28/02/2009

922ème jour au Paradis...

Samedi… 

raisons_de_la_colere

Qui n'a jamais vu rouge et piqué une grosse colère ? Pour des petites choses futiles ou de grandes causes ?  Dans leur infinie complexité, les hommes ont parfois besoin de s'énerver pour montrer leur mécontentement.  Ou pour s’imposer.  Vous comprendrez alors que le Paradis apparaisse comme des vacances éternelles aux yeux des Anges que nous sommes.  Petit tour d’horizon de ce sentiment qui sent bon la chaleur, sensation entre charbons ardents et volcans en éruption.

Si la colère nous rend aveugle et fou, car avec elle, la raison s’envole, à qui la faute ?  Certes, il y a parmi les humains des taureaux hargneux qui prennent facilement la mouche et qui s’emballent au quart de tour mais dans beaucoup de cas, la colère est le fruit d’une maladresse, d’une indélicatesse ou d’une bassesse de l’entourage du colérique.  Les philosophes ont souvent décrié ce sentiment, en le ravalant au rang de péché capital nuisible.  Pourtant, la colère, cela fait vivre.  Quand il n’y a plus de colère, il n’y a plus rien.  Même le plus paisible des hommes peut en être la victime, ne sont-ils pas mortels, après tout ?  Mais prenez garde à la colère d’un homme patient : elle atteindra des sommets insoupçonnés.

La colère est comme l'alcool : à petites doses et de temps en temps, cela peut rendre service et ce n’est pas trop nocif pour la santé.  Une bonne colère vaut mieux qu'une bonne douche. La douche fatigue, la colère apaise... Et ne vous faites pas d’illusions, Ephémères : tout homme lancera ou subira les foudres de l’emportement : il maquillera sa colère par milles artifices, tout simplement.  Car qu’est d’autre une Unité Carbone en colère qu’un homme qui n'a pas su dire non et éprouve, en plus, le remords de ne pas l'avoir fait ?  Aristote avait cent fois raison quand il affirmait que la colère est nécessaire ; on ne triomphe de rien sans elle, si elle ne remplit l'âme, si elle n'échauffe le coeur ; elle doit donc nous servir, non comme chef, mais comme soldat.

Si cela s’épuise vite, une colère de mère et que les larmes en diminuent l’intensité, les Mortels regardent avec reproche celui qui monte sur ses grands chevaux et qui laisse plutôt parler ses émotions extrêmes que ses paroles les plus raisonnables.  Bien que l’emportement contrôlé est souvent salutaire, agir dans la colère, c’est s’embarquer dans la tempête.  Tu auras toujours l’avantage sur la colère quand tu tairas.  Bouddha, ce vieux pote formulait cet état de fureur  en précisant que rester en colère, c'est comme saisir un charbon ardent avec l'intention de le jeter sur quelqu'un ; c'est vous qui vous brûlez.

Quand vous êtes en colère, comptez jusqu'à quatre. Quand vous êtes très en colère, jurez.  Pas trop fort, pour ne pas mettre en colère vos voisins !  La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance.  Un châtiment carrément divin qui s’abattrait sur cette bonne vieille Terre.  Déjà, de mon vivant, quand on me contrariait, on attirait mon attention et non ma colère.  Tout est question de dosage, de sagesse, de contrôle de soi car les effets de la colère sont toujours plus graves que les causes.  Carlo Goldoni disait joliment que quand une femme est en colère, quatre petits baisers suffisent pour la consoler.  Si cela pouvait être aussi simple !... 

A bientôt, les Mortels !

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