fait tourner la boutique. Déroger à ce principe, c’est trahir son éducation.  Et comme l’argent mène le monde et pas la pitié, par défaut d’emploi, donc de revenu, son propriétaire met tout ce petit monde dehors.  Et à quelques jours de Noël, encore bien !  Joseph court les agences d’intérim mais rien à lui offrir : la conjoncture est mauvaise et les perspectives d’emploi sont moroses.  Cette fois-ci, il va devoir se fier à sa bonne étoile pour s’en sortir.

Comble de malchance, les services sociaux traquent ces asociaux sans travail et sans domicile fixe qui donnent une si mauvaise image de la prospérité économique de façade qu’affiche le pays.  Joseph et Marie sont dans le collimateur de ces enquêteurs.  Aucune autre solution que de fuir avec leurs maigres biens entassés dans la 2 CV branlante, pourrie et quadragénaire qui leur sert de véhicule.  Les voilà partis pour une destination inconnue, la peur au ventre, le ventre vide et le vide dans leur portefeuille.  Même à l’approche des Fêtes, la société ne fait pas de cadeaux.

Pour couronner le tout, leur carrosse de fortune rend définitivement l’âme par une froide nuit de décembre, en pleine campagne et sans la moindre habitation à l’horizon.  Joseph ne perd ni le nord, ni la foi.  C’est un gars débrouillard et il parvient à dénicher une cabane délabrée.  Il y pousse femme et véhicule et s’y installe du mieux qu’il le peut.  On pourrait craindre le pire mais quelque part, un ange veille sur eux.  Trois riches hommes d’affaire revenant, de concert, d’un très intéressant séminaire sur les excellentes perspectives d’avenir pour les riches biens nantis reçoivent chacun un SMS sur leur PDA, leur enjoignant de prendre leur Mercedes et de suivre une route tracée par le GPS de bord, route triangulée en se basant sur l’étoile du bouchon du véhicule. 

Un peu embêtés, car ayant les cadeaux de Noël de leurs enfants dans le coffre, ils n’écoutent que leur bon cœur et ils décident de prendre la route.  Pendant ce temps, Marie, en digne femme de son temps, a pris les choses en main et a décidé d’accoucher là, seule et sans assistance, dans cette cabane vétuste, sur un lit de paille très inconfortable.  Joseph, en père responsable, s’évanouit deux fois avant de reprendre ses sens et de l’aider du mieux qu’il peut.  Et le miracle de la vie s’opère une nouvelle fois : un petit bonhomme tout fripé et très en voix vient au jour.  Nous sommes le 25 décembre à minuit 01.

Les trois riches hommes d’affaire arrivent à ce moment et pour ne pas paraître ni idiots, ni pingres devant cet attendrissant spectacle, ils décident de se séparer des cadeaux de leurs enfants en les offrant au petit d’homme.  Leur progéniture en aura bien d’autres ! Ils allument quatre énormes cigares, trinquent en l’honneur de la jeune maman et ils disparaissent dans la nuit.  Joseph n’en revient pas mais il déclare abruptement qu’au lieu de lui offrir un cigare qui pue et du champagne qui pique, ils auraient pu lui donner de l’argent à défaut de lui offrir un emploi !  Décidément, les Mortels ne changeront jamais.  Et le petit Jésus, leur enfant, a du souci à se faire pour son avenir avec un père aussi exigeant.  Mais bon, on a les parents que l’on mérite.

Joyeux Noël tout de même et à bientôt, les Mortels !

11:14 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : joseph, marie, jesus, crise, damabiah, humour, joyeux noel, noel |  Facebook |

Commentaires

Joyeux Noël, Damabiah! Il y a peut-être un 'explorateur' qui lit ton texte en disant "Viiiiii"...
Enormes lèches,
Palou

Écrit par : Palou | 25/12/2008

*oo* La Nativité à la mode d'aujourd'hui ;-)
Superbe ce texte Alex, joli comme tout !
Bisous, belle journée :-)

Écrit par : Loo | 25/12/2008

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