15/01/2009

878ème jour au Paradis...

Jeudi…

rhume

Il fallait bien s’y attendre, en cette froide saison, sous les latitudes européennes et après la vague de congélation endurée, les Humains s’enrhument.  Pas ce petit rhume qui vous fait renifler comme un chien d’arrêt qui aurait la truffe congestionnée ; non, le bon gros rhume enveloppé d’un catarrhe d’enfer, baignant dans un liquide de refroidissement coulant comme robinet mal refermé, rythmé par une cadence sternutatoire qui le dispute à une toux dont les mucosités font peine à voir.

Le Grand Ordonnateur (loué soit son nom) a donné à l'homme l'intelligence pour résister aux rigueurs de la nature ; or contre les rhumes de cerveaux,  et en ces temps modernes où le crâne du mâle mortel moyen se déplume de plus en plus jeune, il faut trouver des parades. De la casquette à la perruque, en passent par le bonnet en laine, le mâle humain doit composer avec les fantaisies anatomiques de Mère Nature.  Le rhume commun ne se conçoit pas sans force éternuements, crachats  et autres nez enchifrenés.  Et comme de bien entendu, les remèdes de grand-mère y affèrent  sont tout aussi nombreux.  Il est d’ailleurs symptomatique de constater que deux écoles des médications de ‘bonne femme’ s’opposent : celle qui affirme vouloir ‘affamer le rhume’ et l’autre qui prétend vouloir ‘nourrir le rhume’.  Que le citoyen lambda s’y retrouve, dans cet antagonisme !

Si l'expérience servait à quelque chose, au bout d'un moment, on arrêterait de s'enrhumer !  Et pourtant, comme le Beaujolais Nouveau, les champignons ou Noël, les rhumes reviennent invariablement tous les ans et fournissent leur lot d’alités.  Le rhume, cette tempête sous narine, attaque sans crier gare et il réjouit les pharmaciens, prêts à vous gaver de sirop ou de pastilles, à vous fournir force décongestionnants nasaux ou pulvérisateurs pour dégager les nez bouchés.  Un proverbe québécois résume assez bien la complexité de la médication : ‘soignez un rhume, il dure trente jours ; ne le soignez pas, il dure un mois’.  Je pourrais ajouter que si vous négligez votre rhume, lui ne vous négligera pas !  C’est le genre d’hôte indésirable qui adore jouer les pique-assiettes et qui, mieux que personne, parvient à s’incruster dans votre organisme et dans votre vie.       

Avez-vous dû déjà supporter les humeurs d’un enrhumé ?  C’est à croire que boucher les conduits respiratoires inhibe forcément les synapses cérébraux de la bonne humeur.  L’enrhumé bronchiteux devient soudain un rhinoféroce :  un gros mammifère corné et connu pour son extrême méchanceté dès qu'il attrape un rhume.  Noël au balcon, enrhumé comme un con !  Pourquoi les Unités Carbones ne mettraient-elles pas un point d’honneur à ne pas être dans le vent ?  Cela leur éviterait de s’enrhumer, non ?  Combien de mouchoirs en papier économisés, combien de maladies en ‘-ite’ épargnées ! 

L’alcool tue les microbes, c’est bien connu.  Médicalement, cela se discute ; alcooliquement, cela se défend : le rhum combat le rhume.  Et combien de grogs ou de vins chauds n’ont-ils pas sauvé des organismes affaiblis, tout en réchauffant les cœurs ?  J’ai même connu un médecin qui les buvait à la suite, les uns après les autres, ‘d’une façon préventive’ prétendait-il.  Je veux bien le croire…

A bientôt, les Mortels !

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