22/02/2009

916ème jour au Paradis...

Dimanche…  

nanotechnologie

A force d’envelopper du regard l’Univers tout entier, de sonder l’humanité mortelle à l’échelle céleste, bien à l’abri de mon nuage angélique, j’en viens parfois à oublier que ma vision n’est pas que macroscopique.  L’infiniment petit existe aussi et il mérite également toute mon attention.  Ce qui est petit est important, même s’il sait se faire discret ou invisible.  Mais dans cette époque de hautes technologies, les découvertes de l’infiniment petit me sidèrent, me passionnent et m’interpellent.

Ainsi en va-t-il des nanotechnologies, terme scientifique un rien barbare pour décrire des petites machines de la taille d’une cellule humaine, capables de pallier aux carences anatomiques mortelles.  Car fondamentalement, qu’est d’autre le corps humain qu’une machine ?  Certes, la plus perfectionnée mais aussi la plus fragile qui soit.  Et que fait-on quand une machine tombe en panne ou qu’une de ses pièces rouille, se brise ou devient obsolète ?  On la répare et on remplace les éléments déficients.  Et pour seconder les ateliers humains de réparation biologique (autrement dit, les hôpitaux), les scientifiques mortels ont créé la technologie des nanosondes, des nanotubes ou, dans le domaine industriel, des nanomatériaux.  La révolution des nanosciences est en marche et rien ne semble devoir la freiner.

Plongez au cœur du cerveau humain et imaginez de minuscules neurotransmetteurs mécaniques capables de remplacer des neurones affectés, défaillants ou détruits et dites adieu aux maladies d’Alzheimer ou de Parkinson.  Voyagez au sein du corps humain et songez à de nanoscopiques cellules usinées, programmées en redoutables tueuses de germes, de bacilles, de microbes ou de virus et dites adieu aux cancers, au Sida et à bien d’autres maladies infectieuses ou dégénératives.  Science-fiction ?  Pas du tout : la nanobiologie et la nanomédecine sont des réalités tangibles et d’une pratique quasi courante, tandis que l’électronique utilise intensivement les nanotechnologies pour créer des puces de plus en plus petites et pouvant contenir de plus en plus de quantité de stockage d’informations.

Les enjeux et les risques induits par l’incorporation de produits nanotechnologiques (en particulier avec les nanoparticules) nourrissent un vif débat.  Certes, les plus classiques et les plus timorés des Unités Carbones auront une réaction épidermique à l’idée de loger de minuscules machines dans leur corps mais si elles peuvent réparer les dégâts dus au temps qui passe, où est le mal ?   Nous n’en sommes pas encore à imaginer des nanosondes capables de se reproduire et de cannibaliser un corps où elles se seraient introduites par la force ou la ruse !  Mais soyons réalistes : c’est à ce même genre de résistance que furent confrontés en leur temps, entre autres, la Théorie de l’Evolution des Espèces de Darwin, l’héliocentrisme de Galilée ou le chocolat blanc de Nestlé.  Laissons du temps au temps et qu’est-ce qu’une nanoseconde, à l’échelle planétaire ? 

Les nanotechnologies, c’est la puissance de l’infiniment petit au service de l’infiniment grand.  C’est un espoir fou qu’il faut raisonnablement modérer, malgré le vaste champ d’applications qui s’ouvre à la Science.  Et comme toute invention nouvelle, il lui faut des garde-fous, une éthique et une législation adaptée.  Et ces petites machines pourront alors continuer à faire des miracles.

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