14/02/2009

908ème jour au Paradis...

Samedi… 

cupide_cupidon

Cupidon a les boules.  A force de décocher des flèches d’amour dans tous les sens, il devait bien s’attendre un jour ou l’autre à en recevoir une dans le dos.  Et tout cela par la faute d’une concurrence déloyale venue des Mortels eux-mêmes !  Surfant sur la vague des célibattants, des divorcés et des séparés en tout genre, des sociétés plus ou moins escrocs dans l’âme, trustent un juteux marché, à coup de speed dating, de sites de rencontres, de clubs et autres petites annonces matrimoniales internationales.  Mais Cupidon serait-il tout-à-fait innocent, dans l’émergence de ce lucratif commerce ?

L'amour est clair comme le jour, l'amour est simple comme le bonjour, l'amour est nu comme la main.  Son ambassadeur est-il aussi net et aussi droit sous son auréole ?  Pourquoi décocher autant de flèches qui se perdent dans le néant, qui se trompent de cibles ou ne servent à rien ?  Cupidon devrait se poser des questions, être plus attentif et plus scrupuleux.  Trop aimer quelqu'un empêche d'aimer avec désintéressement. Aimer quelque chose empêche d'aimer toutes choses. Aimer rétrécit le coeur.  L’amour est une grande bataille ; alors, quand un petit bonhomme ailé veut donner un coup de pouce au Destin, le coup de foudre ainsi engendré peut consumer les êtres.  Et parfois les réduire en cendres.  Alors, Cupidon, laisse ton carquois à la maison et laisse faire la nature.

On ne peut pas dire pourquoi. La raison de l'amour, c'est l'amour. La raison de l'amour, c'est qu'on aime.  Dans la vie on n'a qu'un seul grand amour et tous ceux qui précèdent sont des amours de rodage et tous ceux qui suivent sont des amours de rattrapage.  Et ceux qui ont la malchance de rater l’Amour, ceux que Cupidon ignore de ses flèches, se voient offrir (ou plutôt acheter) la chance (mais en est-ce une ?) de connaître peut-être ce délicieux tourment universel.  L’amour tarifié n’est pas nécessairement le fait de professionnelles péripatéticiennes, solides arpenteuses de trottoir.  Des petits malins profitent de la détresse sentimentale de beaucoup de mortels pour s’en mettre plein les poches.  Ils vous proposent des épouses exotiques, des rencontres galantes, des soirées entre célibataires, à des prix exorbitants et où l’amour n’est pas nécessairement au rendez-vous. 

Ah, la Saint-Valentin !  Une histoire d’amour et de haine : demandez à certains ennemis d’Al Capone ce qu’ils en pensent, eux qui ont été envoyés ad patres ce jour-là ! Et depuis quelques temps, les gros sous viennent mettre leur grain de sel : le cœur a des raisons que la publicité et le marketing ignorent.  C’est à croire qu’une Fête des Amoureux réussie ne pourra pas l’être sans parfum, bijou, fleurs, restaurant, voyage ou autres preuves d’amour facturées au prix fort.  L'amour, c'est l'absolu, c'est l'infini ; la vie, c'est le relatif et le limité. De là tous les secrets et profonds déchirements de l'homme quand l'amour s'introduit dans la vie. Elle n'est pas assez grande pour le contenir.   Alors, le rabaisser à un autre événement commercial de plus dans l’année, c’est nier le sentiment, oblitérer sa valeur universelle.

Etre aimé, c'est se consumer dans la flamme. Aimer, c'est luire d'une lumière inépuisable. Etre aimé, c'est passer ; aimer c'est durer.  Si l’Homme est prêt à se brûler les ailes, au feu de l’Amour, pourquoi pas Cupidon ?  J’aime particulièrement cette citation qui affirme que quand je n'aime plus, j'ai autant envie de ne plus être aimé que j'en ai d'être aimé quand j'aime.

A bientôt, les Mortels !

Commentaires

Aimer, mot en voie de disparition Les gens n'aiment plus... ils (pardonnez-moi l'expression) sexent...
Il n'y a que ça qui les fait marcher, l'amour, la tendresse, les concessions... c'est du passé.
On prend, on use, on jette comme un kleenex... c'est ça l'amour d'aujourd'hui

Écrit par : Lueur | 29/06/2009

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