31/01/2009

894ème jour au Paradis...

Samedi…

accident

La mort n'est plus comprise comme la conclusion logique de toute vie, mais comme un accident de parcours. Et comme pour tout accident, il vaut mieux cacher son existence aux survivants.  Mais la vie aussi est un accident.  Mortel.  Soigneusement dissimulé car quel être humain pourrait supporter sans broncher d’exister temporairement pour disparaître définitivement ?  Les accidents de la vie, matériels et immatériels, physiques et psychologiques, majeurs et bénins sont le piment de l’existence des Unités Carbones.  Existence bien terne et monotone sinon.

Quand les Mortels songent à la vie qu’ils mènent, au monde qui les entoure, à la fin qui les attend, ils n’y croient pas.  Nul doute : l'erreur est la règle : la vérité est l'accident de l'erreur.  Mais les Humains continuent à avancer, ils n’ont pas le choix : pour vivre, marche !  Et supporte les écueils qui se dresseront devant toi.  Il arrive quelquefois des accidents dans la vie d'où il faut être un peu fou pour s’en tirer sans dommages.  L’Homme doit difficilement admettre son état d’organisme périssable, quand il voit que les machines de la nature ont un nombre d'organes véritablement infini, et sont si bien munies et à l'épreuve de tous les accidents qu'il n'est pas possible de les détruire.

Le nom du plus grand des inventeurs : accident.  La plus belle des histoires d’amour : accident.  Le mâle dans l’espèce humaine : accident.  La femelle aurait suffi.  Le nombre de mésaventures qui jalonnent une vie normale est proportionnel à l’envie de vivre.  C’est une alchimie complexe, tordue et symptomatique où, pour prolonger l’une, il faut augmenter l’autre.  Que d’événements sont des vicissitudes obligatoires !  Ainsi, tous les mariages sont des accidents dangereux mais on en réchappe.  Certes, il peut y avoir des accidents dans le couple, mais ce n'est pas parce qu'on crève un jour qu'il faut jeter la voiture.  Dans une relation durable, c'est l'amour qui est essentiel, le sexe n'est qu'un accident.  Les accidents, essayer de les éviter... c'est impossible. Ce qui est accidentel révèle l'homme.

S'il y a tant d'accidents sur les routes, c'est parce que nous avons des voitures de demain, conduites par des hommes d'aujourd'hui sur des routes d'hier.  Non, les accidents de la route ne sont pas dus à l'alcool, ils sont dus à la voiture. La preuve : mettez un alcoolo dans un fauteuil roulant, il ne tuera personne.  La qualité de la conduite par des individus responsables n'est jamais un accident ; c'est toujours le résultat d'un effort intelligent.  Et comme un homme averti en vaut deux, en cas d'accident, n'avertissez personne car ça doublerait le nombre de victimes.

Les méchantes langues diront que de même que le chômage a un seul avantage : les accidents du travail y sont rares, penser est, pour un grand nombre de femmes, un accident heureux plutôt qu'un état permanent.  N’écoutez pas ces persifleurs car la personne humaine, si dépendante qu'elle soit des moindres accidents de la matière, existe de l'existence même de son âme, qui domine le temps et la mort. C'est l'esprit qui est la racine de la personnalité.

La vie, c'est comme le ski. Les accidents les plus graves ont souvent lieu à l'arrêt, quand l'attention se relâche.  Alors, amis mortels, restez attentifs : peut-être vivrez-vous plus vieux !

A bientôt, les Mortels !

25/01/2009

888ème jour au Paradis...

Dimanche…

mauvaise_foi

Le Paradis se veut le paradis de la vérité, de la sincérité et de l’objectivité.  Mais en observant mes congénères ailés et auréolés, je ne peux m’empêcher de penser que tous ces beaux et bons sentiments cachent en réalité une mauvaise foi générale car, de leur vivant, rares sont les Bienheureux à avoir adopté ce triptyque de merveilleuses qualités.  Le mortel courant oscille fréquemment entre inconscience, culot, tromperie éhontée et manipulation comportementale.

Les Français sont heureux : au fil du temps, leur mauvaise foi naturelle s’est transformée en un sentiment commun à tous, qu’ils ont élevé au rang de vertu gauloise : le chauvinisme.  Les Français vivent dans le plus beau pays du monde, ils aiment les plus belles femmes du monde, ils sont les meilleurs amants du monde (les Italiens ne faisant que de la figuration), ils ont la plus belle capitale du monde et ils n’ont pas de la nourriture mais de la gastronomie.  En toute mauvaise foi, héritée de leur ancêtre Clovis, ils brûlent ce qu’ils ont adoré et adorent ce qu’ils ont brûlé.  Demandez un peu à leurs sportifs nationaux ce qu’ils en pensent !  Et, suprême astuce, ils appellent "mauvaise foi" les convictions d'autrui qu'ils ne partagent pas.

Les Belges sont heureux : chez eux, la mauvaise foi n’existe pas.  Elle est noyée dans un flot de surréalisme et de compromis mais au fond, ils sont comme les Français…mais en mieux.  Les Belges sont prêts à partager la paternité du chocolat, des frites, des bières d’abbayes, des gaufres et de la Bande Dessinée avec d’autres nations, en parfait ex-æquo et harmonie mais rien ne pourra les dissuader d’estimer que ces produits ne sont pas des originaux s’ils sont fabriqués hors Belgique.  Leur mauvaise foi (il en reste des microparticules) n’est jamais parvenue à devenir chauvinisme parce que rares sont les occasions pour eux d’éprouver la fierté d’être Belges.  Et, victimes de l’ambition, de l’argent et de l’étroitesse des frontières, nombre de leurs citoyens les plus émérites, comme quantité de leurs trouvailles les plus remarquables ont émigré et émigrent encore vers des horizons à la mesure de leurs qualités. 

Les Américains sont heureux : ils savent que seuls ceux qui se démarquent de la foule sont dignes d’intérêt.  C’est pourquoi ils ont élu un Président Afro-Américain, qu’ils promènent en voiture blindée (l’’Obama-mobile’) et qu’ils critiquent déjà, quelques jours après son investiture.  Ils savent également que la mauvaise foi disparaît rapidement dès qu’on a l’avantage et qu’on prend le commandement.  Ils ont la meilleure armée, les meilleurs hamburgers, les plus grosses voitures, les meilleurs sportifs et la meilleure télévision du monde.  Voir un sergent US, avachi dans son fauteuil, dévorant son hamburger bien gras en regardant un match de football américain à la télé n’est pas à proprement parlé l’image que je me fais de l’Amérique triomphante !  Mais en toute bonne foi, ils vous diront que la mauvaise foi américaine n’est qu’une invention des journalistes pour jeter le discrédit sur une nation saine, propre, égalitaire et généreuse.

La mauvaise foi est l’âme de la discussion.  Chaque considérera que sa position est la seule valable et que les avis des autres sont nécessairement inacceptables.  Il faut dire que reconnaître ses torts, dévoiler ses faiblesses et faire son mea culpa n’ont jamais été des attitudes propres à l’espèce humaine.  En toute bonne foi…

A bientôt, les Mortels ! 

13:07 Écrit par Damabiah dans Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : damabiah, mauvaise foi, chauvinisme, humour |  Facebook |

24/01/2009

887ème jour au Paradis...

Samedi…

pensees_soucis

Le samedi, j’ai besoin de me lâcher un peu, d’oublier le Ciel et la Terre, de laisser tomber Anges et Démons, de ne pas regarder ostensiblement du côté des Mortels et de m’occuper de mon petit Moi égoïste.  Le samedi, j’ai envie de permettre à mon imagination littéraire de vagabonder en toute liberté et je souhaite inviter mon clavier à glisser sur l’aile de l’Improvisation.  J’ouvre alors mon carnet de notes où bafouillage, gribouillages et pattes de mouche se côtoient et mon Journal Personnel transforme aussitôt le grenier de mon cerveau et le débarras de mes pensées en un article cohérent qui exprime bien les réflexions d’un penseur solitaire.

Il y a des jours où nous aurions besoin quelqu’un nous remonte le moral avec ménagement  et c’est justement à ce moment précis qu’on nous remonte les bretelles sans ménagement.  Pourquoi tant de cruauté ?  Les gens passent la plus grande partie de leur temps à se demander pourquoi ils passent le reste de leur temps à s’engueuler ou à se faire engueuler.  Décidément, les Etres Humains sont des animaux bien compliqués : je suis abasourdi par le nombre de personnes qui veulent "connaître" l'univers alors qu'il est déjà suffisamment difficile de se repérer dans le quartier voisin de la ville où chacun habite.

La fuite des cerveaux est une triste réalité.  La preuve ?  Le mien se dégonfle régulièrement après cogitation intense quand il s’agit de trouver le sujet du jour à traiter.  Si l’oubli est la forme ultime d’intelligence, je comprends mieux pourquoi mon quotient intellectuel est si faible !  L'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible.  D’ailleurs, entre nous, mon cerveau est une bouilloire anatomique qui siffle dans les cas d’urgence.  C’est qu’il y a du monde là-dedans qui voudrait sortir mais quelque fois, il ressemble à une gare de banlieusards à l’heure de pointe.  La Nature, toujours taquine, a généreusement garni mon cerveau en dégarnissant mon crâne. Parce que question générosité, les dieux font des caprices : ils en font tout un fromage et ils nous servent leurs décisions sur un plateau. 

J’ai entendu dire que jamais je n’avais été aussi présent que depuis que je suis absent.  C’est tout de même bizarre, ce concert de louanges qui salue la mort d’un individu alors que les critiques pouvaient pleuvoir de son vivant.  Sans doute parce que les gens croient qu’il est encore présent quelque part, autour d’eux.  Les humains ne se connaissent pas.  Ils ne sont pas les seuls.  Les champignons ne connaissent de Paris que le nom, certains choux ont vaguement entendu parler de Bruxelles et ce n’est que dans leurs rêves baveux que beaucoup d’escargots évoquent nostalgiquement la Bourgogne.  Et la métempsychose, dans tout cela ?  Je connais des Anges qui rêveraient de se réincarner en éponge de bain.  Allez savoir pourquoi !

Un verset connu précise qu’heureux sont les faibles d’esprit, le Royaume des Cieux est à eux.  Dans ces conditions, avec la conjoncture mondiale actuelle et au vu des performances de certains d’entre eux, je crains fort un embouteillage d’hommes politiques aux Portes du Paradis !  Au fond, je n’ai pas changé : la plupart du temps, je ne rigole pas beaucoup. Et le reste du temps je ne rigole pas du tout.  Rien de grave, tant que je vous fais sourire…

A bientôt, les Mortels !

23/01/2009

886ème jour au Paradis...

Vendredi…

pluie_coule_de_source

La Nature a été une Mère bien capricieuse quand le moment fut venu de répartir les climats sur la planète Terre.  Conviées à se pencher sur le berceau des continents, les Fées Météorologiques n’ont pu le faire qu’en ordre dispersé et fort aléatoire.  La répartition  uniforme de leurs bienfaits sur la surface de la grosse boule bleue ne ferait donc pas la pluie et le beau temps.

Si la Fée Soleil arrosa fort généreusement l’Afrique, lui offrant déserts arides et savanes herbeuses, elle ne s’arrêta que quelques instants sur l’Europe, bousculée par la Fée Pluie, qui en perdit sa baguette, égarée dans le couffin européen.  On sait ce qu’il en advint et en advient toujours.  Elles se disputèrent âprement l’Asie, lui faisant don de la mousson, fruit de la colère du Soleil et de la Pluie.  La Fée Froid, profitant de ces querelles sororales, asséna quelques coups par ci par là, s’arrêtant sur le berceau arctique et faisant un coucou prolongé sur le moïse américain et russe.  La Fée Brouillard, arrivée en retard, put concéder quelques bans de brumes aux quatre coins du monde et s’appropria la Grande-Bretagne magnanimement partagée avec la Fée Pluie.  La Fée Soleil étant épuisée par sa tournée météo, elle ne leva que mollement la baguette pour offrir de chiches rayons à Albion.

Ainsi fut réparti le temps, à la va-vite et à la va-comme-je-te-pousse.  Nous sommes loin de l’harmonie universelle tant souhaitée par l’humanité.  A part l’existence de quelques microclimats, havres de paix climatique, îlots de calme barométrique.  Curieusement, je n’ai jamais entendu parler de microclimats maussades ou carrément détestables.  En ces temps de temps incertain, cela fait une macro différence !   Bref, des humains grelottent quand d’autres suffoquent, des Unités Carbones se plaignent des quantités d’eau qui leur tombent dessus alors que des mortels se désespèrent de voir tomber un jour la moindre goutte d’eau.  Les changements climatiques y sont pour beaucoup mais ils n’expliquent pas tout.

La pluie…source intarissable d’eau et de commentaires désabusés.  Somerset Maugham disait par exemple joliment que si les bars à Londres avaient des terrasses comme à Paris, on y boirait des verres de pluie. Les Occidentaux rêvent à de petites pluies courtes alors dans certaines contrées, ce n’est pas la pluie mais bien la sueur des travailleurs qui arrose la terre.  Il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps mais la pluie ne plombe pas que le ciel : les humeurs sont aussi grises que les nuages gorgés d’eau qui passent nonchalamment.  Nombre d’humains voudraient du soleil à forte dose et de la pluie à dose homéopathique et d’autres l’inverse.  Difficile de contenter tout le monde quand le señor Météo fait des siennes !

Durant l’absence de soleil, les rires se font rares et les soupirs essaient de chasser la pluie ; durant l'absence de pluie, ce sont les jeunes arbres qui jaunissent les premiers. Les vieux ont des cachettes souterraines qu'on appelle expérience.  Il faut se rendre à l’évidence : quand tombe la pluie dans une contrée aride, c’est jour de fête mais quand tombe la pluie dans une contrée abondamment arrosée, c’est jour de recueillement.  En province, la pluie devient une distraction, à défaut d’événements marquants.

Je terminerai en disant que la vie c'est comme une fleur, elle a besoin de soleil et de pluie pour s'épanouir.  A vous de choisir la quantité de l’un, la quantité de l’autre.

A bientôt, les Mortels !

13:39 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pluie, soleil, temps, meteo, damabiah, humour |  Facebook |

20/01/2009

883ème jour au Paradis...

Mardi…

reve_americain

C’est jour de liesse populaire, chez mes Frères Mortels nord-américains.  Ils fêtent l’investiture de leur premier président afro-américain.  Après l’esclavage, l’exil, les humiliations, le rejet et la négation de tout un peuple, simplement à cause de la couleur de sa peau, les voici au sommet de l’Etat.  Barack Obama représente le rêve américain, dans toute sa réussite.  Mais pour un Obama, combien de ses frères de couleur n’ont-ils pas connu le cauchemar américain ?

Le rêve américain d’une vie meilleure dans un pays libre et démocratique ?  ' Faut pas rêver !  S’installer aux USA et obtenir la Green Card, ce sésame indispensable pour songer un jour faire partie de la nation la plus puissante et la plus prétentieuse qui soit, était une loterie pas du tout égalitaire.  Mais depuis les attentats du 11 Septembre, devenir citoyen américain tient du miracle.  Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas.  La réalité ressemblerait plutôt à un lendemain de cuite : il n'y a pas d’espoir d’Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé.

Le rêve américain dans la société de consommation ?  Quand on voit les scandales bancaires d’Outre-Atlantique qui déteignent sur le pouvoir d’achat de l’Européen moyen, les Unités Carbones sont en droit de se demander si ce modèle économique est vraiment le bon.  Et les Américains, friands de grosses voitures, de gros cigares, de gros comptes en banque, de grosses maisons et de grosses poitrines devront faire ceinture et voir plus petit.  Difficile d’imaginer l’Oncle Sam dans une petite voiture économique, roulant ses cigarettes, comptant son maigre pécule dans son modeste appartement en pensant à bobonne, décharnée et d’une consomption inquiétante.  Le pays des grands espaces se contentera-t-il de parcours urbains en ‘tout-électrique’ ?  Pas sûr.

Le rêve américain de citoyens égaux ? Allons, allons, Ephémères : la Déclaration des Droits de l’Homme n’est, ici, qu’un bout de papier qui se laisse interpréter à la guise de ses exécutants.  Ne parlons pas de Guantanamo, verrue hideuse sur le visage lifté d’une Amérique lisse et sans reproches. N’évoquons pas la misère des natifs, tous ces Indiens qui, sous le couvert d’être asociaux et ‘sauvages’, sont exclus des postes de commande.  Bien entendu, l'Amérique avait été découverte avant Colomb, mais le secret avait été bien gardé.  Il a été sans doute admirable de découvrir l'Amérique, mais il l'eût été plus encore de passer à côté.  La main sur le cœur, les politiciens américains affirment que tout ce qui divise les hommes, tout ce qui les spécifie, les isole ou les parque, est un péché contre l'humanité.  La belle affaire.

Le rêve américain servi à toutes les sauces ?  Sauce aigre-douce, voire même amère et soupe à la grimace : leur industrie automobile prend l’eau, Hollywood se décentralise, leur dollar se dévalorise et leur (très récent) ancien président se ridiculise.  Comment rêver, dans ces conditions ?  Les Etats-Unis d'Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation.  Ils ont inventé un système dont ils ont égaré le mode d’emploi et qu’ils essaient de refiler à des nations, béates d’admiration pour un pays si jeune et devenu aussi puissant si rapidement.  Réveillez-vous donc, doux rêveurs !…

A bientôt, les Mortels !

18/01/2009

881ème jour au Paradis...

Dimanche…

prudence

La prudence s’impose quand il s’agit de parler de la prudence.  Est-elle une qualité ou un défaut ?  Est-elle preuve de sagesse ou de lâcheté ?  En fait, il y a autant de prudences qu’il y a de cas où le Mortel moyen doit réfléchir.  Quand donc le prudent devient-il pusillanime ?  Quand donc le fonceur devient-il inconscient ?

La prudence devient discernement quand elle touche à des domaines pointus et épineux comme la santé ou la diplomatie.  La santé est un bien trop précieux pour que les Unités Carbones spéculent à la légère.  Le SIDA n’a-t-il pas creusé son lit sur l’irresponsabilité et la méconnaissance de certains ?  Mal d’amour, mal du siècle : la prudence et l'amour ne sont pas faits l'un pour l'autre : à mesure que l'amour croît, la prudence diminue.  Et en diplomatie, la prudence est une assurance-vie sur un avenir à court terme.  En effet, un homme d'Etat de valeur devra avoir deux qualités essentielles : la prudence et l'imprudence, et en jouer avec talent.  Autrefois, il était tenu pour acquis que la prudence surpassait les autres vertus comme la vue surpasse les autres sens.  Est-ce toujours d’actualité ?  Oui, dans bon nombre de domaines.  Mais…

… De toutes les formes de prudence, la prudence en amour est peut-être celle qui est la plus fatale au vrai bonheur.  En ces temps difficiles, Les hommes divisent instinctivement les femmes en deux catégories : les femmes comme il faut et les femmes comme il en faut...  A la recherche du partenaire idéal, les humains des deux sexes se perdent dans une prudence extrême, fruit de l’observation des misères conjugales et des divorces à outrance.  Les divorcés deviennent célibataires ; les célibataires deviennent prudents.  Diviniser la femme ou l'abaisser, c'est toujours la tenir à distance.  Rêver à l’Homme Parfait ou vivre avec, c’est toujours finir dans la lassitude. 

Quand la prudence est partout, le courage n'est nulle part.  La prudence, c'est la peur marchant sur la pointe des pieds ; elle est sans doute une qualité mais n’en faisons pas une vertu, car avec de la prudence, on peut faire toute espèce d'imprudences et elle nous dominerait tout entiers.  Est-ce que l'espèce humaine aurait survécu si elle n'avait pas connu la peur ? Et donc la prudence ? Et donc la ruse ?  Finalement, beaucoup d’Ephémères pensent sincèrement que la vie est plus belle que la prudence.

Dans cette société multimédia à outrance qui vous caractérise, Mortels, la plus grande prudence est de mise devant le flot continu de données que vous recevez.  Il y a deux sortes de téléspectateurs, ceux qui avalent les nouvelles comme oies au gavage et ceux, attentifs, qui savent que sous l'avalanche ininterrompue d'informations insignifiantes, plus personne ne sait où puiser les informations intéressantes.  Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets.  Il y a également deux sortes de lecteurs : ceux qui traversent les livres avec prudence et ceux qui, tout aussi prudemment, laissent les livres les traverser.

La prudence est la mère de la porcelaine.  Qu’elle porte le nom de tact, pour désamorcer les crises, celui de mesure, quand il s’agit d’exprimer une émotion ou celui de vigilance, dans beaucoup de situations, elle doit être employée à bon escient.  Le prudent avisé reste celui qui manipule la prudence avec prudence.  Je finirai par une note d’humour : le comble de la prudence ?  Marcher sur les mains, de peur de recevoir une tuile sur la tête.

A bientôt, les Mortels !

17/01/2009

880ème jour au Paradis...

Samedi…

grossierete_des_insultes

L’événement a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans le ciel du Paradis : mon blog a essuyé pour la première fois des commentaires insultants et grossiers.  Loin de moi l’idée de condamner ces individus -le pardon est divin- mais je ne peux que m’interroger sur les motivations qui les ont poussés à salir ainsi un travail somme toute innocent, dépourvu de haine, de racisme ou de toute grosse polémique.  Plutôt que de soliloquer ou de m’énerver, je vais employer la meilleure thérapie qui soit pour exorciser la tristesse qui m’envahit devant cet acte imbécile et méchamment gratuit.  Je vais écrire.  Et prendre ces barbouilleurs d’insultes à témoin.    

Il est certain qu’il vaut mieux insulter les morts qu’insulter les vivants, vous ne risquez pas de ramasser une baffe.  Vous vous croyez cyniques, comiques ou polémiques, alors que vous n’êtes que de grossiers personnages dont la vision déformée voit les choses comme elles devraient être, et non comme elles sont.  Les peuples primitifs peuvent être frustres et rudes, ils ne sont jamais grossiers ; la grossièreté n'est qu'une plaie coûteuse de la civilisation.  Le premier homme à jeter une insulte plutôt qu'une pierre est le fondateur de cette même civilisation : il a appris à faire mal, à blesser sans avoir nécessairement à verser du sang.  Les larmes suffiront.

Et quand elle est écrite, l’insulte est surtout le fait de jeunes qui pensent comme ils écrivent.  Les adultes réfléchissent parfois avant de lancer insultes ou grossièretés : elles sont soigneusement choisies et frappent pour faire mal, pas seulement pour faire le malin.  Mais une insulte écrite est pénible et durable car j'ai remarqué que le jugement le plus dépourvu de fondement, la plus sotte grossièreté prend du poids, du fait de l'influence magique de l'imprimerie.  Mais je suis impitoyable : je n’excuse pas qui entend des injures de répondre par des insultes.  C’est se rabaisser au niveau de l’offenseur.  La politesse est sage : la grossièreté, par conséquent, stupide. Se faire, sans nécessité et avec intention, des ennemis en commettant des impolitesses, c'est de la frénésie, tout comme de mettre le feu à sa maison.

Si voulez vous en prendre au travail de quelqu’un (mais est-ce bien là votre but ?), n'insultez jamais un homme qui tombe ; attendez qu'il se relève.  A dix-sept ans, on est plus sensible à l'insulte qu'à l'hommage.  Et on préfère insulter que réfléchir.  Coluche disait souvent que tant qu'on fait rire, c'est des plaisanteries. Dès que ce n’est pas drôle, c'est des insultes.  La méchanceté et la grossièreté sont les armes de ceux qui ne comprennent rien à rien.  Mais moi, j’aime désamorcer les conflits par l’humour : ainsi, si les insultes avaient un quelconque effet sur les trajectoires d'une balle de golf, je vous certifie que les parties seraient beaucoup plus courtes !  Les hommes grossiers ne font rien de simple ; il faut des hommes perfectionnés pour y arriver.

Insultez-moi mais que je sache au moins pourquoi.  Sachez qu’une grossièreté est, pour moi, ce qu’une bonne cuite peut être pour vous : la gueule de bois qui en découle est méchamment mauvaise.  Critiquez avec discernement et arrêtez de salir un travail innocent et que beaucoup apprécient.  J’ai la modestie de l’espérer.

A bientôt, les Mortels !

16/01/2009

879ème jour au Paradis...

Vendredi…

poids_negligence

Son patronyme importe peu mais c’est l’Ange le plus anticonformiste qui soit.  Dans un univers policé, où tout est calme, ordre, blancheur et sérénité, il détonne par son manque total d’organisation et par un laisser-aller qui confinerait presque au ‘je-m’en-foutisme’ si nous n’étions pas au Paradis.  Il combine une paresse vestimentaire à une nonchalance savamment calculée, le tout saupoudré d’une insouciance et d’une inapplication catastrophiques.  Avec lui, la négligence a été élevée au rang d’Art Brut.  Sur Terre, il aurait été rapidement rappelé à l’ordre. 

Le grand secret de notre humanité oscille entre professionnalisme, jugeote, précipitation et négligence.  L’existence même des Humains est un perpétuel combat entre leur négligence formelle et spirituelle.  On ne nait pas négligent, on le devient, soit par faute d’éducation, soit par paresse naturelle.  Nietzsche affirmait que l'enfance est innocence mais aussi négligence, c'est un recommencement, un jeu, une roue libre, un premier mouvement, un Oui Sacré.  Ainsi, être en retard est le signe d'une âme négligente, être à l'heure celui d'une âme forte, être en avance est signe de pusillanimité. La négligence s’apprend, s’entretient et s’aggrave.  Et les plus malins feront passer leur négligence pour de la distraction : l’humain pardonne plus volontiers aux élèves rêveurs qu’aux élèves faisant preuve de mauvaise volonté.

Une fois adulte, négliger ses devoirs envers les autres est un crime impardonnable.  La société offre beaucoup mais attend aussi beaucoup en contrepartie.  Les négligents négligeront de s’acquitter de leur dette envers la communauté et ils voudront en profiter gratuitement.  Petite négligence accouche toujours d’un grand mal car si, pour le négligent, c’est toujours le matin, la journée lui apportera son lot de combats contre sa mollesse naturelle, son incurie chronique et ses étourderies coupables.  Bien souvent, les autres essuieront les plâtres à sa place et ils devront réparer ses erreurs.  Le négligent est un être asocial qui vit dans son monde de nonchaloir, d’omission et de fautes diverses.  Il est un danger pour lui comme pour les autres.

Le bonheur vient de l'attention prêtée aux petites choses, et le malheur de la négligence des petites choses.  Les petites rivières font les grands fleuves et une négligence peut avoir des conséquences dramatiques.  Demandez donc ce qu’en pensent ces adultes, qui avaient oublié de fixer au sol un goal de football, involontaire meurtrier d’une jeune fille innocente.  Ou ces chirurgiens qui oublient compresse ou instrument dans l’estomac d’un patient.  Quand ce n’est pas une négligence dans un véhicule, une centrale nucléaire ou une prison.  Pire encore quand il s’agit d’une négligence dans un procès, ce qui permet la relaxe d’un criminel.  Ne soyez pas négligent, parce qu’on ne sera pas négligent avec vous, une fois votre faute d’inattention découverte.

La négligence existe également sous une forme plus subtile, plus politique : ce qui effraie le plus dans les partis, ce n'est pas ce qu'ils disent, c'est ce qu'ils négligent ou refusent de dire.  La négligence et la langue de bois sont des cousines proches.  Dans ce combat multiséculaire entre le Bien et le Mal, entre le dit et le non-dit, les paroles de Bouddha sonnent un peu creux quand il dit que la vigilance est le chemin du royaume immortel. La négligence celui qui conduit à la mort.  Dans certains cas, la négligence semble être la bouée de sauvetage des individus irrésolus.

A bientôt, les Mortels !

12:52 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : negligence, negligent, damabiah, pensees |  Facebook |

15/01/2009

878ème jour au Paradis...

Jeudi…

rhume

Il fallait bien s’y attendre, en cette froide saison, sous les latitudes européennes et après la vague de congélation endurée, les Humains s’enrhument.  Pas ce petit rhume qui vous fait renifler comme un chien d’arrêt qui aurait la truffe congestionnée ; non, le bon gros rhume enveloppé d’un catarrhe d’enfer, baignant dans un liquide de refroidissement coulant comme robinet mal refermé, rythmé par une cadence sternutatoire qui le dispute à une toux dont les mucosités font peine à voir.

Le Grand Ordonnateur (loué soit son nom) a donné à l'homme l'intelligence pour résister aux rigueurs de la nature ; or contre les rhumes de cerveaux,  et en ces temps modernes où le crâne du mâle mortel moyen se déplume de plus en plus jeune, il faut trouver des parades. De la casquette à la perruque, en passent par le bonnet en laine, le mâle humain doit composer avec les fantaisies anatomiques de Mère Nature.  Le rhume commun ne se conçoit pas sans force éternuements, crachats  et autres nez enchifrenés.  Et comme de bien entendu, les remèdes de grand-mère y affèrent  sont tout aussi nombreux.  Il est d’ailleurs symptomatique de constater que deux écoles des médications de ‘bonne femme’ s’opposent : celle qui affirme vouloir ‘affamer le rhume’ et l’autre qui prétend vouloir ‘nourrir le rhume’.  Que le citoyen lambda s’y retrouve, dans cet antagonisme !

Si l'expérience servait à quelque chose, au bout d'un moment, on arrêterait de s'enrhumer !  Et pourtant, comme le Beaujolais Nouveau, les champignons ou Noël, les rhumes reviennent invariablement tous les ans et fournissent leur lot d’alités.  Le rhume, cette tempête sous narine, attaque sans crier gare et il réjouit les pharmaciens, prêts à vous gaver de sirop ou de pastilles, à vous fournir force décongestionnants nasaux ou pulvérisateurs pour dégager les nez bouchés.  Un proverbe québécois résume assez bien la complexité de la médication : ‘soignez un rhume, il dure trente jours ; ne le soignez pas, il dure un mois’.  Je pourrais ajouter que si vous négligez votre rhume, lui ne vous négligera pas !  C’est le genre d’hôte indésirable qui adore jouer les pique-assiettes et qui, mieux que personne, parvient à s’incruster dans votre organisme et dans votre vie.       

Avez-vous dû déjà supporter les humeurs d’un enrhumé ?  C’est à croire que boucher les conduits respiratoires inhibe forcément les synapses cérébraux de la bonne humeur.  L’enrhumé bronchiteux devient soudain un rhinoféroce :  un gros mammifère corné et connu pour son extrême méchanceté dès qu'il attrape un rhume.  Noël au balcon, enrhumé comme un con !  Pourquoi les Unités Carbones ne mettraient-elles pas un point d’honneur à ne pas être dans le vent ?  Cela leur éviterait de s’enrhumer, non ?  Combien de mouchoirs en papier économisés, combien de maladies en ‘-ite’ épargnées ! 

L’alcool tue les microbes, c’est bien connu.  Médicalement, cela se discute ; alcooliquement, cela se défend : le rhum combat le rhume.  Et combien de grogs ou de vins chauds n’ont-ils pas sauvé des organismes affaiblis, tout en réchauffant les cœurs ?  J’ai même connu un médecin qui les buvait à la suite, les uns après les autres, ‘d’une façon préventive’ prétendait-il.  Je veux bien le croire…

A bientôt, les Mortels !

11/01/2009

874ème jour au Paradis...

Dimanche…

froid

L’Europe grelotte, l’Europe a froid.  Grand froid même.  Si les indécrottables romantiques qui ont gardé leur âme d’enfant voulaient bien oublier les paysages bucoliques, cartes postales enneigées et glacées, ils verraient que la froidure n’apporte que des problèmes.  Facture énergétique galopante, embarras (et le mot est faible) de circulation, routes impraticables et refroidissements à tous les niveaux.  Tombe la neige, le dégel ne viendra pas ce soir.

Ce n'est pas parce qu'en hiver on dit "fermez la porte, il fait froid dehors", qu'il fait moins froid dehors quand la porte est fermée. Il faut avouer que les râleurs impénitents que sont les Mortels ne sont jamais satisfaits : combien de fois, tendant l’oreille vers le Monde d’En-Bas, n’ai-je pas entendu des Ephémères maugréer : ‘encore un hiver gris et pluvieux…’ y a plus de saison, ma bonne dame !’ ?  Et maintenant que tout est blanc et gelé, comme au bon vieux temps, voilà-t-y pas qu’ils se remettent à ronchonner contre le sel qui bousille les carrosseries, la batterie qui rend l’âme ou ce fichu froid de canard. On les croirait presque condamnés à mourir de froid à plus ou moins brève échéance.

La vie est parfois semblable à un hiver très rude : elle est parsemée de peaux de banane, parfois même de plaques de verglas.  Tiens, parlons-en justement, du verglas : créateur d’une nouvelle forme de patinage artistique sans équipement approprié qui, outre des figures acrobatiques inédites, offre un vaste éventail de chutes, de tôles froissées, de voitures et de membres bons pour la casse.  Au-milieu des cris de douleurs des victimes physiques et financières, certaines voix discrètes et anonymes se demandent même si le verglas n’a pas été inventé par les hôpitaux et les carrossiers pour décupler leur chiffre d’affaire.  Mais ce ne sont là que vilains ragots que je vais geler immédiatement.  

Quand les champs deviennent toundra, quand les chemins se font taïgas, les Unités Carbones sont en droit de se demander à qui se fier : en effet, les météorologues qui ont balancé depuis longtemps grenouille et petite échelle au profit des satellites et des ordinateurs, leur avaient prédit un avenir presque tropical.  Et au lieu de préparer les cocktails et de porter leur plus joli paréo, voici les Humains obligés de ressortir les chauffages d’appoint et les braseros, en enfilant gros pulls, parkas et doudounes.  Au grand dam des soldeurs qui, au lieu d’écouler au prix fort des stocks d’invendus hivernaux afin de préparer la saison printemps-été, se voient obligés de les brader, la saison des soldes étant arrivée.  A ce niveau, les grands froids ont du bon.

Les grands froids sont les ennemis mortels de l’automobiliste moyen, pour qui les routes se transforment souvent en un mélange subtil de glisse acrobatique et de Seconde Guerre Mondiale.  Certains retrouvent la foi, en priant le matin pour parvenir en un seul morceau sur leur lieu de travail et en se recueillant le soir pour retrouver sains et saufs maison, chaleur et petite famille.  Car, bien entendu, les conditions climatiques chaotiques n’empêchent pas des olibrius de se croire à un rallye sur glace et de foncer à vive allure.  Nous ne les aimons pas voir arriver aussi rapidement au Paradis : encore de la paperasse en urgence à devoir remplir…

Bref, le froid c’est bon quand c’est fini.  Idem pour la neige qui, immanquablement, à un moment ou à un autre, se transformera en une bouillie immonde.  Cela tue un tantinet la poésie hivernale, n’est-ce pas ?

A bientôt, les Mortels !

13:02 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : verglas, froid, grand froid, gel, neige, damabiah, hiver, humour |  Facebook |

10/01/2009

873ème jour au Paradis...

Samedi…

metaphysique_guerison

Aux premiers jours de l’an nouveau, après les agapes des Fêtes, la distribution des cadeaux et des étrennes, une fois résolue la délicate question de l’élection du nouveau roi et de la nouvelle reine de l’année et quand les Mortels, pleins de bonnes intentions et de résolutions qu’ils ne tiendront pas, se souhaitent à qui mieux-mieux, une excellente santé, pensent-ils seulement à ceux et à celles qui n’ont déjà pas une bonne santé ?

Dans le feu de la vie quotidienne moderne, rester en bonne santé se compare à un exercice périlleux d’équilibrisme sanitaire.  Chaque microbe, chaque bactérie qui a le malheur de pointer le bout de ses misérables toxines dans l’enceinte sacrée d’une maison, devient illico presto l’ennemi à abattre.  Et les Unités Carbones ne reculent devant aucun vaccin, aucun antibiotique, aucun sirop, aucun médicament pour exterminer les intrus.  Les Humains ne sont pas non plus à l’abri des chocs en tout genre, des glissades les plus acrobatiques, des égratignures les plus sanguinolentes, des piqures les plus perfides ou des brûlures les plus cuisantes.  L’existence même du Mortel lambda semble être une succession d’évitements, de louvoiements, d’esquives et de parades de catastrophes diverses.  La santé devient un bien aussi précieux que l’or.

Mais quand la complexion lâche, quand l’eucrasie vacille et quand l’euexie vous abandonne,  il faut alors songer à guérir plutôt qu’à prévenir.  Flaubert affirmait péremptoirement que le seul moyen de guérir, c’était de se considérer comme guéri.  La méthode Coué dans toute sa splendeur.  Car guérir le plus rapidement possible est le but ultime de tout malade ou de tout blessé qui se respecte.  Quitte à utiliser, plus ou moins avec insouciance des remèdes aussi bizarroïdes que nauséabonds.  Combien d’Ephémères ont voulu croire avec ferveur des charlatans qui leur proposaient des remèdes miracle qui, outre le fait de les faire baver vert, les rendaient parfois encore plus malades qu’à l’origine ?  Le malade est plus reconnaissant à la médecine qui le guérit qu'au conseil qui le préserve.

Le médicament reste le principal symbole de la puissance du médecin.  Avec le prix de la consultation, qui est souvent inversement proportionnel au professionnalisme du praticien.  Que de maladies ne sont en fait que des guérisons, proclame un proverbe perse.  Quand on est malade, rien ne chante plus fort que l'envie de guérir.  Mais la vie elle-même n’est-elle pas une lente maladie qui appelle une longue guérison ?  Point de mesures prophylactiques quand le mal est fait : privilégiez la convalescence et l’hygiène : la guérison ne sera pas loin.  Les docteurs ne voudront pas le reconnaître mais l'art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit.

Les blessures que l'homme se fait à lui-même guérissent difficilement.  Quelle médication prescrire quand le mal est profond ?  Mais restons optimistes : après la pluie vient le beau temps et après la maladie vient la guérison.  Se rétablir, c’est établir à nouveau un contact avec la vie.  La guérison du malade provoque immanquablement celle de ses proches.  Moi-même je suis très malade : quand la démangeaison d'écrire saisit un homme, rien ne peut le guérir que le grattement de la plume.  Et c’est tant mieux…pour vous !

A demain, les Mortels !

14:15 Écrit par Damabiah dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante, guerir, guerison, damabiah, humour |  Facebook |

04/01/2009

867ème jour au Paradis...

Dimanche…

gouvernement_des_animaux

Et si, le temps d’un article, le Grand Ordonnateur (loué soit son nom) offrait aux animaux le loisir de gouverner une nation ?  Je sais, cela a été déjà fait au niveau local (la Ferme des Animaux) et au niveau planétaire (la Planète des Singes) mais mon approche est plus caustique et plus humoristique.  Toute ressemblance avec des personnages politiques existant serait tout-à-fait volontaire. 

Or donc, Maître Petit Roquet, hargneux et ambitieux cabot, vint à être élu à la tête de son pays.  Il était tel que les gens peuvent imaginer un Chef d’Etat : les gouvernants gouvernent l'Etat ; les technocrates, les gouvernants ; et la vanité les gouverne tous.  Il avait été en concurrence avec Maître Paon mais à force de roues et de ronds-de-jambe, ce dernier avait fini par lasser.  Tout animal ne devient pas forcément un animal politique.  En fin stratège, Maître Petit Roquet ne mit pas beaucoup de temps à s’imposer.  Et à trahir ses promesses électorales : en effet, tout homme politique est, au sens fort du terme, un homme politique qui promet…mais qui ne tient pas.  Et les petits animaux pouvaient braire, beugler, hurler, aboyer ou cancaner, rien n’y ferait : il y était, il y resterait.

Placez des incompétents et des butés à la tête des Ministères, et vous obtiendrez un gouvernement docile et manipulable à souhait.  Vous éviterez les luttes intestines et le goût pour les complots.  Maître Porc comme ministre, c’est une tête de cochon avec laquelle il faudrait compter.  Maître Singe et sa monnaie feraient merveille au ministère des Finances.  De même que Maître Requin, quoique la conjoncture actuelle l’empêcherait de tenir la tête hors de l’eau.  Maîtresse Pie à la Communication serait un maître-choix et la curiosité de Maîtresse Belette ferait merveille à la Recherche.  Et même si les bêtes politiques nient leur intérêt pour un portefeuille, quel qu’il soit, vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s'occupe de vous tout de même.

Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins.  Malgré le fait que les politiques eux-mêmes pensent comme nous de la politique ; ils sont les premiers à l'estimer ce qu'elle vaut ; c'est-à-dire à la mépriser, aucun animal bien né refuserait un Ministère et ses avantages.  Maître Petit Roquet nommerait bien à l’Intérieur Maîtresse Taupe, dont la myopie légendaire servirait admirablement les magouilles qu’elle ne serait pas capable de voir.  Maître Renard et sa ruse naturelle feraient les beaux jours des Affaires Etrangères.  Beaucoup d’animaux ne seraient pas dépaysés : les Ministères ressemblent à des basse-cours et leurs escaliers sont des endroits où des gens qui arrivent en retard croisent des gens qui partent en avance.

Une parole animale vaut-elle mieux qu’une parole humaine et des animaux au pouvoir feraient-ils les mêmes erreurs que leurs frères à deux pattes ?  Parviendraient-ils à éviter que le Ministère des Finances ne devienne pas celui de la Misère, puisque le Ministère de la Guerre ne s’appelle pas le Ministère de la Paix ?  Parmi le petit peuple, il n’y a pas de Maître Lézard pour rassurer la gent animale ; Maîtresse Carpe reste muette et Petit Maître Agneau cultive sa douceur.  Quand on cherche la petite bête, on ne parvient pas à la trouver.  La politique est plus dangereuse que la guerre... A la guerre, vous ne pouvez être tué qu'une seule fois. En politique, plusieurs fois.  Seul Maître Chat et ses sept vies pourrait survivre sans dommage à un mauvais gouvernement.

En conclusion, laissons les animaux là où ils sont : ils ne demandent pas mieux. 

A bientôt, les Mortels !

13:05 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : animaux, gouvernement, damabiah, humour |  Facebook |

03/01/2009

866ème jour au Paradis...

Samedi…

guerre_pour_la_paix

Si la fortune vient en dormant, la paix vient en mourant.  Dans cet univers militarisé dont les soubresauts politiques donnent la nausée, les colombes se font facilement croquer par les faucons et les rameaux d’olivier se font brûler par des missiles en tout genre. Puisque la mort est la paix éternelle, si tu veux la paix, fais le mort.

Soyons honnêtes : sur cette bonne vieille Planète Bleue que je chéris tant, la paix, si tant est qu’elle existe réellement, est un mot vide de sens.  Comment vivre en paix avec l’univers qui vous entoure si vous n’êtes pas capable de faire la paix avec vous-même ?  Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d’en face.  Il est tellement plus facile de frapper la joue gauche que de tendre la joue droite, n’est-ce pas ?  John Fitzgerald Kennedy a dit un jour que nous ne devons pas nous reposer sur nos acquis, mais nous efforcer de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le coeur et dans l'esprit de chacun.  On sait ce qu’il en est advenu…

La Guerre nourrit des entreprises, la Paix les détruit.  La logique de la guerre moderne prend en compte des facteurs aussi pernicieux que la création et la sécurité de l’emploi, l’essor économique et les dividendes qu’elle fait rentrer dans les caisses d’un Etat.  Que peux faire la Paix, face à de tels arguments ?   Le bonheur n'est pas le fruit de la paix, le bonheur c'est la paix même.  Mais comment y parvenir quand la solution ressemble à la quadrature du cercle ?  Jean Jaurès avait bien défini la complexité de la dualité entre guerre et paix, quand il affirmait que La paix n'est qu'une forme, un aspect de la guerre : la guerre n'est qu'une forme, un aspect de la paix : et ce qui lutte aujourd'hui est le commencement de la réconciliation de demain.

Bizarrement, si une mosaïque de guerres ethniques, tribales et locales sont monnaie courante, une mosaïque de paix est quasi impossible.  Si chacun des groupes ethniques, religieux ou linguistiques prétendait au statut d'Etat, la fragmentation n'aurait plus de limite et la paix, la sécurité et le progrès économique pour tous deviendrait toujours plus difficile à assurer.  La paix doit être globale ou elle ne sera pas.  Il n’y pas de guerre juste ou de paix juste : il n’y a juste que la guerre et la paix.  Hérodote a écrit qu’ en temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils.  Quel est le choix à faire, à votre avis ?

Les hommes de paix se reconnaissent entre eux et ils parlent entre eux de la meilleure façon de parvenir à leurs fins; les hommes de guerres se reconnaissent entre eux et ils n’ont pas besoin de parler, ils connaissent d’avance la meilleure manière de parvenir à leurs fins : mettre fin aux agissements des pacifistes.  Etre belliqueux, c’est facile.  Mais la paix n'est pas comparable à un objet précieux qui nous appartient. Il faut toujours la conquérir.  Les pessimistes n’hésitent pas à pointer du doigt le paradoxe des paradoxes : la paix rend les peuples plus heureux, et les hommes plus faibles.

Du haut de nos bienheureux nuages, nous avons la dent dure avec nos Frères vivants : vous êtes une civilisation qui sait faire la guerre, mais qui ne sait plus faire la paix.  Nous sommes quand même confiants : la paix universelle se réalisera un jour, non parce que les hommes deviendront meilleurs mais parce qu'un nouvel ordre, une science nouvelle, de nouvelles nécessités économiques leur imposeront l'état pacifique.

A bientôt, les Mortels !

13:35 Écrit par Damabiah dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paix, guerre, damabiah, pensees |  Facebook |

01/01/2009

864ème jour au Paradis...

Jeudi…

bonne_annee

Tout d’abord, permettez-moi de vous présenter, au nom de tous les Anges du Paradis, une bonne et heureuse année 2009.  Joie, bonheur, santé et prospérité à vous et à tous les vôtres et je formule personnellement le souhait de vous voir Ici le plus tard possible et dans une forme éclatante.  Compte-tenu des circonstances.

J’ai laissé mon grand enfant d’Intercesseur humain s’amuser avec son lasero-plâtre et ses fulguros-béquilles pour jeter un regard critique par-dessus mon aile et pour me concentrer sur le bilan de l’année humaine écoulée.  Comme d’habitude, elle fut riche en événements et catastrophes en tous genres.  Les Mortels ont cette propension à se renouveler qui m’étonnera toujours.  C’est sûr que le jour de la Fin du Monde venu, ils parviendront encore à me surprendre !

Alain Bashung a chanté en son temps que sa petite entreprise ne connaissait pas la crise.  Cette année écoulée, la plupart des pays industrialisés ont beuglé à l’unisson que leurs grandes entreprises connaissaient fort bien la crise.  Entre dévaluation, récession, plongeon et autre abandon, il valait mieux avoir l’estomac bien attaché pour supporter les loopings engendrés par les différentes crises financières qui ont secoué la planète.  Entre le prix du pétrole qui s’envole, avant de s’écrouler lamentablement et le puissant aigle américain qui perd ses plumes, l’année 2008 aura été placée sous le signe du vol, de l’envol et du survol.  Vol de milliers de petits actionnaires crédules et naïfs ; envol du prix des matières premières et survol d’une catastrophe économique annoncée.  Tout cela a donné des ailes aux pays émergeants qui n’en demandaient pas tant pour inonder le marché.

‘De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves’ ont déclamé des milliers de têtes blondes.  Sauf qu’en 2008, le gros Fortix et l’appétissante Dexia avaient vidé le chaudron de potion magique depuis longtemps et qu’ils ont plutôt bu le bouillon.  En fait, de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus manipulés et ce, à tous les niveaux : même si des magouilles politico-judiciaires ont mis Leterme final à une politique de bouts de ficelle, à l’image du climat économique qui règne actuellement, la Belgique vogue en aveugle, telle un Titanic qui ne voit pas l’iceberg se rapprocher.  Cette année aura été celle où les luttes partisanes politiques auront cédé la place au pouvoir d’achat en forte baisse.  Cela devient le lot quotidien des humains, ces temps-ci : une catastrophe en remplace toujours une autre.

2008 aura aussi vu l’élection d’un président de couleur, aux Etats-Unis.  A ce propos, un Plan Extraordinaire d’Urgence a été mis en place au Paradis pour la cérémonie d’investiture.  Car une blague court les travées de la Céleste Demeure : Barack Obama arrive aux portes du Paradis. ‘Bonjour, je suis Barack Obama, le 44ème Président des Etats-Unis’. ‘Ah oui ?  Depuis quand ?’, réplique l’Ange de service. ‘Oh, depuis environ 10 minutes’.  Humour noir qui cache certaines craintes.  Cet homme qui porte en lui tous les espoirs d’une communauté sera-t-il le Président du changement ?  L’avenir nous le dira.

2008 aura vu moins de catastrophes naturelles et le retour à des saisons bien marquées.  Sauf l’été, qui est toujours aussi pourri en Europe.  Des morts célèbres et anonymes sont venus grossir nos rangs et malgré le pessimisme ambiant sur Terre,les Unités Carbones ont développé une forme de fatalisme qu’elles ont élevé au rang de vertu.  ‘Cela ira mieux demain’ est devenu la devise de tout Mortel qui se respecte.

A bientôt, les Mortels !