10/01/2009

873ème jour au Paradis...

Samedi…

metaphysique_guerison

Aux premiers jours de l’an nouveau, après les agapes des Fêtes, la distribution des cadeaux et des étrennes, une fois résolue la délicate question de l’élection du nouveau roi et de la nouvelle reine de l’année et quand les Mortels, pleins de bonnes intentions et de résolutions qu’ils ne tiendront pas, se souhaitent à qui mieux-mieux, une excellente santé, pensent-ils seulement à ceux et à celles qui n’ont déjà pas une bonne santé ?

Dans le feu de la vie quotidienne moderne, rester en bonne santé se compare à un exercice périlleux d’équilibrisme sanitaire.  Chaque microbe, chaque bactérie qui a le malheur de pointer le bout de ses misérables toxines dans l’enceinte sacrée d’une maison, devient illico presto l’ennemi à abattre.  Et les Unités Carbones ne reculent devant aucun vaccin, aucun antibiotique, aucun sirop, aucun médicament pour exterminer les intrus.  Les Humains ne sont pas non plus à l’abri des chocs en tout genre, des glissades les plus acrobatiques, des égratignures les plus sanguinolentes, des piqures les plus perfides ou des brûlures les plus cuisantes.  L’existence même du Mortel lambda semble être une succession d’évitements, de louvoiements, d’esquives et de parades de catastrophes diverses.  La santé devient un bien aussi précieux que l’or.

Mais quand la complexion lâche, quand l’eucrasie vacille et quand l’euexie vous abandonne,  il faut alors songer à guérir plutôt qu’à prévenir.  Flaubert affirmait péremptoirement que le seul moyen de guérir, c’était de se considérer comme guéri.  La méthode Coué dans toute sa splendeur.  Car guérir le plus rapidement possible est le but ultime de tout malade ou de tout blessé qui se respecte.  Quitte à utiliser, plus ou moins avec insouciance des remèdes aussi bizarroïdes que nauséabonds.  Combien d’Ephémères ont voulu croire avec ferveur des charlatans qui leur proposaient des remèdes miracle qui, outre le fait de les faire baver vert, les rendaient parfois encore plus malades qu’à l’origine ?  Le malade est plus reconnaissant à la médecine qui le guérit qu'au conseil qui le préserve.

Le médicament reste le principal symbole de la puissance du médecin.  Avec le prix de la consultation, qui est souvent inversement proportionnel au professionnalisme du praticien.  Que de maladies ne sont en fait que des guérisons, proclame un proverbe perse.  Quand on est malade, rien ne chante plus fort que l'envie de guérir.  Mais la vie elle-même n’est-elle pas une lente maladie qui appelle une longue guérison ?  Point de mesures prophylactiques quand le mal est fait : privilégiez la convalescence et l’hygiène : la guérison ne sera pas loin.  Les docteurs ne voudront pas le reconnaître mais l'art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit.

Les blessures que l'homme se fait à lui-même guérissent difficilement.  Quelle médication prescrire quand le mal est profond ?  Mais restons optimistes : après la pluie vient le beau temps et après la maladie vient la guérison.  Se rétablir, c’est établir à nouveau un contact avec la vie.  La guérison du malade provoque immanquablement celle de ses proches.  Moi-même je suis très malade : quand la démangeaison d'écrire saisit un homme, rien ne peut le guérir que le grattement de la plume.  Et c’est tant mieux…pour vous !

A demain, les Mortels !

14:15 Écrit par Damabiah dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante, guerir, guerison, damabiah, humour |  Facebook |

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